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90 UN TACTICIEN DU XVIÏ< SIÈCLB.
d'Avein et de Rocroi de même, et beaucoup d'autres dont jo ne parlerai point ici.
« Quand on veut secourir une place ^ on amuse les ennemis par quelque stratagème éclatant, mais on pousse son véritable dessein par des secours que l'on tente par divers endroits dans un pays couvert et marécageux^ soit pour surprendre, soit pour forcer des quartiers, observant dans les détacbemenla de donner le commandement des Ironpes à quelque officier général ou lieutenant- colonel, sans quoi les officiers des vieux corps refusent de le reconnaître, commandent de méchanLa soldats, ou n'y vont pas eux-mêmes, u
L'armement des troupes.
A l'occasion de cet exposé au Roi d^idées qull considère comme lui étant personnelles, et qui en effet n'étaient pas très répandues dans l'armée à son époque ^ d'Anrignac veut aussi ajouter quelques mots sur des modifications qu'il y aurait avantage à apporter à Tarmement des troupes ;
« Ces trois stratagèmes de guerre me donnent lieu de dire encore, à Votre Majesté, que pour avoir un plus grand avantage sur son ennemi dans un jour d'un combat général, rc seroit d'avoir ordonné, avant d'entrer en campagne, à tous les capitaines de cavalerie, d'avoir chacun dans sa compagnie huit ou dix cavaliers, armés d'un gros mousqueton d'un calibre à pouvoir charger de sept à huit balles chacun, afin que, venant à former un escadron de trois ou quatre compagnies ensemble, il se trouvât assez de cavaliers armés de cette sorte, pour en faire le premier rang; et allant ensuite pour combattre ses ennemis, tous les cavaliers de ce premier rang, feront leur décharge à trente on quarante pas proche d'eux. Et après avoir remis leur mousqueton chacun dans sa bandoulière, ils mettront soudain le pistolet à la main pour les aller ensuite affronter vigoureusement, cette première décharge ne le s affoiblissant nullement, puisqu'ils ont encore autant de coups à tirer que ceux du premier rang dos escadrons ennemis (f).
(1) Note marginale; « qu'il faut avoir un rubEin à l'épée, et h laisser pendante, et après avoir tiré son pistolet, on s'en sert utilement j>.
UN TACTICIEN DU XV II» SIÈCLE, -fi
w Et cependant, cette première décharge générale de tous nos escadrons des deux ailes de la première ligne, leur porteroit sans doute un très grand préjudice,
« On pourroit encore, dans une antre occasion semblable, se servir de grenades pour les faire jeter par des grenadiers dans leurs escadrons, entre les jambes des chevaux. Lear effet les désordonneroit sans don Le tellement, que nos escadrons opposés prendroient de là un très grand avantage sur eux.
« Pour des grenades, il est fort aisé d'en avoir, puisque Tartillerie en porte ordinairement pour des grenadiers; on en pourroit avoir de même facilement, si on prend le soin d'obliger tous les mestres de camp dlnfanterîe d en avoir un certain nombre, chacun dans son régiment, et comme il y a façon à les jeter, il faut aussi y exercer souvent les aoldatâ (i). u
Anciens ordres de balaiiie.
Dans ce long chapitre relatif au combat^la tactique exposée par d'Aurignac est celle qui résultait de la guerre de Trente An?^ par conséquent celle en usage dans la seconde moitié du XVII^ siècle. Cependant, il n'a pas voulu être accusé d'ignorer ce qui se faisait avant lui, et, avant de terminer sa dissertation sur le combat, il a donné une description succincte et des représentations schématiques (2) des ordres de bataille qui s'employaient à la fin du XVI^= et au commencement du XV1I« siècle :
« Pour d'autres ordres de bataille dont on s'est servi autrefois, dit-il, et même de noire temps, comme de cinquains, sixains, piramides, croix, demi-croix, croissant et qiiarré, je les mets ici tous ensuite, alln de montrer la différence de ces ordres avec ceux qu'on pratique aujourd'hui.
« Pour les ordres de bataille en lond, on ovale, en triangle, en ciseaux et en manches, et en plusieurs autres figures
(1) Note marginale : « Et leur faire apprendre la fabrique de la cornposition des fusées et par cette dernière coanaissance elles oe crèvent point à k main et on juge mieux de Teiïet qu'elles doivent faire contre rennemi. *»
(2) P, 83 à 94 et feuilles 46 et suit.
bizarres, je n'en parlerai point du tout, puisque Tusage en est passé, il y a déjà plusieurs siècles, d
Toute cette partie de son œuvre peut être fort utile à ceux qui désirent connaître par le détail ces formations bizarres ; mais elle ne répond pas à la réalité des faitR^ et les ordres qui y sont figurés ont été rarement employés. On peut d'aiUeurs les trouver représentés pour la plupart dans des ouvrages imprimés dans la première moitié du XYII^ siècle, ceux de Jérémie de Billon (1), et celui de Lostelneau (2).
