‹ Un tour dans les prairies à l'ouest des États-Unis [microforme]Chapitre 21 sur 44 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Jouissances anticipées des chasseurs — Gué dangereux. — Un cheval sauvage.

Le21 octobre, le camp futen mouvement de trèsbonne heure; chacun était animé de l'espoir de rencontrer des buffles dans le courant de la journée. De tous côtés on entendait le bruit que faisaient les chasseurs en apprêtant leurs fusils, d’où ilsretiraient le petit plomb pour y substituer des balles. Cependant Tony se préparait particulièrement pour une campagne contre les chevaux sauvages.

Il sortit avec un rouleau de cordes suspendu à l’arçon de sa selle, et une paire de baguettes blanches, assez semblables à des bâtons de ligne, et longues de huit à dix pieds, l’extrémité fourchue. Le lariat, ainsi s'appelle le cordon dont on se sert pour la chasse du cheval sauvage, répond au lazo de l'Amérique du Sud; mais il n’est pas lancé par

arrêté d’un épais.

de mil ficile

jereux.

de très-

nos chasseurs avec la grâce et la dextérité des Espagnols. Ici, quand le chasseur, après avoir vivement poursuivi le cheval sauvage, se trouve presque à la hauteur de l'animal, il lui jette sur le coup le nœud coulant du lariat, par le moyen de ses baguettes, puis, le laissant courir dans toute la longueur de la corde, il joue avec lui comme le pêcheur avec le poisson, et le force enfin à se soumettre.

Tony promettait d'exécuter tout cela à notre complète satisfaction. Nous n'avions malheureusement pas confiance dans ses succès, et nous craignions qu'il ne nous gâtät un bon cheval pour courir après un mauvais; car, semblable en cela à tous les créoles français, il ne savait pas ménager sa monture. Il fut donc résolu qu’on le surveillerait alternativement, et qu’on réprimerait au besoin sa fougue intempestive.

Avant d'avoir fait une longue course, nous fûmes arrêtés par un profond ruisseau coulant au fond d’un ravia dont les côtés étaient couverts d’un bois épais. Ayant côtoyé ce courant pendant une couple de milles, nous trouvâmes un gué; mais il était difficile de descendre jusqu’au rivage, car les bords étaient escarpés et mouvants, et de plus encombrés d'arbres, de buissons et de vignes. A la fin, le cavalier qui marchait en tête de la colonne s’ouvrit un passage à travers ces obstacles, et son cheyal, posant les deux pieds l’un à côté de l’autre, glissa le long de la pente jusqu’au bord du ruisseau. Là 1 s'élança en avant , et, après avoir passé le gué avec de l’eau et de la bourbe jusqu'aux sangles, il gravit la

penteopposée, etarrivasain et saufsur le terrain uni. Toute la ligne suivit pêle-mêle, et, se poussant l’un l’autre, les cavaliers descendirent la côte et entrèrent dans le ruisseau. Quelques-uns manquèrent le gué et plongèrent dans l’eau jusque par-dessus la tête ; il y en eutmêmeun qui tomba de cheval dans le milieu du courant. Pour ma part, pressé et poussé en avant par ceux qui me suivaient, je descendais aussi, lorsque je fus arrêté par une vigne aussi grosse qu’un câble qui pendait en feston à la hauteur de mes arçons. Elle me les fit vider et m’entraina sous les pieds des chevaux. Heureusement je m'en tirai sans lessure : je ressaisis mon cheval, je traversai le ruisseau sans encombre, et je pus partager la gaieté qu’avaient excitée les risibles désastres de ce passage. C’est dans ces circonstances que l’on a surtout à redouter les embüches et les attaques des Indiens. Une troupe de ces sauvages cachée dans les buissons aurait pu faire un ‘errible ravage parmi nos gens au moment où ils étaient engagés au fond du ravin. Nous débouchâmes alors sur une vaste et magnifique prairie qui s’étendait devant nous, dorée par les rayons d'un beau soleil d'automne. Les traces fréquentes et profondes des buffles montraient que nous étions dans un de leurs pâturages favoris ; cependant aucun de ces animaux ne se fit voir. Dans le cours de la matinée nous vimes arriver le lieutenant etses dixsept hommes que nous avions laissés derrière nous, et qui venaient chargés des dépouilles des buffles qu'ils avaient tués le jour précédent. Un des cavaliers

terrain uni.

se poussant côte et ennanquèrent 1r-dessus la eval dans le sé et poussé descendais aussi grosse teur de mes ina sous les en tirai sans traversai le zer la gaieté 2 ce passage.

a surtout à les Indiens.

les buissons nos gens au du ravin.

te et magni- ;, dorée par es traces fréent que nous js cependant s le cours de ntetses dixrrière nous, des buffles des cavaliers

être bien Content de Ja la vue des buffles, avait 0Mme à terre et s'était sauvé dans les bois.

Ïl n’en fallut Pas davantage Pour porter au comble l’impatience de nos chasseurs de ge trouver en présence de ce fameux gibier des Prairies ; car il en était PEU, même parmi les plus vieux, auxquelles pareille fortune fût déjà échue. Ausei > lorsque dans Je courant de la journée Je cri : Au buffle! au buffle! partit

vive agitation s'em-

cependant n'avait Pas lieu d

chasse : son cheval, effrayé à jeté son h

> Qui descendait Je à environ deux milles de nou Tony, to

; et, se remettant en Mais à son grand

et lui ordonnai de rester à Son poste auprès des Chevaux de bât.

Capitaine, excellent tireu frapper à la Partie supérieure du cou.

semblable paralysé potr un moment les forces du cheval ; il tombe, et on a le temps de s’en emparer avant qu'il revienne à lui. Toutefois c’est un moyen cruel et peu sûr; car un coup mal dirigé peut tuer ou mutiler ce noble animal.

Pendant que le capitaine et ses compagnons s’avançaient parallèlement à la direction du cheval, nous poursuivions nous-mêmes cetle route, ayant les yeux continuéllement fixés sur l’animal. Nous le vimes d’abord marcher lentement sur le profil d’un terrain élevé, derrière lequel il disparut, et bientôt le capitaine et sa suite furent également cachés par une colline intermédiaire.

Quelques moments après le cheval reparut à notre droite à la hauteur de notre colonne; il sortait d’une petite vallée à un trot assez vif, et paraissait avoir pris l’alarme. À notre vue il s'arrêta tout court, et nous regarda un instant d’un air étonné ; puis il balänça sa tête, et se mit à courir, conti-

huant dé nous regarder, tantôt par-dessus une épaule, tantôt par-dessus l’autre, pendant que sa belle crinière flottait au vent. Après avoir traversé un taillis qui ressemblait de loin à une haie, il s’arrêta dans un champ découvert, nous regarda encore une fois avec un beau mouvement de cou, souffla, et, balançant de nouveau la tète, ilse réfugia au galop dans les bois.

C'était la première fois que je voyais un cheval partourir les solitüdes où il était né, dans toute la liberté, tout l’orgueil de sa nature. Combien il me

Cont.

Le les di lieu f revint

es forces du "en emparer st un moyen sé peut tuer

agnons s’a-

du cheval, ite, ayant les al. Nous le e profil d’un t, et bientôt it cachés par

parut à notre e; il sortait et paraissait s'arrêta tout n air étonné ; ourir, Conti- - dessus une ndant que sa voir traversé > haie, il s’argarda encore cou, souffla, éfugia au ga-

is un cheval dans toute la ombien il me

sembla différent de la :

bosquet vés et de noÿers sur le bord

> Partit sans dire un seul mot, Il était Sauvage, mais

Page 1