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CHAPITRE XVII

DE HONG-KONG AU TONKIN 20—29 novembre.

I.e steamer lîaï-nan. — Le port de Hoï-how et file de Haï-nan. — Les iles Norway. — Arrivée à Haï-phong. — Le fleuve Rouge. — Hanoï. — La citadelle. — Les Pavillons noirs. — Un théâtre chinois à Hanoï. — Retour à Haï-phong.

Le Haï-nan, sur lequel je suis embarqué, est un petit vapeur de 400 tonneaux, appartenant à une maison chinoise, mais commandé par des officiers anglais. Il se rend à Ilaï phong, avec un chargement de coton, d’opium, de thé et de tabac; il en rapportera du riz, de la soie, de l’étain et de l’huile à laquer. En celte saison, les occasions pour le Tonkin sont fréquentes; on peut compter, chaque semaine, sur deux ou trois départs pour Haï-phong et vice versa.

Pendant quelques heures, nous jouissons d’une vue intéressante sur les promontoires escarpés, les îles et les innombrables îlots, au milieu desquels se trouvent les passes de Canton et de Macao. Peu à peu les terres s’éloignent; après avoir dépassé l’archipel des Ladrones, nous laissons à tribord la grande île Saint-John, où mourut l’apôtre François Xavier; plus loin c’est la pleine mer.

M. Constantin, sa femme et moi, sommes les seuls passagers européens. Notre bateau n’est pas aménagé pour les

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voyageurs, cependant je n’y suis pas mal : j’occupe sur le pont une petite cabine appartenant au capitaine. La table est assez bonne; l’armateur chinois, gros homme toujours de bonne humeur malgré le mal de mer, nous en fait les honneurs de son mieux.

Dans la soirée, le temps se couvre et la mer grossit. Le lendemain matin, la terre nous apparaît au sud, basse et sablonneuse : c’est la grande île de Haï-nan « Sud de la Mer ». Au nord, la terre ferme, bien que peu éloignée, reste invisible. Il existe, dans ces parages, de violents courants et des bas-fonds très dangereux; les navires ne s’y risquent jamais la nuit. A quelques encablures de notre steamer, la mer se brise avec fureur sur l’un de ces bancs sous-marins.

Haï-nan, dépendance administrative de la province de Kouan-toung (Canton), est un peu moins étendue que Formose. Sa superficie, de 36 200 kilomètres carrés, égale une fois et demie celle de la Sicile; sa population probable est de 2 millions et demi d’habitants. Sauf aux abords du détroit, c’est une des terres chinoises les moins connues; sur les montagnes et les cours d’eau de l’intérieur, on n’a pas d’autres renseignements que ceux fournis par les Chinois. Le bras de mer qui la sépare de la péninsule de Litcheou, est large de 20 kilomètres et très peu profond ; au milieu de la passe, la sonde n’indique à marée basse que 11 mètres de fond.

Vers midi, nous mouillons en plein détroit, à trois milles de la côte de Haï-nan, que l’on distingue à peine, car il tombe une pluie torrentielle. Nous sommes en rade de la ville ouverte de Hoï-how, port de la capitale de l’île, Kioung-tcbeou, située à une dizaine de kilomètres dans l’intérieur. La douane vient visiter à bord les bagages d’une quarantaine de passagers chinois, qui se préparent à débarquer ici. Nous sommes entourés par une douzaine de

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grands sampans, d'une tout autre forme que ceux de Hongkong. Ges embarcations, non pontées, sont munies d’une dérive qui remplace la quille, comme dans les anciennes galiotes hollandaises ; chacune d’elles est montée par quinze ou vingt indigènes demi-nus, qui se démènent comme des diables, gesticulent, vocifèrent, font un tapage infernal. A les voir ainsi, on les prendrait plutôt pour des pirates sur le point de s’élancer à l’abordage, que pour de simples mariniers, venus pour charger et décharger des marchandises. Du reste, la population de Haï-nan ne jouit pas d’une bonne réputation, et tous ces gens-là sont, me dit-on, fort sujets à caution : leur mauvaise mine, la pluie qui ne cesse de tomber, et le peu d’intérêt que semble présenter le rivage, m’enlèvent toute velléité de descendre à terre.

Au sortir du détroit, le temps devient horrible; le roulis et le tangage sont d’une violence inouïe; des paquets de mer s’abattent sur le pont à chaque instant; ma cabine est inondée. La nuit, dans ces conditions, est totalement dépourvue de charme.