Attaque et défense des placei.
La dernière partie de l'œuvre de d'Aurignac est constituée par une étude sur V « ordre et façon d'at laquer les places m et sur la manière de les défendre. Ces deux « actions » d'une armée étaient considérées comme fort importantes à son époque; aussi l'auteur s*étend-t-il avec complaisance sur les moindres détails et ce chapitre est aussi long à lui seul que les trois premiers réunis (3).
Il n'est pas très intéressant pour un lecteur contemporain, et les renseignements techniques qu'il contient ne peuvent être utiles que pour une étude rétrospective sur les sièges. Ce qu'il y a de plus général et de plus nouveau sur ce sujet, d*A.urignac Ta dit ailleurs à propos du campement dans les circonvallations (4) ou il l'a fait împriraer textuellement à propos de Tattaque des places, dans son Livre de toutes sortes de fortifications (5).
(!) Instructions militaires , divisées en six iivreSj Lyon, Âncelin, 1617, 626 p. in-fol. — Les Principes de Vart militaire^ Rouen, Bevthelln, 1636, 416 p. in- 12; et Suite de$ Principes de l'an militaire, Rouen, Berthelin, 1636, 154 p. iD-i2.
(2) Le Mareschal de bataille contenant le m tan ic ment des armes \ les éTolutions; plusieurs bataillons tant cootre rinfnnterîe que contre la
cavalerie; divers ordres de batailles , Paris, Estien ne Mignon, i647,
459 p. in-fol.
(4) Voir plus haut, p. 38.
(5) Voir plus haut, p. 21 et 22.
Néanmoins, on peut glaner dans cette parlie de son ouvrage certains détails contenus dans V « Ëtat de toutes les choses nécessaires qu'un gouverneur doit avoir dans sa place (1) », car d'Aurignac, en énumérant les munitions de guerre et de bouche qui doivent constituer les approvisionnements, fournit des renseignements précieux sur le matériel enlUsage à son époque.
Le matériel tTartillerie vers 4G60.
C'est ainsi qu'à propos des armes portatives et des pièces d'artillerie nécessaires à la place, il donne une énumération détaillée des canons en usage, en indiquant le rôle que chacun d'eux était appelé à remplir :
« Le gouverneur doit avoir dans un magasin particulier, quantité de mousquets de tous calibres, fusils, carabines, pistolets, mousquetons, piques, demi-piques, halebardes, pertuisanes, fourches à crochet, de corps de cuirasses à l'épreuve, de rondaches, de pots, et autres armes complètes.
« Outre les dites armes, il doit avoir dans la place, toutes sortes de canons et particulièrement des six calibres de roi, qui sont de 33, de 24, de 18, de 12, de 6 et de 3.
« Les canons de 33 sont pour rompre les travaux des ennemis, et pour faire les contre-batteries, et de plus pour mettre dans les flancs bas et hauts des bastions.
« Ceux de 24 et de 18 sont presque aussi bons et font presque le même effet, et ne consomment pas tant de poudre, et de ceux-ci il en faut avoir, s'il est possible, le double de ceux de 33.
« Pour les canons de 12, je les trouve encore plus utiles, puisqu'on peut les tirer plus souvent que les précédents, sans employer tant de munitions; et néanmoins ils ne laissent pas de faire presqu'autant d'effet dans les travaux que les autres ci-dessus, quoique leur calibre soit moindre.
« Pour les pièces de 6 et de 3, il doit en avoir plus que de tout autre calibre, pour s*en servir tant que dans le chemin couvert qu'autres ouvrages hors la place.
91 U5 TACTICIEN DU XVn* SIÈCLB.
« Il doit aroir de plus 2 oo 900 arqneboses à croc, ces pièces étant fort utiles, d*aiitant qo'îl n'est point d'arme qui poisse être à Tépreave de leurs coops; et en ontre c'est que voyant deux on trois hommes ensemble on pent aisément tirer sur eux, s'ils sont à la portée^ sans que la dépense poar lenr munition eo soit trop grande.
