II
18 UN TOURLODROU.
gémir en donnant de leinps à autce un gros coup de poing sur la tal)le, car lorsqu'on est en colère , il semble que l'on se soulage en se faisant du mal.
II y a assez longtemps que l'aubergiste est seul, lorsqu'on ouvre la porte d'entrée. C'est Ga.sp:ird qui, après avoir fait la concluile à Pierre, est revenu tristement au village, et, suivant son habitude, s'ari^ête au Tourne-Bride.
Gobinard ne se dérange pas , il a reconnu Gaspard; il se contente de taper encore avec son poing, en murmurant: « Quel » malheur !... »
Gaspard s'approche alors de l'aubergiste, et, poussant un gros soupir, répète avec lui « Oh! oui, c'en est un malheur!.,, qui » aurait pensé ca ?
i> — Personne! » s'écrie Gobinard , « per- » sonne n'aurait pu deviner cela!... on ne » peut pas s'attendre a de tels événemenis ! » — C'est ben vrai !.... mais dame !.... » dans la vie... il arrive des choses qu'on ■ ne prévoyait guère !...
tI5 TOURLOCROU. M
» — Quant à moi, je déclare que c'est » une tuile qui vient de me tomber sur la » tête!... j'en suis encore tout abasourdi! » — Bah ! t'as pris la chose à cœur donc... » eh ben, à la bonne heure... j'aime mieux « ca... et au fait... ce pauvre garçon, tu » dois l'aimer, tu l'as vu si jeune...
» — L'aimer! après ce qu'il a fait!... le » petit misérable... s'il n'a pas rattrapé la » calèche, je le chasse... c'est décidé !...
» — Tu le chasses... la calèche... de qui » diable parles-tu donc? — Eh! morbleu! p de Petit- Jean , qui a mis de la mélasse » dans mes filets de soles !...
» — Des filets de soles !... » dit Gaspard en allant s'asseoir dans un coin, a et c'est » pour cela que tu te désespères!.... — Il » me semble qu'il y a de quoi!... — Moi, » je croyais que tu pensais à Pierre... à ce » pauvre garçon qui vient de partir, qui • s'est fait soldat !... parce que ta mamselle » Marie n'a pas voulu l'épouser... je croyais » que c'était pus intéressant que tes friï cassées...
20 vm TOTJRLornou,
» — Mes fricassées font ma gloire, à moi... » tu ne comprends pas cela , toi, Gaspard; » tu ne sais pas qu'avec une sauce... un ra- » goiit nouveau on peut aller à la posté- » rite !... — Et quoi que t'y feras à la posté- » rite!,... des tourtes?... — Taisez-vous, » Gaspard, ou je vais vous dire comme le » professeur Martineau, vous êtes un siu- • pi'dus !.... Certainement j'aimais Pierre.... » c'est un bon garçon... mais puisqu'il a » voulu se faire soldat... que puis-je à cela ?.. » Pourtant j'avoue que cela m'étonne qu'il » ait été rebuté par Marie... je croyais que » ces jeunes gens s'aimaient... et je ne me » serais pas opposé à leur bonheur. — » Pardi ! je crois ben ! Pierre était un assez » bon parti pour jMaiie ! — Et elle l'a re- » fusé... c'est singulier... de la mélasse... au » lieu de réduit!... cela ne pouvait jamais » aller!.... ce pauvre Pierre!.... oui, c'était » un fort bon garçon... mais s'il n'a pas ra- » trappe la calèche, je l'assomme de coups.. » je l'éreinte... je le dévisage!... et tu dis « qu'il s'est fait soldat... on peut parvenir..
Vy TOTJRLOCROU. 21
• mais se tromper de pot ! c'est impar- » donnable !
» — Vieille l^ourrique!... » murmure
Gaspard en haussant les épaules, « cela € n'a d'amitié que pour ses casseroles! »
En ce moment on ouvre encore la porte de la route 5 l'aubergiste lève vivement la tête, espérant voir revenir Petit-Jean ; mais, au lieu du petit marmiton , c'est le maître d'écriture 3Iartineau qui entre dans la salle.