Le jour suivant, nous passons en vue des îles Norway, groupe singulier d'îlots et de rochers à pic dont les silhouettes bizarres rappellent certains paysages des fiords norvégiens. Maintenant la mer est calme, et nous approchons rapidement du but. Voici la petite île de Hon-dau, avec le phare qui en couronne le sommet, et, à mi-côte, la blanche maisonnette du gardien. Sur la terre ferme, dans le lointain, des montagnes bleues; au premier plan, un immense tapis vert, parsemé de taches sombres : ce sont des rizières avec des bois de bambous, au-dessus desquels on distingue déjà le tronc élancé des aréquiers et la cime élégante des cocotiers.

Plus nous approchons, plus le pays me paraît joli, contrastant par sa fraîcheur et la puissance de sa végétation, avec les côtes arides et dénudées de la Chine, que je viens de quitter.

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Un pilote monte à bord : c est un Français, un compagnon de l'héroïque Dupuis; il s’installe au gouvernail, et bientôt nous remontons paisiblement un large cours d’eau, encaissé entre deux rives basses. A-fong, notre patron chinois, dans sa joie d’etre enfin libéré du mal de mer, veut absolument nous offrir le champagne, et c’est le verre en main que nous jetons l’ancre, à sept heures du soir, en face de Haï-phong. En deux jours et demi, y compris six heures de relâche à Haï-nan, nous avions franchi les 472 milles marins (875 kilomètres) qui séparent la colonie anglaise de Hong-kong, du delta du Tonkin.

M. Constantin m’a offert l’hospitalité. Il habite en face de l’agglomération principale, de l’autre côté de la rivière, une maison isolée, spacieuse et entourée au premier étage d’une large véranda.

Ayant l’intention de me rendre sans retard à Hanoï, la capitale, à 160 kilomètres plus haut sur le fleuve, je m’étais renseigné sur les moyens de faire ce voyage. Rien n’est plus facile : plusieurs fois par semaine, des chaloupes à vapeur, appartenant à des négociants européens ou chinois fixés dans le pays, font le trajet entier dans une seule journée. En arrivant, j’appris que le prochain départ devait avoir lieu le surlendemain, à cinq heures du matin. Tout s’arrangeait pour le mieux : j’avais une journée devant moi pour visiter Haï-phong, et je l’employai consciencieusement.

Le port de Haï-phong est situé à quelques milles dans l’intérieur, au-dessus de l’embouchure de Cua-cam, branche septentrionale du delta du Song-koï ou fleuve Rouge. Il est accessible aux navires tirant de 4 à 5 mètres d’eau, qui viennent y transborder leur chargement sur des bateaux de rivière. Un terrain concédé à la France par le traitq de 1874 porte les édifices du consulat, les casernes de l’infanterie de marine, les habitations des officiers et la direction des

postes ; tous ees bâtiments ont fort bonne apparence. Indépendamment des constructions administratives, quelques jolies maisons de négociants entourées de jardins potagers ou d’agrément, s’élèvent çà et là, sur un sol nu, coupé de flaques d’eau et de profonds fossés; on y voit aussi des maisons plus modestes, des guinguettes et des cafés. Une rue a été tracée le long du fleuve; on Pa appelée le boulevard Marty, du nom de l’un des plus anciens négociants du pays. Il y a encore bien des espaces vides, mais certainement c’est dans cette direction que se développera la ville future. On construit beaucoup en ce moment. L’hôte Martin, tenu par un ancien soldat, n’est encore qu’une baraque de planches, mais il est en voie de transformation.

Le village indigène se compose de misérables cabanes de boue et de bambou, couvertes de paille (c’est ce que dans les colonies on appelle paillotes) ; la plupart sont construites sur pilotis, le long du rivage, et serrées les unes contre les autres.

Je viens de faire mes visites officielles. Notre consul, M. de Champeau, revient d’une chasse aux pirates dans les îles Norway et au milieu des rochers qui font de cette partie de la côte un dédale inextricable.il a eu très gros temps et est rentré chez lui très fatigué, mais émerveillé des paysages fantastiques qui se sont déroulés sous ses yeux.

J’éprouve un véritable plaisir, après six longs mois passés hors de France, à me retrouver sur une terre française ou à peu près, à parler ma langue, à bavarder avec des compatriotes, lesquels, du reste, me font le meilleur accueil. Tous m’assurent qu’on n’a pas encore vu de touriste français au Tonkin; décidément, je suis enchanté d’être venu par ici.

