‹ Un tour dans les prairies à l'ouest des États-Unis [microforme]Chapitre 16 sur 44 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Le camp des élans. — Histoire des Pawnees.

Nos principaux chasseurs s'étaient levés le lendemain avec le jour, et étaient partis dans différentes directions à la recherche du gibier. Le frère du capitaine, le sergent Beau, qui des premiers s'était mis en campagne, rentra avant le déjeuner, après une chasse heureuse; il venait de tuer une daine magnifique aux environs du camp.

Quand le déjeuner fut terminé, le capitaine monta à cheval pour chercher l'élan qu’il avait blessé la: veille, et qui, à ce qu’il croyait, devait être mort de sa blessure. Je me décidai à me joindre à lui, et nous sortimes ensemble, accompagnés du sergent Beau et d’un lieutenant. Deux cavaliers nous suivirent à pied pour remporter la bête que le sergent avait tuée. Nous n'étions pas encore bien loin du camp, que nous la trouvâmes gisant sur le penchant d’une calline, au milieu d’un bois, Les deux cavaliers se

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mirent aussitôt à l’ouvrage ; avec la dextérité ordinaire aux chasseurs, ils dépecèrent l'animal pour le porter plus commodément au camp, tandis que nous poursuivions notre course.

Nous longeâmes les flancs de plusieurs collines ombragées par de magnifiques bosquets, et nous parvinmes à une place où l’herbe foulée annonçait le séjour récent d’une troupe nombreuse d’élans, C'était là que le capitaine avait vu ceux qu’il poursuivait, et, après avoir examiné le lieu attentivement, il nous montra des empreintes de pieds aussi larges que celles des bœufs.

1] suivit cette voie et s’avança lentement, tandis que nous le suivions à la file, à la manière des Indiens. Il s’arrêta à l'endroit où l’élan avait été tiré : des taches de sang sur l’herbe prouvaient que le coup n'avait pas manqué, et que l’animal blessé avait suivi pendant quelque temps le reste de la troupe; mais soudain elles disparurent,

€ Il faut que l'élan se soit séparé ici de ses compagnons, dit le capitaine ; quand ces animaux se sentent mortellement blessés, ils se retirent à l’écart afin de mourir seuls. »

Ce tableau si simple des derniers moments d’un élan fit sur moi une profonde impression ; mon cœur n’était pas encore endurci par le rude exercice de la chasse, et je n’éprouvai que plus tard combien la vie des prairies est capable de rendre dur et cruel l’homme le plus civilisé.

Après avoir regardé quelque temps autour de lui,

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