Gobinard lui tend la main , en poussant un profond gémissement.
« Qu'y a-l-il?... que vous est-il arrivé? • demande le professeur, en secouant la main qu'on lui présente. « Jérusalem est-elle dé- » truite?... le feu du ciel est-il tombé sur » vos fourneaux?... je vois dans vos regards » l'abomination de la désolation !
» — C'est vrai qu il est laid à faire peur » quand il se désole !» dit Gaspard à demivoix.
« — Ce qui m'est arrivé, monsieur ^larti- » neau... une société superbe de Paris... » Madame de Stainville!... des comtes! une
» voiture!... de ces gens qui prennent du » plus cher, et paient sans compter...
» — Je n'entrevois pas encore ce qu'il y » a de désolant dans tout cela...
» — Ah ! mon cher Martineau , je suis un » misérable ' ... un gargotier !... je les ai tous « empoisonnés 1
» — Empoisonnés!... » s'écrie le professeur en faisant un saut en arrière. « Ah! » mon Dieu!... et je gage que c'est avec des » champignons... vous aurez accommodé la «fausse oronge, l'as^aric vénéneux!... Je » vous avais prévenu que vous aviez trop de » confiance dans votre savoir.
B — Eh! non!... ce n'est pas cela... c'est » avec de la mélasse que ce drôle de Petit- » Jean a glissée dans un plat qui devait être » exquis, délicieux... des filets de soles à la » chevalière !...
» De la mélasse!... ce n'est pas mortel... " beaucoup de personnes en font usage en » guise de sucre... Étant enfant , j'en ache- » tais souvent des cornets que je suçottais » en étudiant mon rudiment... mais avec des
UN TOTTRI.OUROC. 23
i> filets de soles... cela s'harmonise peu... le » Cuisinier Boyal n'emploie jamais de mé- » lasse... Après tout, ce n'est qu'une erreur... » errare humanum est !
» — Si vous aviez été ici, monsieur Mar- » tineau , tout cela ne serait pas arrivé... y aidé de vos conseils, je n'aurais pas quitté » mes fourneaux; mais je vous ai en vain » cherché, fait demander...
» — Je donnais une leçon de cursive à >' un jeune menuisier qui aura une fort belle » main... et je venais pour en donner une » autre à mon élève Petit-Jean.
» — Votre élève Petit-Jean recevra tout •» à l'heure une leçon avec le bout de mes » souliers, s'il n'a pas rattrapé la calèche.
» — La colère n'est bonne à rien, mon » cher Gobinard , et elle nous descend au » niveau des bête féroces... Il faut savoir » comprimere iras... rai très chaud, je pren- » drais volontiers un verre de vin... »
L'aubergiste se lève, va chercher du vin et pose une bouteille devant le professeur, puis se rasseoit d'un air aussi triste; alors
24 UN XOURLOIJROD.
Gaspard se lève à son loiir, prend un verre sur une table, et allant près de Martineau, s'empare de la bouteille, se verse à pleins bords ^ boit d'un trait, et va reprendre sa place.
Le professeur a ouvert de grands yeux, et regardé faire Gaspard. Puis il s'écrie : « » 11 paraît que la bouteille est pour nous » deux!... »
S empressant à son tour de se verser , il présente ensuite un verre à l'aubergiste, en lui disant :
« — Croyez-moi, faites comme nous!..
» honuni vùium Icetificat. »
Mais l'aubergiste secoue la tête et murmure : « 11 faut que je sache d'abord si mon » polisson a rattrapé la voiture! »
Le professeur voyant que ses instances sont inutiles, se décide à boire seul; ensuite, comme Gobinard et Gaspard sont retombés dans un profond silence, M. Martineau tire de sa poche un paquet de plumes et un canif, et pour utiliser son temps , se met à tailler des plumes en se disant à lui-même : t Une...
