NOTRE RETOUR A BATHURST
La session était terminée depuis le 14 avril, et le 23 mai nous étions encore à Ottawa. J’avais bien décidé d’attendre mon parfait rétablissement, si c’était possible, mais il était bien lent. Toutefois, durant la première semaine de mai, toute douleur avait disparue, mais l’enflure du genou ne me permettait pas de me servir de ma jambe artificielle, seulement qu’avec beaucoup de prudence et une escorte à mes côtés.
Ayant fixé le jour de mon départ, je demandai à M. Moyer de me préparer une entrevue avec le Premier Ministre. Sa réponse à son secrétaire fut qu’il viendrait me voir lui-même avant mon départ. Inutile de dire que cette réponse fut bien appréciée, par moi et mon fils Gray, qui était à Ottawa depuis quelques jours.
En effet, le soir du 19 mai, avant de prendre le train pour Toronto avec Son Excellence le Gouverneur-Général, Lord Willingdon, il vint me voir, et nous eûmes une entrevue, courte, il est vrai, mais très agréable tout de même. Je pus lui dire une partie du moins de ce que je désirais lui dire et il m’écouta avec sympathie.
Enfin, le dimanche 22 mai, nous prenions le train de quatre heures pour Montréal, accompagné de mon fils, qui devait prendre son train une heure après nous pour New-York et de là pour l’Ouest.
Depuis mon retour, je puis me servir de ma jambe artificielle de temps à autre. Le progrès continue, mais avec la même lenteur. Cependant, avec encore un mois ou deux de patience, j’espère devenir aussi agile que dans le passé.