« Il doit avoir encore dans son magasin trois on quatre mortiers avec lears affûts, douze ou quinze perriers tous montés, qu'on poisse charger à boite pour tenir dans les rues au devant des portes, dans la place d'armes, chemin couvert, et dans d'autres ouvrages hors la place.
« Plus quantité de feux d*artiGce, comme cercles, tourteaux, baies ardentes, lances à feu, dards à feu, piques à feu, auges à feu, de coffres à feu, de masses à feu, de pots à feu, de rondaches à feu, de barils foudroyants, saucisses, de chevaux de frise en quantité, chargés de grenades et d'antres feux d'artifice, des essieux passés dans des moyeux de roues, chargés de même que les chevaux de frise, de bouteilles de verre et de terre remplies de poudre, entortillées chacune de quatre ou cinq bouts de mèche, pour les allumer dans le temps qu'on voudra les jeter dans une mêlée; de baies à éclairer pour voir dans le fossé et dans le chemin couvert, de falots et dé fagots ardents pour voir de même, de baies qui tirent, de baies sifflantes qui sont percées, et de beaucoup d'autres, encore de cent inventions nouvelles.
« Et pour faire les dit3 feux d'artifice le dit gouverneur doit avoir encore dans un autre magasin quantité de drogues, huiles et autres matières qui entrent dans leur composition : comme de la thérébantine; poix noire, poix blanche, poix raisiné, du mercure, du canfre, du soufre, du saipêtrcj de la roche à feu, du charbon doux, de la cire neuve, de sacs, de tamis pour passer les poudres, quantité d'eau-de-vie, de vif argent, d'anlimoîne, de la gomme arabique, de colophane, de la chaux vive, du fil de coton, de tartre, de la roche à feu et du suif de mouton. . . » Et d'Aurignac continue en énunàérant les huiles, en décrivant les différentes sortes de pétards et la manière de les employer.
UN TACTICIEî^. DU XVII» SIÈCLE, 95
Approvisionnements en munitions,
A propos des munitions, Tauteur va compléter les renseignements déjà donnés sur les pièces d'artillerie, en calculant Tapprovisionnement de poudre qu'elles nécessitent pour leur consommation :
« Le gouverneur, dit-il, doit de même supputer les munitions de guerre, pour savoir la quantité qu'il en doit avoir dans ses magasins, l'occasion venant d'être attaqué, en tirant tant par jour. Gomme par exemple: ayant cinq grosses pièces de canon du calibre de trente-trois livres de baie, et tirant cinq coups par jour de chacune, à vingt livres de poudre chaque charge, la supputation faite, il trouvera qu*il faut pour l'usage des dites cinq grosses pièces, cinq cents livres de poudre par jour et pour deux mois, en tirant toujours de même, trente mille livres de poudre et trois mille baies, du calibre du dit canon.
« Pour cinq autres canons du calibre de vingt-quatre tirant dix coups par jour de chacun à douze livres de poudre chaque charge, monte par jour, trois cents livres de poudre et deux cent cinquante baies du dit calibre ; et pour deux mois, dix-huit mille livres de poudre et Irois mille baies.
« Pour dix autres canons du calibre de dix-huit, tirant dix coups par jour de chacun, à neuf livres de poudre chaque charge, monte par jour neuf cents livres de poudre et cent baies; et pour deux mois, cinquante-quatre mille livres de poudre et six mille baies.
« Pour six autres pièces du calibre de douze, tirant douze coups par jour de chacune, à six livres de poudre chaque charge, monte par jour trois cent soixante livres de poudre et soixante baies; et pour deux mois, à tirer toujours de même, vingt-un mille livres de poudre et trois mille six cents baies.
« Pour ^ix autres pièces du calibre de huit, tirant dix coups par jour de chacune, à quatre livres de poudre chaque charge, monte par jour deux cent quarante livres de poudre et soixante baies et pour deux mois quatorze mille livres de poudre et trois mille six cents baies.
« Pour six pièces du calibre de six, tirant dix coups par
jour de chacune, à trois livres de poudre chaque cliargc, monte par jour cent quatre vingts livres de poudre et soixante baies, et pour deux mois dix mille huit cents livres de poudre et trois mille six cents baies.
(f Pour six autres pièces du calibre de trois, tirant dix coups par jour de chacune, à une livre et demie de poudre chaque charge, monte par jour quatre vingt-dix livres de poudre et soixante baies; et pour deux mois six mille quatre cents livres de poudre et trois mille six cents baies.