UN TOUllLOCROU. 28
T» deux sur le ventre... Crac !... sur le clos... » Cric!... ça y est »
Il y a fort longtemps que le professeur taille ses plumes, qu'il essaie ensuite sur du papier, après avoir tiré d'une autre poche une petite écritoire portative, car un maître (l'écriture a toujours sur lui ce qu'il faut pour professer. Les deux voisins gardent le même silence , Gaspard ne se dérange que pour venir à la bouteille, se verser et boiie; alors le professeur s'empresse toujours de l'imiter. Mais après une troisième visite du paysan, la bouteille s'est trouvée vide, et M. Martineau dit entre ses dents : « Ce rustre » a été beaucoup plus vite que moi!... »
Tout-à-coup maître Gobinard , sortant de ses réflexions, relève la tête, se frappe Je front et le ventre , regarde M. Martineau, et se met à rire en disant :
« Ehl eh! ce serait une fort bonne af- » faire ! »
Le maître d'écriture regarde l'aubergiste d'un air inquiet, en se disant : « Est-ce que » la mélasse lui fait perdre la tête?
ir, 3
» — Mon cher monsieur 3Iartineau , » reprend l'aubergiste, « il vient de me pousser " une idée...
j> — Cela n'est pas impossible... Quelle » est-elle ?
» — D'abord, savez-vous que Pierre , le » neveu du meunier , s'est engagé comme » soldat, et a quitté le village ce malin?
» — Je l ai appris dans mes courses , et j'en r ai été affligé; ce jeune homme avait de « grandes dispositions, et possédait déjà une » fort belle main.... Mais dans une caserne, » il va oublier tout cela.... à moins que son » major n'ait l'esprit de l'employer aux écri- » tures....
» — Il n'est pas question de la main de » Pierre, écoutez-moi, monsieur Martineau. » J'avais toujours pensé que ce garçon ai- » niait Marie.... ma fille adoptive... Comme » Pierre est un bel homme, je pensais aussi » que Marie ne le voyait pas d'un mauvais » œil.... Enfin , je croyais que la chose se B terminerait par leur mariage...
» — Comme la vigne avec l'ormeau : Pites » iilinis adjimgere !
tJN TOURLOUROU. 27
» — Pas du tout!... 11 paraît que Marie » n'aimait pas Pierre, que le jeune homme » s'en est fâche, et que c'est pour cela qu'il » a pris le mousquet. Si bien donc que ma » jolie Marie est libre... et que... Eh ! eh !... » je pense que je pourrions... Eh eh !...
» — Vous marier tous deux ensemble....
« Je vous saisis !...
» — Non!., ce n'est pas ça du tout !... jNIoi , » épouser celle dont je me regarde comme » le père! fi donc !.., Et d'ailleurs, avant de » mourir, ma femme me l'a bien défendu... • Non. .j'ai une autre idée.. Mon cher mon- » sieur Martineau , vous êtes garçon... vous » avez cinquanteans... mais vous n'en parais- » sez guère que quarante-neuf... Si vous vou- » lez, je vous donne ma petite Marie, alors » nous demeurerons ensemble, alors, lorsqu'il » m'arrivera de belles sociétés, vous serez. 0 là... et je vous consulterai comme le Cni- » si/lier Royal que vous savez par cœur; alors » tout marchera bien ici, et il n'y arrivera
» plus d'accidents comme aujourd'hui
» Voilà ma proposition , qu'en pensez- » vous?.... »
28 tJN TOURLOUROU.
Le maître d'écriture pose à plusieurs reprises sa main sur son front. Il parait réfle'chir profondément; mais bientôt prenant un air digne , il répond ;
• — Maître Gobinard , votre proposition » ne me convient pas du tout. Vous m'offrez » votre petite IMarie pour femme... Mais, » mon cher monsieur, qu'est-ce que c'est
• que votre petite Marie ?... je n'en sais rien » ni vous non plus... Un enfant abandonné » par sa mère... Une mère inconnue... que e l'on n'a jamais revue... quelque drôlesse » qui est peut-être maintenant dans un hô- » pital !... Et vous voulez que moi, Marii- » neau , je m'allie à... je ne sais quoi?...