La plupart des personnes qui se rendent en ce pays viennent du Sud, et, ayant passé par Saigon, connaissen nécessairement déjà les Annamites; pour mo qui venai

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du Nord, je me trouvais pour la première fois en présence de l’une des races d’hommes qui peuplent l'Indo- Chine. Les Tonkinois, voisins des Annamites, leur ressemblent beaucoup, et on ne les distingue guère de ces derniers que par la couleur généralement blanche de leurs vêtements, tandis que l’Annamite affectionne plus particulièrement le noir ou le bleu. Ils sont petits, mais bien proportionnés; leur visage est taillé en losange, large et plat, comme celui des Chinois; mais le teint est plus foncé. Hommes et femmes diffèrent peu par les traits et par la voix : l’absence de barbe jusqu’à un âge assez avancé, l’habitude qu’ont les deux sexes de mâcher le bétel, de s’habiller de même avec un large pantalon et une robe, de porter les cheveux également longs et retroussés en chignons derrière la tête, de se coiffer d’une pièce d’étoffe roulée en turban et aussi d’un immense chapeau en forme de parasol, tout cela fait qu’au premier abord, il est assez difficile de reconnaître le sexe.

On s’accorde à me dire que les Tonkinois sont naturellement doux et dociles; les Européens les préfèrent aux Annamites, en général plus paresseux et moins industrieux.

M. Brémaud, médecin de la marine, me propose un tour de promenade : j’accepte avec empressement. Nous visitons d’abord le marché aux poissons et aux légumes. Depuis l’occupation française, une assez nombreuse colonie chinoise est venue se fixer à Haï-phong. Le quartier qu’elle habite forme, à l’une des extrémités du village indigène, une rue d’assez bonne apparence, bordée de maisons plus solidement construites que celles des Tonkinois. J’y remarque des magasins bien approvisionnés. Dans l’extrême Orient, là où il y a de l’argent à gagner, on est sûr de rencontrer le boutiquier chinois. C’est lui qui, dans toutes les colonies européennes, accapare le commerce de détail. Intelligent, opiniâtre, vivant de peu, couchant dans un bouge, sachant se passer de tout ce que nous autres Occidentaux consi-

dérons comme absolument nécessaire à la vie, il lui est facile de se contenter d’un modeste bénéfice : partout où il s’établit, toute concurrence européenne devient impossible.

Nous voici dans la campagne, cheminant à travers les rizières, sur d’étroits sentiers que les dernières pluies ont rendus boueux et glissants. Les bouquets de bois que l’on aperçoit à divers points de l’horizon abritent autant de villages. Nous nous dirigeons vers l’un d’eux. Une épaisse haie d’euphorbes et de bambous entrelacés, défendue par un fossé plein d’eau, en forme l’enceinte, qui nous paraît close de toutes parts. Heureusement, un paysan nous montre un petit pont fait d’un simple tronc d’arbre et aboutissant à une porte dissimulée dans le feuillage; il vient nous l’ouvrir et nous conduit à sa cabane.

Nous entrons avec lui : peu ou point de mobilier, une seule natte sert de lit commun à la famille, quelque nombreuse qu’elle soit. Tout cela est bien pauvre, mais assurément beaucoup plus propre que je ne l’aurais supposé. D’autres paillotes du même genre sont disséminées sous les arbres fruitiers, les cocotiers et les palmiers d’arec. On circule d’une case à l’autre, au moyen de sentiers contournant des flaques d’eau. Çà et là des poules picorent; des cochons noirs, au gros ventre traînant à terre, se vautrent dans la vase; des enfants presque nus nous regardent passer, ébahis. Ces chaumières se ressemblent toutes et, comme tous les bois que nous avons en vue dans la plaine immense sont habités de même, on peut en conclure que le pays est très peuplé, bien qu’au premier abord on n’aperçoive aucune habitation. Du reste, autour de nous, tout est cultivé; pas un pouce de terrain n’est perdu. Le riz est supérieur en qualité à celui de Saigon et très estimé en Chine,; on en fait deux récoltes par an.

Un peu plus loin, nous visitons une pagode à trois étages, de style chinois, et, près de là, élevé sur un soubas-

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sement de pierre, un grand bâtiment dont lenorme toit est soutenu par de superbes piliers de bois, aux chapiteaux curieusement sculptés. Plusieurs constructions analogues existent dans les environs : c’étaient, dit-on, des magasins destinés à renfermer les denrées appartenant à l’État, les approvisionnements de riz et le produit des impôts en nature. Aujourd’hui tout est vide et abandonné.

Le pays, aux environs de Haï-phong, est parfaitement plat; à marée haute, l’eau forme de vastes étangs enclavés au milieu des rizières. La marche est fort difficile sur les étroites levées émergeant au-dessus des champs inondés, seules routes qui existent dans la campagne. D’après ce que je venais de voir, j’étais porté à croire qu’une telle contrée devait être malsaine. Il n’en est rien : M. Brémaud et avec lui tous les résidants de Haï-phong m’assurèrent que le climat était excellent et parfaitement sain.