« Pour trente arquebuses à croc, tirant par jour vingt coups de chacune, à deux onces de poudre chaque charge, monte par jour soixante-quinze livres de poudre et six cents baies; et pour deux mois quatre mille cinq cents livres de poudre et trente-six mille baies.
« Pour cinq cents mousquets, tirant trente-deux coups de chacun par jour, à demi-once de poudre chaque charge, monte par jour cinq cents livres de poudre et seize mille baies ; et pour deux mois trente mille livres de poudre et neuf cent soixante mille baies.
(t II faut remarquer que d'une livre de plomb on fait trentcdeuK baies et d'une livre de poudre on tire trente-deux coups de mousquets.
« Pour les bombes, mortiers, grenades et feux d'artifice, je mets encore huit mille livres de poudre pour leur usage; de sorte que le calcul fait de toutes les supputations ci-devant, monte de la poudre qu'il faut employer, pour la défense d'une place telle que je suppose, cent quatre vingt seize mille sept cents livres de poudre et un million vingt-deux mille quatre cents baies, tant du canon que du mousquet. »
• L'ancien matériel d* artillerie.
Voilà donc le matériel en quelque sorte réglementaire passé en revTie, ainsi que les approvisionnements qui sont nécessaires à son usage. Mais dans toute place il y a, en général, nombre de pièces qui, quoique n'étant plus fondues dans les arsenaux, peuvent cependant rendre des services. Un gouverneur doit savoir en faire usage ; aussi d'Aurignac à cette occasion croit utile de les énumérer, et donne sur elles des
détails qu'on chercherait en vain dans les ouvrages techniques de son époque :
« Et si dans la place, écrit-il, le dit gouverneur a d'autres pièces d'artillerie d'autres calibres, il doit dé même faire de supputations semblables des munitions qu'il faudra qu'il emploie, en cas qu'un jour il soit assiégé.
« Et comme il y a beaucoup de pièces qui sont d'autres calibres que les précédentes, cela doit obliger le gouverneur à les connaître toutes, lesquelles je mets ici ensuite, pour donner rinlelligencç.
« Premièrement, le double canon est une pièce du calibre de quarante livres de balles, dont sa charge de poudre est de vingt-quatre livres.
« Le dragon volant, son calibre est de trente-deux, et sa charge de poudre de vingt livres.
« Le basilic ou double cpuleuvrine, son calibre est de vingthuit et sa charge de poudre de quatorze livres; et celte pièce est nommée bâtarde.
« Le serpentin est une pièce bâtarde, dont le calibre est de même que celui du canon de vingt-quatre.
« Le passemur, son calibre est de seize, et sa charge de poudre de douze livres.
(( La grande couleuvrine bâtarde, son calibre est de sept et sa charge de poudre dç cinq livres.
« L'aspic (1) ou demi-couleuvrine, son calibre est de six et sa charge de poudre de quatre livres.
« Le sacre (2) ou quart de couleuvrine est du même calibre que le précédent, et le pélican de même.
<( La couleuvrine moyenne est du calibre de quatre, et sa charge de poudre de trois livres.
(( Le fauconneau, son calibre est de trois et la charge de poudre de deux livres.
« Le faucon, son calibre est d'une livre et demie et sa charge de poudre d'une livre (3), »
(1) Pièce d*origi ne italienne; yoir Revue d* Histoire de juillet 1904, P. A., Études hist. sur Part, régira. , p. 33.
(2) Ibid,
(3) On trouvera des détails nombreux sur ces pièces dans la Rev.
D'Âurignac termine ce petit chapitre sur le matériel d'artillerie par une règle sur la charge à donner aux pièces :
« Et faut remarquer qu'on donne toujours la charge de poudre à toutes les pièces selon la moitié de la posantôur de leur baie et quelquefois les deux tiers pour faire de plus grands effets. »
On sent que d'Aurignac a longuement réfléchi à tout ce qu'il expose dans ce chapitre, qui pourrait s'intituler : w L'aidemémoire du gouverneur »; il à été à bonne école* puisque le marquis d'Hocquincourt, dont il élait en 1647 l'aide de catnp, était déjà à celte époque, et fut la plus grande partie de sa vie gouverneur de Péronne (l); lui-même, quand en 16^6 il Voccupait de fortifier Condé (2), dut méditer sur les dispositions à prendre. Aussi donne-t-il le conseil à son lecteur de ne pas croire superflus les conseils qu'il donne :
« Si présentement on vient à considérer le contenu de tout cet état, on sera étonné de voir la grande quantité de choses qui sont nécessaires dans une place, et combien de munitions de guerre il s'emploie durant le temps d'un siège. Ce qui doit obliger tout gouverneur d'avoir une parfaite connaissance de toutes les choses ci-dessus, tant pour ne se trouver jamais en défaut d'en avoir manqué de quelqu'une dans le besoin, que pour bien ménager ses munitions quand il en sera temps. »
Quelques détails sur Parmée.
