EXPEDITIONS DIRECTES
C ’est ce budget aussi qui donnait enfin à la proposition que, après le 1er de janvier 1927, les bénéfices du tarif préférentiel britannique ne s’appliqueront qu’aux marchandises transportées directement, et sans échange, à un port de mer ou de rivière du Canada.
C’était bien le complément de mon ambition. C’est ce que j’avais demandé depuis dix ans, et dans une récente instance au Sénat en 1924.
Tout exportateur ou agent 'd’exportation comprend maintenant la nécessité d’utiliser nos ports canadiens dans son propre intérêt. C’est de grande importance, et pour le bien général du Canada.
Ce budget accompagné et suivi d’un si grand développement de commerce et d’industrie est pour moi, peut-être plus que tout autre — excepté M. A. R. McMaster, qui n’est plus au Parlement — la plus grande satisfaction possible. Il me donne pour ainsi dire tout ce que j’ai toujours 'demandé dans l’intérêt de la masse du peuple, avec les restrictions nécessaires pour éviter toute critique sérieuse et tout mauvais effet. Ce budget était très populaire, comme l’a prouvé le résultat de l’élection générale qui eut lieu cinq mois plus tard, et qui était loin d’être attendue lorsqu’il devint la loi du pays.
Ce budget avec ses résultats si précieux devra certainement faire comprendre à cette classe de citoyens qui prêchent constamment le haut tarif comme la ressource unique à la prospérité d’un pays, que leur théorie ne repose pas sur une base solide. Le peuple du Canada, ses industriels, ses financiers comprendront avant longtemps, que l’esprit de fraternité, d’humanité est nécessaire en tout temps entre les différentes nations du monde, comme entre les voisins des mêmes petits cantons.