‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 122 sur 158 · NOTRE RETOUR DE MONCTON · texte numérisé non relu

NOTRE RETOUR DE MONCTON

De la salle d’assemblée, M. McSweeney, fils du défunt Sénateur McSweeney, qui avait été un de mes meilleurs amis, nous conduisit,, le Premier Ministre et moi, à la gare où le train Maritime l'attendait. Le Sénateur Béland arriva à l’instant accompagné de M. Snowball, ex-député de Northumberland, que la convention avait de nouveau choisi candidat libéral, en reconnaissance de ses services. Les quatre heures sur ce train de Moncton à Bathurst furent bien employées et s’écoulèrent rapidement. M. Snowball était joyeux et certain d’une nouvelle victoire. Mais oh, fragilité humaine, le samedi soir suivant, tard dans la soirée, nous apprenons la mort de M. Snowball. Toute la journée il avait été occupé à son bureau avec ses principaux amis, préparant le travail de la campagne électorale. Sa mort si prématurée, tellement inattendue, était certainement une grande perte, non-seulement pour sa femme et sa famille, toutes si méritoires, mais, une perte pour le comté de Northumberland et pour le pays. C’était un homme d’avenir au parlement canadien. Je l’avais suivi de bien près depuis plus de trente ans. Il fut certainement bien regretté dans tout le comté. Il avait des amis et des admirateurs dans tous les partis et dans toutes les classes de la population de la province. Son commerce d’une si grande étendue l’avait fait connaître de tout le monde.

Le parti libéral de Northumberland se trouvait dans la nécessité d’appeler une nouvelle convention. M. Tweedie, fils de l’hon. Tweedie, ancien député du comté et ancien Lieutenant-Gouverneur de la Province, fut le choix de cette convention. Mais il devait subir le sort de tous les autres libéraux de la province, le comté de Gloucester excepté.

Pour notre comté, une convention libérale avait été convoquée pour la semaine suivante, à Caraquet. Dès l’ouverture, la candidature fut offerte à M. Veniot unanimement et bien sérieusement. Mai» M. Veniot avait décidé depuis sa défaite d’être présent à la première session de la Législature afin de pouvoir se justifier devant le peuple en établissant bien la différence de son programme et celui de la nouvelle administration, et surtout en sollicitant toute enquête sur l’honnêteté de sa conduite, comme Ministre des Travaux Publics. Il était prêt à tout sacrifier dans cette vue-là.

Alors M. J. G. Robichaud obtint la faveur de la convention à l’unanimité, s’engageant à se retirer et à faire place à M. Veniot lorsque le Premier Ministre déclarerait un jour avoir besoin de ses services.

Mgr Jean Hébert, P.D.

Shédiac, N. -B.

Je dois dire comme je le dis alors dans mon discours, que M. Robichaud avait veillé aux intérêts du comté avec soin et avec énergie, qu’il avait obtenu du gouvernement autant d’argent que possible pour continuer les travaux et les réparations négligés par le gouvernement conservateur et même de nouveaux travaux actuellement en marche.

Le jour du vote approchait vite. Les prédictions étaient bien contradictoires. Le parti conservateur, comme le parti libéral, réclamait la victoire. Le parti progressiste conservait son entité.

Ces rapports contradictoires me confirmaient d’un jour à l’autre davantage dans mes propres prédictions. Seul le comté de Gloucester, dans le Nouveau-Brunswick, échappait à l’ouragan tory; trois seulement dans la Nouvelle-Ecosse, et un seulement dans l’Ile-du- Prince-Edouard ; dix-neuf comtés perdus dans nos trois provinces: •dix-neuf gains pour les conservateurs. La province d’Ontario donnait aux libéraux douze comtés, le maximum de ma prédiction. La province de la Saskatchewan donnait seize libéraux et cinq progressistes, et les autres provinces de l’Ouest restaient à peu près dans les mêmes câdres qu’à la dernière élection. Dans le Québec, les conservateurs gagnaient quatre sièges sur soixante-cinq.

Les conservateurs avaient une majorité d’une vingtaine de sièges sur les libéraux, mais le parti libéral avec les progressistes et les indépendants réunis pouvaient obtenir une majorité de treize. Mes prédictions, malheureusement, ne s’étaient que trop bien réalisées; cependant, il était bien évident que les conservateurs ne pouvaient commander la majorité aux Communes.

Page 1