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CHAPITRE V

Nouvelle position. — Nouvelles séductions.

Marie est arrivée chez madame de Stainville 5 la soirée étant déjà avancée, on ne s'occupe que de la loger convenablement , et ce n'est que le lendemain qu'elle changera de toilette. jMarie voudrait déjà être à ce moment, car pour une jeune fille, le plus grand avantage de la fortune est de pouvoir porter de belles robes.

Madame de Stainville fait disposer une jolie chambre pour sa nouvelle locataire^ et elle choisit cette pièce tout contre son appartement, en femme qui a de l'expérience; elle sent qu'une jeune et charmante fille ne doit pas occuper un appartement

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isolé, surtout dans une maison habitée souvent par des hommes. Madame de Stainville veillera sur Marie, d'abord parce qu'elle veut la présenter pure à la duchesse de Valousky, ensuite parce qu'elle ne se soucie pas qu'elle lui enlève ses conquêtes.

Marie est donc installée dans une jolie chambre, où une dame du monde ne trouverait que le nécessaire, mais qui semble à la jeune fille un palais somptueux. Son changement de situation a été si vif, si prompt , qu'en se déshabillant , pour se mettre dans un lit moelleux , entouré de mousseline et de soie, Marie s'écrie : « Ah! » si c'est un rêve que je fais , puissé-je ne » jamais me réveiller!... »

Mais au réveil , la nouvelle fortune est restée, et Marie aperçoit sur une causeuse, devant son lit , plusieurs robes et tout ce qu'il faut pour sa toilette. La veille au soir, madame de Stainville avait choisi dans sa garde-robe ce qu'elle pourrait donner à Marie, avant qu'une couturière s'occupât d'elle.

La taille de cette dame était à peu près la

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même que celle de la jeune fille ; d'ailleurs , sa femme de chambre, fort intelligente, pouvait corriger ce qui n'allait pas.

En voyant les robes qui lui sont destinées, Marie pousse un cri de joie; elle saute dans son lit , puis de son lit saute dans la chambre, va tout examiner, et se met à danser en chemise avec les robes sur ses bras, en s'écriant : « Ah! que c'est joli! » Ah ! que je vais être belle avec cela!... » Ah ' que je suis contente !... »

Tout à coup elle entend du bruit dans l'escalier. Honteuse de ce qu'elle vient de faire et craignant d'avoir été vue dansant en chemise dans la chambre , Marie rejette les robes sur un meuble et court se refourler dans son lit, en faisant monter la couverture jusque sur son nez.

On ouvre doucement la porte. C'est la femme de chambre qui se présente , en disant à demi-voix : « Mademoiselle est-elle » éveillée ?... veut-elle que je l'habille ? »

Marie sort son nez de dessous sa couverture et répond ;

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