DE RETOUR A BATHURST
Bien 'des choses remises depuis longtemps m’attendaient. Pendant mon absence, M. Robichaud, mon successeur aux Communes, avait hâte autant que possible les réparations aux vieux quais dans le comte, et il donnait complété satisfaction a tous nos pêcheurs Tout marchait bien.
L’été précédent, j’avais eu tous les rapports nécessaires pour ce quai à Savoy ’s Landing. L’argent avait été voté et il était à se bâtir. M. Robichaud se dévouait certainement tout entier aux intérêts du comté.
Malheureusement , je devais bientôt perdre un de mes meilleurs amis, et les Acadiens du comte de Kent un de leurs bien dignes représentants aux Communes, M. Auguste Léger.
M. Léger représentait ce comté (depuis 1917 et avait été réélu en 1921 avec une grande majorité. Lorsque nous nous étions séparés
à Ottawa, à la fin de la session, il paraissait en bonne santé. La veille de notre séparation, j ’avais agi comme témoin de sa signature de son testament. “Il est toujours bon, avait-il dit, pour tout homme de faire son testament de bonne heure. Je serai sans inquiétude.”
Quelque temps après, j 'apprends que M. Léger est allé à Saint- Jean consulter des médecins; peu de temps après, qu’il est à l’Hôtel- Dieu de Campbellton. Je rencontre sa fille, Mme Pitre, une de nos voisines, qui dans le moment n’en connaissait pas plus que moi. Elle partait pour Campbellton le soir même. “Je vous en donnerai des nouvelles”, me dit-elle. Mais, hélas, à la messe de huit heures, le dimanche, j’entends qu’il est recommandé aux prières; il était mort à six heures, le matin.
Je lui devais de me rendre à ses funérailles, qui reçurent toutes les marques possibles de sympathie.
L’hon. A. B. Copp, Secrétaire d’Etat, l’hon. Dr King, Ministre des Travaux Publics, l’hon. P. J. Veniot, Premier-Ministre de la Province, étaient venus rendre leur dernier hommage à ce distingué Acadien.