‹ Un système d'organisation socialeChapitre 64 sur 75 · J.SIS · texte numérisé non relu

J.SIS

T*'i*rr(», J ;î!» P, I. S'n n Th ••t\a< v\ tmi4 leS autveS "j

O I t!u AMz 1 1 1-0 -v. au \ '\i> liut»'» !«'.•» ji 6l <•.«, ? Jk>iiN« z- !M»î' J a: le m «V \ou^ iMiIrrifi u* Kl «iii îuuiMni» ^"^ mM « I du U*-)i;'^ à v«ht. l*;ii>«}ij':' f Ml ;» ! ()ur <*h!i> I ut « '".a'.iuer (hi «ÎCirMirc, VriiCZ. a ,paav;i:.l. a 'fîrrs^lrv il re «iisiruiiv !

Si

Voas savez que dans Rome il n*est pas un Romaia

Dent le cœur soit à Ini. Geux-mème à qui sa main

Prodigue, sans pudeur» tout Tor de la patrie,

Sont loin de Féâtimer dans 4eur âme flétrie.,

Le sénat, le prétoire, ainsi que nos soldats,

S'engraissent de ses dons, mats ils ne l'aiment pas.

Ôes forfaits inouis, ces rapiffés sans nombre,

Ces lâchetés d'un chef tremblant devant une ombre,

Ce système ébonté d'une corruption

Qui dégrade, sans bruit, la grande Nation,

Tous ces moyens enfin dont use la couronne,

Au lieu de l'affermir, ont ébranlé le trône.

Le charme, à tous les yeux, est à la fin rompu.

MALCHUS

Vous le croyez, Seigneur ? D*un peuple corrompu

Rien ne peut stimuler l'avare insouciance.

L'intérêt personnel, l'avidiB jouissance.

Sont les seuls sentiments qui restent au Romain.

Pourvu que le pouvoir, qui le tient sous sa main^

Sache, en entretenant chaque jour sa pâture,

Occuper, divertir cette vile nature,

Il R^i rien ^ risquer. Les plus noirs attentats

Dont puissent se souiller les maîtres des Etats,

Resteront impunis aux yeux de tout l'empire.

L'impudeur, s'il le faut, ira jusques au rire.

Le Romain aujourd'hui commande à l'univers,

Et le Romarin, Seigneur, est aujourd'hui pervers.

Rappelez-vous ce mot qu'un roi de Numidie

Laissa tomber, jadis, devant Rome avilie !

<i Rome, dit Jugurtha, n'attend qu'un acheteur. »

£h bien! Rome, à la fin, l'a trouvé. L'empereur

S'assurant, avec l'or, cette cité volage.

Du reste de l'Etat s'assure le suffrage.

HÊROD^.

N'apercevant partout que le crime ou l'abus, Le Romain néanmoins croit encore aux vertus. ». Fiâèle, par instinct, à sa grandeur première. Il garde, malgré tout, une âme libre et ûère ; Il supporte, à regret, un pouvoir ombrageux -, Et, lassé d'exister sous un ciel orageux, Sans oser secouer sa destinée honteuse, N'attend, pour s'affranchir, qu'une main généreuse. Aussi, combien de fois, surtout à son début, Auguste aux conjurés a t-il servi de but?

Combien de foist, depuis, notre divin Tibère A>t-jl vu sur son sem la lame meurtrière ?

Ah ! si des temps futurs sondant la profoadeur,

Ce peuple» que; relient une vaine terreur,

Comprenant, de Jésus la voix libératrice,

Lisait dans Tayenir un destin plus propice, ,

Qui sait pe, qu'en dépit de tant de majesté,

Deviendrait un pouvoir déjà si détesté ?

Qui sait si Rome alers, dans son impatience.

Au fer d'un conjuré remettrait sa vengeance ?

Soyez-en sûr, Malcbus! chacun, en ce moment.

Des libertés d^ tous se ferait Tinstrument.

Et contre un peuple, en vain, deiutter on s'efforce*

Nul tyran ne saurait résister à sa force ;

Car ces mêmes spldats qui lui servent d'appui,

Quand la masse est debout, se tournent contre lui.

MALCHUS

Oui ; nvais il feut^ Seigneur, en pareille occurrence. Un chef qui, par son nom, son rang, son opulence, Pouvant, d'abord, fournir des gages de sa foi, Soit, de plus, adopté par la foule en émoi.