Dans la soirée de ce même jour, je me rends à bord du petit vapeur de rivière qui doit partir le lendemain de grand matin. Il est chargé à couler. Le pont est encombré de marchandises, et il me faut escalader des montagnes de ballots pour arriver à l’unique cabine destinée aux passagers de première classe. Pour me faire place, on déloge quatre Chinois qui s’y étaient installés sans façon avec leurs bagages. Je m’étends sur une banquette et j’essaye de dormir, malgré le grincement des poulies et les discussions interminables des mariniers.

Au milieu de la nuit, un Chinois vient prendre place en face de moi, sur l’autre banquette. Nous partons au point du jour; je n’ai guère dormi, mais je me lève aussitôt, ne voulant rien perdre du paysage. Les vêtements de soie que porte mon compagnon de cabine, indiquent qu’il occupe un rang élevé parmi ses compatriotes. En le regardant de plus près, je m’aperçois qu’il conserve en dormant les yeux à demi ouverts. Sa pâleur et sa maigreur sont effrayantes;

un instant, je crois me trouver en présence d’un cadavre; mais non, il respire : le cadavre n’est qu’un fumeur d’opium.

J essaye de faire un tour sur le pont; impossible : l’encombrement est tel que je suis réduit à m’installer au sommet d’une pilfe de colis divers, où, du reste, je suis fort bien pour ne rien perdre du panorama qui se déroule sous mes yeux. Autour de moi, tout est chinois : capitaine, mécaniciens, passagers. Le timonier et un mousse, seuls, sont Annamites. Je suis l’unique Européen à bord.

Une heure après avoir quitté le mouillage, nous rangeons de près une chaîne de montagnes aux crêtes dentelées. Des rochers de marbre surplombent le fleuve, dont le courant est très rapide et qui n’a guère que deux ou trois cents mètres de large en cet endroit, tandis qu’en face de Haïphong il en avait au moins cinq cents.

Au delà de ce défilé, on retrouve un pays plat, inondé à marée haute. Des rizières à demi submergées laissent apercevoir un sol d’alluvion, sans une seule pierre; sous les bois de bambous, de bananiers et de palmiers se cachent de populeux villages. On voit beaucoup de monde travaillant dans la campagne : c’est l’époque de la récolte des cannes à sucre; des enfants sont montés sur de grands buffles noirs à l’aspect sauvage; des paysans, vêtus de baillons autrefois blancs, poussent la charrue dans ces champs. Malgré la température relativement fraîche (le thermomètre marque à peine 20 degrés), beaucoup d’hommes sont à peu près nus; les femmes sont toujours plus vêtues.

Sur le fleuve, le tableau n’est pas moins animé. La navigation est active; nous rencontrons souvent de lourdes jonques, des barques longues et étroites, de petits canots très légers, enVotin tressé. De distance en distance, des agglomérations de paillotes élevées sur pilotis s’alignent le long du rivage, formant de petits ports où sont amarrées des

Village tonkinois.

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embarcations de toute sorte. Dans ce pays dépourvu de routes, tout le commerce se fait par eau ; de nombreux arroyos 1 viennent aboutir au bras principal, que nous remontons.

Vers midi, nous le quittons pour entrer dans un canal sinueux qui porte le nom de Song-chi ou de Bac-ninh. Partout la vue est récréée par une campagne verdoyante, où le bambou domine comme végétation arborescente; au loin, vers le nord, une chaîne de montagnes bleuâtres borne l’horizon.

A trois heures, on débouche dans le fleuve Rouge, large d’au moins un kilomètre et dont les eaux profondes et jaunâtres s’écoulent avec rapidité dans la direction du sud. Nous descendons le courant tout en nous rapprochant de la rive droite. De petits jardins, des chaumières de plus en plus pressées, d’innombrables barques abritées sous les bambous du rivage, indiquent les approches de la capitale. Un peu plus loin, derrière une digue élevée contre les inondations, on distingue une agglomération considérable de maisons mieux construites, en briques et en pierres pour la plupart. Bientôt on s’arrête devant une petite place, à l’issue d’une rue populeuse : nous sommes à Hanoï, en face des bâtiments de la douane.

On sait que, depuis les derniers traités, une douane franco-annamite, placée directement sous le contrôle français, fonctionne régulièrement dans les deux ports du Tonkin où sont établis nos consulats. En débarquant, je me rends aux bureaux de l’administration; je suis accueilli par le personnel français avec la plus franche cordialité. Un de ces messieurs se met immédiatement à ma disposition pour me conduire à la concession française, à l’autre extrémité de la ville. .

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