‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 105 sur 158 · A PRINCE-RUPERT · texte numérisé non relu

A PRINCE-RUPERT

Prince-Rupert ! Il y a longtemps que je 'désirais voir cette ville, et surtout ce hâvre dont il avait été si souvent question à la Chambre depuis vingt ans.

Ville magnifique qui renferme plusieurs maisons de commerce de grande importance, se rapportant à l’exploitation des mines de ce district. Prince-Rupert est le centre d’affaires et de commerce entre le nord de la Colombie-Anglaise et le Japon.

Mon ambition était de connaître ce terminus du chemin de fer 'I ranscontinental, de visiter les élévateurs à grain, les accommodations et la splendeur de ce hâvre dont j ’avais si souvent parlé et entendu parler.

Mon fils nous conduisit à un magnifique hôtel, et nous devions passer une couple de jours ensemble bien tranquilles et tout à la joie. Mais, nous étions à peine installés, que je compris aussitôt que ma visite serait intéressante à plus d’un point de vue.

Mon fils nous apprit qu’il était arrivé de bonne heure le matin par le bateau de Vancouver et que nous repartirions le lendemain soir à minuit, ce qui nous donnait deux jours presque, à Prince-Rupert, et nous permettait de faire connaissance avec la ville, le hâvre et toute cette intéressante région. Mais ce n’était pas tout. Il nous apprit aussi qu’il était venu en compagnie de l’hon. Dr King, Ministre des Travaux Publics, et «de son secrétaire particulier. Il me dit qu’ils étaient venus voir les travaux en opération, que le lendemain un banquet serait donné en l’honneur «du Ministre et que le vaillant député de cette division, M. Fred Storke, serait présent et qu 'ensuite il y aurait une assemblée libérale à un tel endroit qu’il nomma. Tout s’annonçait pour être très agréable, et certainement tout fut plus qu’agréable.

Presqu 'aussitôt, le président du comité me fit parvenir une invitation pour le banquet.

Dans la soirée, l’honorable Ministre des Travaux Publics et M. ■Stork, vinrent nous serrer la main et nous souhaiter un agréable séjour dans cette belle région.

Le reste de l’après-midi fut agréablement occupé. Des hauteurs qui bordent ce hâvre sur toute son étendue, nous sommes descendus visiter le terminus «du chemin de fer, ses grandes boutiques, l’élévateur à grain et les bateaux de gros tonnages qui occupaient le quai public. La profondeur d’eau dans ce hâvre est immense. Cette promenade nous intéressa au plus haut point. La matinée se passa rapidement en visites aux principaux citoyens de la ville.

A 1 heure de l’après-midi eut lieu le dîner offert à l’honorable Ministre des Travaux Publics. Au-delà de cent convives y prirent part. Ce banquet avait pour but de prouver à l’hon. Dr King la reconnaissance et la satisfaction des gens pour l’attention qu’il avait donnée aux intérêts de cette partie de la grande province de la Colombie-Anglaise.

Plusieurs discours intéressants furent prononcés et le Ministre des Travaux Publics, après avoir exprimé sa reconnaissance pour leur générosité, leur promit de continuer à surveiller le développement nécessaire de ce hâvre, de ce terminus destiné à devenir un des centres d’expédition les plus considérables du Canada.

Immédiatement après le 'dîner, nous nous sommes rendus à la salle du comité libéral où un grand nombre d’électeurs nous rejoignaient.

Les délibérations furent sérieuses et bien importantes. Mqis l’ouvrage terminé, à mon grand étonnement, je fus appelé à adresser la parole à l’assemblée.

Ayant été épargné, au banquet, d’une telle tâche, je me réjouissais intérieurement. Mais, il me fallut parler à ces braves Canadiens, Anglais, Français, Belges et autres qui donnent toute leur énergie au développement des immenses ressources de la terre et de la mer et du commerce international entre le Canada et les autres nations de l’Orient.

Après avoir fait l’éloge 'de leur travail, depuis l’ouverture de ce chemin de fer, du choix de ce hâvre admirable, de leurs succès malgré toutes les difficultés qu’ils avaient rencontrées, je leur prédis une ère de prospérité et de bonheur qui se prolongerait non seulement pendant le cours de leur vie mais qui augmenterait même pour les générations à venir. Je leur dis combien j’étais heureux de pouvoir enfin contempler ce beau hâvre, choix de Sir AVilfrid Laurier et des génies du commerce, comme le regretté M. Hayes, doués d’une clairvoyance supérieure.

“Je me sens toujours heureux, leur dis-je, lorsque je contemple nos ports de mer de l’Atlantique et du Pacifique, les récipients de nos immenses productions pour les nations éloignées, avec lesquelles un esprit de fraternité sera bientôt formé pour le bonheur de tous”.

Ce fut un plaisir pour moi de leur dire que je considérais comme un privilège d’avoir été à même d’apprécier le talent et l’énergie de leur digne représentant qui dès son arrivée en Chambre avait commandé le respect et la sympathie de ses collègues. “Il a prouvé, dis- je, qu’il était un fameux “stork” tel que Sir AVilfrid Laurier leur avait prédit à sa visite dans cette ville, il y a quelques années.”

Après l’assemblée, nous sommes allés visiter les principaux établissements de pêche où nous avons un réfrigérateur d’une capacité de trois millions de livres, avec des flétans d’au-delà de 300 livres.

Pendant tout ce temps-là, ma femme jouissait d’une belle excursion dans ce beau hâvre, sur un bateau à moteur, en compagnie de Mme J. H. King, de Mme Fred Stork, sa fille et quelques autres dames de la ville. Elle se déclara mieux partagée que moi, car cette promenade avait été des plus charmantes.

Durant la soirée, M. Stork, sa femme et sa fille eurent la complaisance de nous faire visiter dans leur automobile toutes les autres parties de la ville, de sorte que nous avons tout visité en attend'”' l’heure du départ en bateau pour Vancouver.

L’hon. Sénateur Thomas-J. Bourque, M.D.

Nouveau-Brunswick

“Comme nous devenons d’heureux mortels, ici,” me tdit ma femme.

Enfin, nous voilà en route pour Vancouver sur un des bateaux les plus confortables du jour. Ce n’est que le lendemain matin que nous devions jouir du panorama magnifique qui se déroule constamment entre ces deux grands ports de mer.

Pendant deux jours, nous voyageons pour ainsi dire dans un chenal étroit, entre des montagnes, le terminus des Montagnes Rocheuses sur le continent, et 'des îles multiples de l’autre côté.

Le samedi soir, nous arrivons à Vancouver. Autres spectacles agréables. Les quatre enfants de Gray sont venus à notre rencontre, accompagnés de Mlle Robinson, secrétaire de leur père, au bureau-chef du parti libéral.

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