» — Je ne sais quoi!.... je ne sais quoi! » Et après tout, est-ce que vous êtes un » pacha,., un millionnaire, vous?... Parce s que vous donnez des leçons d'écriture à » six sous le cachet, faut-il faire tant d'em- » barras?
p — Maître Gobinard , je sais ce que je » suis... Ma naissance est claire comme deux
• et deux font quatre. Ma famille était ho-
Vy TOURLOUROU. 29
» norable. J'ai eu un oncle professeur de » rhétorique, et un cousin proviseur dans » un lycée... Sans un concours de circon- » stances malheureuses, j'aurais occupé moi- » même quelque poste éminent... mais je n'y » renonce pas... Je dois un jour être distin- » gué.... ca ne peut pas me manquer, et je » n'épouserai qu'une femme de mon rang... « que je pourrai présenter dans le monde.
» — Et moi je dis que ma petite Marie » était un cadeau pour un maître d'école.
» — Maître d'école!.,, je ne le suis plus, «monsieur; d'ailleurs, c'est maître-ès-arts » qu'il faut dire... Gardez votre cadeau, je » n'en veux pas!...
» — Eh, mon Dieu !... ne vous échauf- » fez pas tant! » dit Gaspard en allant se mettre entre les deux hommes, dont les yeux devenaient très-hrillants.
» — Vous prenez là une peine ben inu- » tile!... Vous, pèreMartineau, qui refusez » Marie, est-ce que vous croyez vraiment » qu'elle aurait voulu vous épouser?... qu'a- » près avoir refusé un joli garçon comme II. ' 3.
30 UN XOCUt-UUROU.
» Pierre, elle aurait accepté un vieux can- » taloup de vot' espèce!^... I faut que Gobi- » nard ait encore ses soles dans la tète pour » vous avoir proposé ça...
— C'est juste, » dit l'aubergiste, Gas- « pard a raison; 3Iarie n'aurait jamais con- » senti à épouser le maître d'école.
— Et moi je vous répète que je ne » voudrais pas d'elle, » reprend Martineau, « parce que je tiens avant tout à la » naissance... a la considération. »
La dispute allait s'échauffer de nouveau , lorsqu'on entend gratter à la porte. 11 était nuit depuis quelque temps, et l'aubergiste crie :
« Qui est-ce qui est là? Entrez... Tour- » nez le bouton. »
On n'entre pas, mais le bruit continue ; Gaspard , qui est le plus près de la porte, va l'ouvrir; il aperçoit Petit- Jean blotti contre la porte de l'auberge. Le pauvre marmiton n'osait pas entrer; il était d'ailleurs dans un état pitoyable : couvert dune crotte épaisse et noire depuis les pieds jusqu'à la
UN TOCRLOUKOU. 81
tête, il répandait une odeur nauséaboiide. a — C'est le marmiton ! » dit Gaspard. « — Petit- Jean! » dit l'aubergiste, eh » bien! pourquoi n'entre-t-il pas!'... Entre » donc, drôle... viens me dire si tu as bien « rempli ta commission. »
L'enfant se décide à entrer dans la salle. A l'aspect du petit bonhomme, dont le costume blanc était devenu noir, et dont la figure semblait cachée par un masque d'arlequin, Gaspard et le maître d'écriture ne peuvent garder leur sérieux; maître Gobinard lui-même sent s'évanouir sa colère : cependant, il dit d'un ton sévère :
« — D'où viens-tu, polisson?... c'est- » àdire d'où sors-tu pour être dans cet » état?... Allons , parle.
» — Je viens d'ousque vous m'avez en-
» voyé, n'ot' maître jetais sorti en
» courant pour rattraper la calèche... elle » avait beaucoup d'avance sur moi; mais, » comme je cours bt^n , je l'aurais peut-être » rattrapée... même je la voyais déjà àl'eno droit où la route tourne... vous savez,
S3 T7N TOUKLOUnOU.
» contre la grosse borne... où il y a des » noyers...
