MANIFESTE DE LA NATION FRANÇAISE
Attendu que toutes les sociétés humaines qui ont vécu, ou qui, du moins, ont laissé un nom et une histoire, et que toutes celles qui occupent actuellement la terre ont offert et offrent le même aspect déplorable;
Attendu qu'à part les lentes et faibles améliorations apportées forcément par la succession des âges, car les grands corps collectifs subissent, à leur tour, et en dépit des plus tyranniques obstacles, la loi de perfectibilité qui régit particulièrement chacune des unités dont ils se composent; qu'à part certaines variétés peu importantes dans les croyances, les préjugés, les mœurs, les habitudes, les sciences, les lettres et les arts, variétés
qfii sont suffisamment expliquées par h difTéreitee^ des dimats et des produits terrestres qui servent d^aliments, par la vie séparée ou l'existence respective, par l'éloîgnement et la difficulté des rapports, surtout, par la funeste distinction des langues, les destinées des Nations éteintes et de celles qui sont aujourd'hui debout paraissent, du reste, avoir toujours été, comme elles le sont encore, parfaitement identiques;
Attendu qu'k quelques époques que les sociétés se soient constituées , et quelque dénomination politique qu'aient adoptée leurs divers gouvernements, les deux grands principes de bonheur et de malheur, c'est-k-dire la richesse et la pauvreté qui divisent les populations, ont vécu dans leur sein et s*y sont maintenus en présence, malgré tous les efforts de changement, ou, en d'autres termes, toHs \eê essais de rétoluti(ms ;
Attendu qu'on ne saurait imputer ces défiances continuelles, ces haines invétérées de caste k caste; ces luttes intestines, enfin, ces explosions terribles, ces cataclysmes humanitaires qui, en amensint la ttâtte des plus vastes empires, des plus intelligentes cités, ont successivement empêché, arrêté ou anéanti là civilisation, qu'aux vices radicaux de l'organisation première des corps sociaux ; La Nation française déclare :
ARTICLE PREMIER
Convaincue qù'atieuti des pactes fondâméiirtâtiï lit aneiin des gouvernements adoptés jusqil^ici par hi Peuples
ne sauraient améliorer leur sort, en détrotsant rarii^o<cratie et en secondant le progrès qui doit foreément conduire k FEgalité, dernier terme de la science sociale, la France se reconstitue en société sous te titre de Conmunauté.
Renonçant à toute idée de conquête, la France n'étendra jamais ses frontières actuelles par la voie des armes, et ne fera la guerre que pour sa propre défense ou celle de ses alliés.