Tibère a pour soutiens les droits de sa naissance. Tous les grands, les soldats, le fait de' sa puissance^ L'or/, la corruption qu'il saii entretenir.

Et, surtout, la frayeur qu'inspire l'avenir.

Il règne ; et, pour changer sa haute destinée, A laquelle, en secret, Rome entière enchaînée Doit sa paU, ses plaisirs çtson luxeinqui, Suffit-il qu'Israël se lève contre lui?

Et au'est , encore un coup, son terrible advsrsaire ? Un nomme sans état, un docteur téméraire, Qui, pour exécuter son plan audacieux, Hanquant d'or et de fer, n'a pas même d'aïeux»

HÉRODfi.

De Jésus, dites^vous, la famille est obscure :

Eh ! que font des aïeux ou la pourpre ou la bur:e ?

Est-ce de leur éclat que nous devons briller ?

Pourquoi donc chez les morts aller toujours fouiller ?

Le m^e n esl-il 4]u*une part d'héritage ?

Et faut-tt;' i^ïfâ^voir quelque gloire en partage,

L'emprunter aùi tombeaux ? Mais, nos héros, Malcbus,

D'un sang déjà fameux sont- ils toujours issus ?

Ces dieux mêmes, enfin, que m'a voix interpelle.

Sont-ils tous descendus d*uhe souche immortelle?

De l'ancêtre, après tout, qu'importe le renom !

Par soi-même, chacun doit illustrer son nom.

Au reste, s'iî en faut croire- la ^voix publique,

Ce Jésus est sorti d'une famille aulique;

Quoique pauvre; il descend dç ce roi paternel,

De ce sage David qu'Mina^aiii l^aél. *

Mais, encore une foi^, Iftissonis'-tà rarlgine ! . - . < >

Qu'importe qu'elle soit ou mortelle ou ditine !^

Notre orgueil vaiitèmeift-osè évoquer les morts': *

Entre eux et ies Vivante il n'est point de rtfpffbf ts l '

Revenons ! Ce Jésus à ta voix' téméraire^

iiltaquant à la fois tons les grands de ta- terfe, —

Sans argent, sans soldats, sans a,rnfies, sans amis>

Voulanl dioicr dos lofe à l'univeris souonis,

Paraît donc à yo^^ yeux nn sombf'e fanatique,

Un fou prêt à sonfflt^r la discorde publique,

Qni, n'ayant du succès nul gage sérietax, Doit payer^ (5t on* lard, son zélé amlnliesx ?

MALCHUS

C'est mon avis, Seigneur ; et c'est aussi la casse Qui, par htnnanité, contre lui m'iodiëpoàe^.^

HilRODÊ;

£h bien ! nous -différons, Malchtis, de sentiment. Jésus à du ttuccès te premier élément.

La vérité qu'il sème eéft toujours triomi)hante. Quelque temps, il est vrai, comme une jeane' amatité-^ Qui tremble de prodûire^an jour sa nudité, Et, pour ne pomt rougir, cbercbe l'obscurité, Elle apparaît hontëtisa, et faible, -et s^ns courage ; Mais rassurée enfin par le commun suffrage, Sachant se dépouiller d'une fausse pudènr.

Elle ose se montrer dans toute sa splendeur; Et Tesclave, bicnlôt, preriBiît le. ton de reine, Aux mortels à genoux commande en souveraine.

Le mensonge s'enfuit et se cache à son tour, Et la raison alors triomphe sans retour!

De la pensée, en vain, quand elle est juste et sase^ Les tyrans, cher Malcbns, encombrent le passage ^ Ni verroiij^, ni bailbris ne peuvent l'empêcher* '. • D'achever le traVeîl qu'elle doit achever. '• ^ ■ De Jésus, tôt ou lard, la doctrine nouvell« ^' Saura se faire jour. L'avenir est pour elle.

L'auguste vérité prévaudra sur Terreur! '■','. Soyez-en convaincu! •

MALCHUS

• Quoi qu'il en soit. Seigneur, Je vois avec regret qu'approuvant son audace. Au lieu de prévenir l'effet de sa mienaoe, • ' ^

Vous voulez à ce Jaif, qui s'arme contre nous» Laisser la liberté tie B0U3 égpmr tou84 s Certes, un peu tro{t loin c'estpéussef rindalgenee. Au nom des Dieux, Seigneur, ayez plus de prudence î Et, souffrant cet avis de ma siocéFîté, Vous-même, en ce moment, voyez là vérité !

Le temps presse.

- ■ -î'-ic

Page 1