• — Mais achève donc, imbécile. — Te » criais de toutes mes forces : C'était de la » mélasse!... cocher! arrêtez... je me suis » trompé de pot! Mais, bah! la voiture » allait toujours... Moi, qui la regardais en « courant, ca fait que je ne regardais pas à » mes pieds... Y'ià que tout d'un coup je me » senspiquoter la jambe... j'étais au milieu
• d'un tas de canards et d'oies qui se pro-
• menaient sur la rout*'... 11 paraît qu'en » courant j'avais écrasé deux ou trois petits » canards... V'ià un paysan qui me poursuit » avec un bâton, en me disant que j'allais » lui payer ses canards.... Je cours pus » fort... il allait m'atteindre; je me jette » dans un côté de la route... Oh! alors je » ne peux pas courir du tout... j' m'étais
• enfoncé dans un bourbier devant l'étable » à Mathieu... j'en avais jusqu'au menton , » et, en voidant me retirer de là, j'enfun- » çais toujours... Si on ne m'avait pas » tendu une perche, j'y serais encore... et
v^ xouRLounoc. sa
» puis, quand je suis sorti de là, l'autre ■ m'a bâtonné à cause des canards... V'ià » comme j'ai fait ma commission!... net' » maître! »
» — C'est gentil ! » dit l'aubergiste, tu » as fait de jolies choses aujourd'lmi; misé- » rable , tu mériterais...
» — N'allez-vous pas encore gronder » c't'enfant ? » dit Gaspard; « il me semble » qu'il a reçu son compte et qu'en v'ià ben » assez pour un méchant plat de poisson !
» — En effet, » dit le professeur, « si » Petit- Jean a mal fait, il a été puni... Je » vous conseille de l'envoyer se laver , et » bien vite... car il est tombé dans des » choses... équivoques... moi, monsieur ï Gobinard , je me charge d'aller demain » jusqu'à la demeure de madame de Stain- » ville; j'apprends, à écrire à son jardinier... » il veut être en état de mettre des étiquetr tes sur ses oignons de tulipes. Alors je » tâcherai de voir la maîtresse de la mai- » son , et je lui dirai combien vous êtes » innocent de la faute commise à votre » cuisine. »
L'auberaiste est tellement louché de la proposition du professeur, qu'il tire son mouchoir et le passe sur ses yeux en répondant : « Monsieur Martineau... « une » telle preuve d'amitié... vous auriez la com- » plaisance... Petit-Jean , je te pardonne !... » Va te laver... va-s-y tout de suite. Mon- » sieur Marùneau , votre main... qu'il n'y » ait plus l'ombre d'un ressentiment entre » nous. — Tout est oublié, monsieur Go- « binard.
» — Alors , » dit Gaspard, « i'faut boire » une bonne bouteille là-dessus pour sécher » tout ça!
B — C'est trop juste, « dit l'aubergiste, » et je vais vous donner du vieux. »
La bouteille est apportée et vidée en deux tournées; on en cherche une seconde, qui est traitée aussi lestement; puis enfin une troisième , tant on a à cœur de prouver que l'on est réconcilié. Alors M. Martineau et l'aubergiste se donnent de nouveau une poignée de main et se quittent très-bons amis.
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Gaspard retourne à sa maisonnette, et 'e professeur, dont les jambes sont un peu chancelantes par suite des fréquentes rasades qu^il vient de boiie, reprend le chemin de son hameau en se disant : « Le vin de
» maître Gobinard est fort bon mais
" épouser sa fdle adoptive.. une femme qui » n'a pas de nom.... c'est impossible.... je » dois gartiei' mon rang.... ma position so- » ciale... Quelque jour on saura qu'il y a >' un homme de mérite , un savant ^ à Chan- » temerle... village habité jadis par Boileau..
O Lamoisnon ! je fuis les chagrins de la -ville...
>' une,., deux... crac .. Tenez votre plume » avec trois doigts...
Et contre eux la compagne est mon nnique... chose...
» C'est singulier, ma mémoire s'embrouille » un peu ! »
Heureusement pour le professeur que du Tourne -Bride à sa demeure il n'y avait ni ornières ni voitures dans le chemin.
35 us Tori^xocRou,