‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 125 sur 158 · LE BUDGET DE L’HON. J. A. ROBB · texte numérisé non relu

LE BUDGET DE L’HON. J. A. ROBB

Le 15 avril 1926, l’hon. J. A. Robb présentait le budget, donnant 1 état économique du pays, le montant de la dette nationale, et les diverses sources de revenus du pays, et établissant le “modus vivendi” pour l’année.

Je ne citerai pas tous les millions et cent millions que ce budget contient. Ces chiffres-là peuvent toujours être obtenus au besoin. Ce que je dois déclarer, c’est mon approbation ou ma critique des mesures présentées dans ce budget pour l’avenir, ainsi que le compterendu des mesures suggérées aux sessions passées avec les résultats qu’elles avaient produits 'depuis leur mise en vigueur.

J’ai déjà donné ma sincère appréciation du premier budget de l’hon. M. Robb pour l’année 1924, qui avait réduit les droits sur tous les instruments pour l’agriculture et de nos autres ressources naturelles, et réduit la taxe sur le revenu, retranchant de beaucoup la taxe suivant le nombre des enfants dans la famille. Il avait aussi réduit de beaucoup la taxe sur les ventes. Ce budget devait produire beaucoup de bien, et il y avait déjà eu une grande amélioration dans les affaires du pays. Les exportations avaient augmenté de beaucoup et dépassé nos importations de plusieurs millions — de plusieurs cent millions. Mais l’effet ne s’en était pas fait sentir encore d’une manière générale et assez sensible au temps de l’élection de 1925.

C’était la principale raison qui m’avait porté à suggérer au Premier Ministre de remettre l’élection à une autre année.

Ce budget de 1926 était le complément, je pourrais dire, du programme initié en 1924, et 'dont l’effet devait se faire sentir à l’instant, car le peuple pouvait apercevoir le bénéfice inévitable de ces mesures. La réduction des impôts était de telle nature qu’elle devait favoriser la production tout en favorisant le consommateur. C’est là l’effet principal de la liberté du commerce, — réduire le coût de la production de manière à augmenter la consommation. Tout lecteur de ce budget pouvait voir ce double effet luire à l’instant.

Les réductions faites 'dans le tarif de l’hon. J. A. Robb de 1924 avaient déjà produit pour l’année 1925-26 une augmentation de revenu de $29,965,520.

Le revenu des douanes seul donnait une augmentation de $19,-

200,000, le montant total étant de $127,360,000. L’accise donnait une augmentation de $4,300,000.

Le compte-rendu des chemins de fer canadiens montre un total de recettes de $30,443,852 au-dessus de toute dépense d’opération et de revenus.

L’intérêt annuel des chemins de fer est de $71,800,000, dont $40,400,000 est payable sur les obligations entre les mains du public. La balance, qui est de $31,400,000 représente leur responsabilité pour intérêt sur les avances au gouvernement. Déduisant les recettes de $33,000,000 contre les $40,400,000 d’intérêt payé au public, il reste une balance de $7,400,000 qui représente la perte actuelle des chemins de fer dans l’année courante.

L’hon. M. Robb attira l’attention de la Chambre et du pays sur le remarquable développement du commerce du Canada. L’année fiscale présente se ferme avec une balance favorable d’au delà de $402,000,000, ce qui constitue un précédent depuis les années de guerre.

Grâce à ce bel état de choses et à l’expansion du commerce, le Ministre des Finances se trouvait en position de faire des réductions substantielles sur la taxe du revenu. C’est ainsi que sur un revenu de $3,000 la taxe était de $40 avec la nouvelle proposition, il n’y aura rien à payer. Sur un revenu de $6,000, la taxe qui est actuellement de $178.50 ne sera à l’avenir que de $70; sur un revenu de $12,000 la taxe est de $871.50, à l’avenir elle ne sera que de $460; sur un revenu de $18,000 la taxe actuelle est de $1,753.50; à l’avenir, $1,210 seulement. On voit par là que celui seul qui reçoit un gros revenu est appelé à payer, et que les gros revenus eux-mêmes sont de beaucoup plus exemptés.

Le Ministre donne une diminution de tarif sur les articles importés des Indes Occidentales suivant le traité avec ce pays.

Le fer-blanc d’une qualité qui n’est pas manufacturée dans le Canada sera libre sous le tarif préférentiel de la Grande-Bretagne, et soumis à un droit de 5 pour cent seulement sous le tarif intermédiaire et général, ce qui sera d’un grand bénéfice à l’industrie des boîtes.

Le Ministre propose ensuite une réduction de droit sur les automobiles dont la valeur au détail n’est pas plus de $1,200, ainsi que les camions et les motocyclettes, de 20 pour cent du tarif général, de 17% pour cent du tarif intermédiaire, et de 12% pour cent du tarif préférentiel britannique. Sur les automobiles valant au delà de $1,200 chacune, le tarif général est réduit à 27% pour cent, l’intermédiaire à 25 pour cent, et la préférence britannique à 15 pour cent. Et, pour encourager l’industrie canadienne, un retrait de 25 pour cent sera payé sur les matériaux employés dans la fabrication des voitures à moteur ci-mentionnées pourvu que, au moins 50 pour cent du coût de l’article fini soit produit dans le Canada.

Les droits sur l’équipement pour la génération de pouvoir électrique pour la ferme sont réduits sous la préférence britannique à

5 pour cent, et à 10 pour cent pour le tarif général et intermédiaire.

Bien d autres instruments de production sont mis sur la liste d’exemption.

Ainsi toute machinerie employée dans la production d’huile non raffinée ou de fertilisateurs provenant des huiles, est mise sur la liste des articles libres et exempts de la taxe de vente.

C était certainement le budget le plus avancé que le Canada ait jamais eu, et qui devait être accompagné d’une ère de prospérité remarquable faisant disparaître pour ainsi dire tout manque d’emploi dans le pays, les manufacturiers d’automobiles agrandissant leurs manufactures au lieu de les fermer, comme ils en avaient fait la menace le lendemain 'de la présentation de ce budget.

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