‹ Un touriste dans l'extrême OrientChapitre 4 sur 41 · On peuü l’écrire ainsi : do% ré, do; — do, ré , do, etc · texte numérisé non relu

On peuü l’écrire ainsi : do% ré, do; — do, ré , do, etc

gens et meme d’enfants se sont précipités à la mer; ils poussent des cris de joie et luttent entre eux, les uns cherchant à préserver leurs esquifs, les autres à incendier ceux de leurs voisins. Les étincelles, les débris des lanternes enflammées, pleuvent sur leur corps nu; ils en sont quittes i pour plonger à l'instant et reparaître un peu plus loin, haletants et frénétiques. Dans ces joutes aquatiques, leurs têtes émergent à la surface, éclairées par les lueurs rougeâtres de l’incendie. A ce moment, le spectacle est indescriptible : un peuple immense, excité par cette lutte entre i’eau et le feu, pousse des acclamations formidables, tandis que la musique continue à faire rage et que, de toutes parts, on voit arriver de nouvelles processions, signalées par de bruyants feux d’artifice et une recrudescence de lumières.

Vers deux heures du matin, la fête paraissait à son apogée; elle durera ainsi jusqu’au jour. Par égard pour M. Petersen qui, blasé depuis lontemps sur de pareilles scènes, n’est venu ici que pour moi, et aspire sans nul doute au repos, je donne le signal de la retraite. Nous regagnonc lentement le quartier européen , non sans rencontrer plusieurs fois, sur notre passage, de nouveaux bateaux portés processionnellement au lieu du sacrifice : le cortège est précédé par des enfants chantant en chœur, et portant des lanternes dont la lumière est tamisée par un long voile de mousseline. Tous ces petits chefs-d’œuvre de patience seront, dans quelques instants, détruits par l’eau et le feu.

Quelle soirée fantastique! Quelle belle nuit!

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