‹ Un tourlourouChapitre 47 sur 55 · IV. Il · texte numérisé non relu

IV. Il

122 ITN TODRLOUROU.

Marie baisse la tête et ne prononce pas un mot,

« — Allons^ allons, ma chère amie, » reprend la duchesse d'un ton railleur, « avouez » que vous n'avez pas été heureuse dans vos » conjectures... Je crois que le parti le plus » sage est de rire de tout ceci. Quant à ma- « demoiselle, j'en suis bien fâchée, mais il » faudra qu'elle ait la bonté de se chercher » une autre mère, et pour moi , je ne suis » plus inquiète que d'une chose, c'est de sa- »voir si mon domestique va me rapporter » mon véritable enfant... J'ai dit chez moi » qu'on me l'envoie ici dès qu'il sera de re- » tour... Ah! si mes mémoires étaient per - » dus, je ne m'en consolerais pas.

» — Un domestique et un paysan deman- » dent madame la duchesse de Valousky .î* » dit un valet en paraissant à l'entrée du salon.

a — Ah! c'est ce que j'attends ! » s'écrie la duchesse. « Laissezentrer... vouspermettez, » n'est-ce pas, madame de Stainville.^* »

Madame de Stainville est tellement abasourdie du quiproquo qu'elle a commis,

qu'elle ne trouve plus la force de répondre. IMais déjà le domestique de la duchesse entre dans le salon, suivi d'un paysan que la compagnie connaît fort bien : c'est Gaspard.

« — Excusez, mesdames et la société, » dit le paysan sans ôter son chapeau , « j'ai pas » euletempsde mettre mon habit des diman- » ches , mais ce grand galonné m'a dit que » c'était pressé, et je suis venu en petite » tenue. »

La petite tenue de Gaspard consistait en une blouse fort sale , un pantalon tout crotté et un chapeau défoncé ;mais en ce moment, on s'occupe moins de sa toilette que de sa personne.

Le valet de la duchesse dit à sa maîtresse : « Madame , je me suis présenté à l'auberge » du Tourne-Bride, j'y ai réclamé ce que » vous y aviez laissé il y a dix-huit ans. Le » maître de la maison m'a dit que c'était i> une jeune fille, et qu'on devait vous la » remettre ici.

» — Fort bien ! » s'écrie madame de Valousky, « la plaisanterie se répand... je

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» vous en remeicie, madame de StainviHe. » Madame de Stainville baisse le nez, et semble anéantie. Le valet reprend :

« — J'ai dit à l'auberi^iste qu'il faisaU » erreur; qu'il ne s'agissait pas d'une jeune » fille, mais d'un manuscrit que madame » avait confié à sa femme. L'aubergiste avait » l'air de croire que je me trompais, lorsque » ce pavsan qui se trouvait là s'est écrié : » Je sais ce que c'est... un paquet ile pa-

• piers ! . . . ÎMadame Gobinard ne l'a pas » voulu confier à son mari qu'elle savait » trop curieux, mais elle me l'a remis à » moi , parce que je ne sais pas lire, et » qu'elle était bien sûre que je ne regarde- » rais pas ce qu'il contient...

» — Eb pardié oui.... v'ià la chose! » dit à son tour Gaspard , « et feu madame

• Gobinard n'était pas une femme bète... » et la preuve qu'elle ma confié ce manus- » crit, c'est que le vlà... tel qu'on me l'a » donné... et que madame peut être ben » sûre que je n'ai jamais mis le nez de- » dans!... »

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En disant ces mots , Gaspard tire de dessous sa blouse un manuscrit assez volumineux, dont madame de Valousky s'empare aussitôt, en s'écriant:

« •— C'est lui... c'est mon volume... ce » sont mes mémoires!... Ah! cher enfant » de mes loisirs.... que je suis heureuse de » te retrouver!... Tenez, mon ami , prenez » cette bourse, je ne saurais trop récompen- » ser votre fidélité.

» — C'est pas de refus! » dit Gaspard en prenant la bourse , « c'est pour boire à » vot'santé , et à celle de toute la compagnie. » — Gomment , méchant rustre ! vous sa- » viez que c'était un manuscrit que madame » la duchesse avait laissé au Tourne-Cride , » dit madame deStainville avec colère... « et » vous nous avez laissé croire qu'il s'agis- » sait d'un enfant !

» — Ah ! ma fine ! écoutez donc !... vous » disiez tous: C'est un enfant !.... c'est Ma-

» rie! c'est sa tille qu'elle a laissée à Vé-

» iheuil... moi, j'ai pas voulu vous démen- » tir. Et puis, après tout, madame pouvait

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