L’HON. M. VENIOT, MINISTRE DES POSTES DU CANADA
Après avoir passé quatre ou cinq jours à Ottawa, l’hon. M. Veniot fut assermenté Ministre des Postes dans le gouvernement King. Grandes réjouissances, non seulement à Bathurst, mais encore dans tout le comté de Gloucester.
Le lendemain, son fils, le Dr Clarence Veniot, nous apprit que son père arriverait à la ville le dimanche à une heure de l’aprèsmidi.
Trois à quatre cents citoyens conduisant des automobiles étaient à la gare pour le rencontrer et lui rendre leur premier hommage. Il fut conduit en triomphe à travers la ville et jusqu’à sa demeure et sur le seuil, il remercia la foule de leur générosité et de leurs bons égards, les assurant que sa nomination au poste de Ministre fédéral ne lui enlèverait pas sa vénération pour les électeurs du comté de Gloucester et il leur promit que sa porte serait toujours ouverte à quiconque désirerait le voir.
L’hon. M. Veniot passa deux ou trois jours à Bathurst et retourna à Ottawa prendre la direction de son ministère.
Naturellement, ayant accepté un poste avec rémunération monétaire, le siège de M. Veniot devenait vacant, comme représentant
du comté de Gloucester à la Chambre des Communes. Une élection partielle devait avoir lieu pour le rétablir 'dans ce poste. Nous savions bien que notre Ministre serait réélu sans opposition. Mais les conservateurs ne voulaient pas s’exprimer. Ce n’est que sur les derniers jours avant la nomination qu’ils décidèrent de ne pas mettre de candidat sur les rangs et laisser à M. Veniot une élection par acclamation. Le nouveau Ministre revint à Bathurst pour le jour de la nomination, le 2 novembre, alors qu’à 2 heures de l’après-midi, l’officier-rapporteur, l’ex-sbérif Arthur J. Meahan, le proclama élu député du comté de Gloucester.
Le lendemain soir, les citoyens de Bathurst lui 'donnaient un banquet auquel plus de cent convives venaient prendre un siège. Cela malgré la plus mauvaise température de la saison.
Plusieurs santés furent proposées. C’est à moi que l’on donna la tâche de proposer la santé de notre convive. Je devais rappeler brièvement les relations qui avaient existé entre nous depuis plus de trente ans, les plus amicales, les plus fraternelles, jamais froissées un seul instant, ni par l’un ni par l’autre. Il m’avait toujours, dans ma carrière, dis-je, porté l’aide d’un fils à son père, et en retour, je lui ai toujours donné le dévouement d’un père à son digne fils. Je fis connaître aux convives que le grand honneur et la grande responsabilité conférés par le Premier Ministre du Canada à notre représentant, surtout dans les circonstances actuelles, étaient plus qu’un acte de justice. C’était aussi l’expression de la reconnaissance du talent et du mérite de notre convive.
Le Ministre des Postes répondit avec sa facilité et son éloquence ordinaire, et la soirée fut certainement l’égale de ces cérémonies dans nos grandes villes du Canada.
Depuis ce temps-là, M. Veniot est à l’ouvrage à Ottawa, jour et nuit, je pourrais dire.