Le manuscrit de la Bibliothèque du génie se termine par un certain nombre de détails qui ne se trouvent pas dans celui de la Bibliothèque Nationale : ce sont des conseils sur r « usage des mantelets pour un siège », sur la « manière de
d:HisL rédig. à VÉL-Maj, de fArm., n»» 40, 41, 42 et 43, avril à juillet 1904, Études hist. sur Vart. régim., par P. A.
(1) Voir la Chronologie historique-militaire^ par Pinard, t. II, Paris, 1760, p. 578 et suiv. — Cf. les nombreux Tolumes des Arch, hist. de la guerre, au moyen du catalogue et des fiches de M. Félix Brun.
(2) Voir plus haut, p. 17.
Rr -
se servir avantageasement du canon dans le flanc », sur « les mines », sur le « détachement d'attaque », sur la « manière
de lever une contribution », etc ; ce sont même des
« maximes de guerre ».
Deux au moins des paragraphes de ce petit chapitre supplémentaire méritent d'être conservés, celui qui donne la solde des officiers et des soldats^ et celui qui donne le détail d'une compagnie d'infanterie et d'une compagnie de cavalerie.
« Solde des officiers et soldats.
« Un capitaine a par jour 2 1. 10 s. et cinq hommes passés lorsque la compagnie est complette, et si elle ne l'est pas il n'a que sa paye seulement, quand il n'y auroit que deux hommes de manque.
« Un lieutenant a 20 sols .par jour et un homme passé.
« Un enseigne i5 sols, est réformé présentement.
« Un sergent 10 sols, un caporal 7 sols, un anspessade 6 sols, un tambour 6 sols, un peigner 5 s. 6 d.; un soldat 5 sols, et dans les citadelles 6 sols sur lesquels on retient par jour un sol de compte pour l'habillement, mais ce n'est pas assez, il faudroit qu'il en eût 6 afin d'en retenir 2, et par ce moyen on pourroit bien l'accommoder, vu qu'un juste au corps de drap doublé coûte 4 écus le moins, un haut de chausse
5 livres, deux paires de bas 3 livres, deux paires de souliers
6 livres, et 30 sols l'apnée pour les raccommoder, trois chemises 6 hvres, deux cravates 1 livre, un chapeau 2 livres, et i5 sols un chapeau de toile cirée. Le tout revient à 37 1. 5 s.
« Une paire de pistolets et les fourreaux 20 livres, un mousqueton Il livres, une bandoulière 1 1. 10 s., une épée de longueur 6 livres, lîn baudrier 4 livres, une paire de bottes et éperons 12 livres, un chapeau bordé 3 1. 10 s., un collet de bufle 36 livres, un haut de chausse de peau 9 livres, un juste au corps 10 1. 10s., une paire de bas 3 livres, un manteau de baracan 20 livres, une paire de gans une livre, une paire de souliers 3 livres, trois chemises 7 1. 10 s., deux cravattes 2 livres, un cheval avec son harnois bon et de service, 150 livres. Total : 300 livres, »
ir
leO UN TACTICIEN DU XVII» SIÈCLE.
« Détail d'une compagnie d'infanterie par mois^ sur le pied de 70 hommes les officiera non compris.
1 capitaine ea pied . . ... 2 1. 1 Ofl, 00 tJ. 75 1. ô s.
1 capitaine r^ormé 1 5 37 10
1 lieutenant en pied. i 30
i lieutenant réformé 13 4 20
i lâergents, chacun 10 sol.^ par jour 30
6 caporau:x, à chacun 7 sols par jour 63
9 anspessades, à chacun 6 sais par jour. . . 81
53 soldatSj k chacun 5 sols par jour 397 10
Total 73il, Os,
u Et pour douze mois : 8,808 livres.
<< Est à observer qu'il y a plusieurs capitaines et lieutenants réformés dans une compagnie.
rt I^étail d'une compagnie de canakrie.
Jour. \Mfe
\ capitaine en pied . .
1 capitaine réforma . .
i lieutenant en pted .
1 lieutenant réformé .
1 maréchiil deâ \.Qg\^.