‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 137 sur 158 · LE SOIXANTENAIRE DE LA CONFEDERATION · texte numérisé non relu

LE SOIXANTENAIRE DE LA CONFEDERATION

Après tout ce que j’ai écrit sur la Confédération, et mon discours sur la constitution au Sénat le 8 avril 1925, je n’ai pas besoin •de renouveler mes confessions d’admiration pour notre constitution. Mais je dois exprimer, de la manière la plus généreuse et la plus solennelle possible, le plaisir que j’éprouve de la manière si patriotique et si enthousiaste dont cette fête a été célébrée dans toutes les parties du Dominion, et surtout dans ma ville de Bathurst, et toutes les paroisses du beau comté acadien de Gloucester.

J’avais prié, imploré je pourrais dire, dans mon discours sur l’adresse au Gouverneur-Général le 14 décembre dernier, le gouvernement et toute la population du Canada de célébrer ce soixantième anniversaire de la Confédération de la manière la plus solennelle possible, non seulement en reconnaissance des bienfaits dont nous avons été comblés, mais surtout afin 'd’inspirer à la jeunesse canadienne l’amour et la vénération de notre constitution et lui faire entrevoir l’avenir que la Providence réserve pour notre pays.

Le gouvernement a certainement fait autant qu’il lui était permis de faire pour préparer l’esprit public à une célébration du soixantenaire de notre pays digne de notre progrès durant cette période, et susceptible de préparer l’esprit de la jeunesse à la réalisation de notre avenir au milieu des autres nations du monde. Le gouvernement, le Premier Ministre et tous ses collègues, ont fait tout ce qui était possible 'dans la circonstance. Le grand montant d’argent voté pour l’organisation de cette célébration, le comité d’organisation composé des hommes les plus éminents du pays, tels que Sir Robert Borden, Sir Lomer Gouin, le très honorable George P. Graham, et tous les autres, avaient à l’instant inspiré la confiance et l’enthousiasme nécessaire pour un parfait succès. Et, ce qu’il y a de beau et de plus admirable, c’est que pendant que le gouvernement fédéral travaillait si bien, tous les gouvernements provinciaux se joignaient dans une coopération complète et universelle, tous dans une géné-

reuse admiration du passé et une confiance absolue dans l’avenir. Tous les Premiers Ministres des Provinces méritent la même reconnaissance et le même éloge que le Premier Ministre 'du Canada luimême.

Pendant que nous devions attendre de bons souhaits du Roi George Y, ils furent toutefois exprimés d’une manière si généreuse que nous devons en être reconnaissants, nous devons admirer encore les témoignages et les souhaits si généreux des autres Dominions et aussi des autres nations, tels que la France, l’Italie et les Etats- Unis. Nos voisins du Sud n’ont rien épargné pour témoigner leur admiration et leur esprit de fraternité pour la population du Canada.

Notre comité d’organisation avait invité le héros du jour dans tout l’univers, le célèbre aviateur Lindbergh. A l’instant, le gouvernement américain le fit accompagner de douze autres aéroplanes qui le suivirent jusqu’à son atterrissement à Ottawa. Malheureusement une tragédie des plus pénibles eut lieu au dernier instant, alors que le lieutenant I. Thad Johnson, conducteur d’un de ces aéroplanes, vint s’écrouler sur le sol et se tua instantanément. Inutile d’entreprendre à décrire la consternation universelle causée par ce triste accident. Toutefois le gouvernement encore une fois témoigna d’une manière généreuse les sentiments de notre population, par la manière dont les restes de ce héros furent honorés et conduits à travers la ville d’Ottawa au train spécial qui devait les transporter jusqu’à son domicile aux Etats-Unis.

Mais, c’était surtout la ville de Bathurst et les autres paroisses du comté de Gloucester que je désirais voir à l’unisson avec le reste du pays dans des démonstrations dignes de l’occasion, en tant que les circonstances et les ressources à leur disposition pouvaient le permettre. Je puis dire que la ville de Bathurst et le comté de Gloucester tout entier se sont fait honneur sous tous les rapports.

La résolution par le Parlement du Canada, le 14ème jour d’avril 1927, le jour même de la prorogation, était certainement de nature à encourager le peuple à faire les meilleures démonstrations possibles, de même que le message du Premier Ministre, le très honorable Mackenzie King; tel aussi le message de Son Excellence le Gouverneur-Général au peuple canadien: “A tous les citoyens, sans distinction d’origine ni de race, je demande de coopérer généreusement, d’un commun accord et d’une volonté unanime, au bien-être collectif, avec un sentiment de fière loyauté envers leur belle et grandissante patrie.”

Je crois qu’il est de mon devoir, comme c’est mon plaisir, de dire que le discours d’ouverture du Premier Ministre est certainement bien digne de l’occasion, et il a certainement produit le meilleur effet. Je m’en tiens non seulement à la lecture que j’en ai faite, ni aux commentaires des journaux, je m’en tiens surtout à des remarques de certains amis qui l’ont entendu, et avaient ressenti son impression sur l’âme de leurs voisins comme sur leur âme propre.

Je me plais à dire que le discours de l’honorable sénateur Raoul Dandurand est aussi certainement bien admirable.

Il me fait plaisir aussi de dire que les discours prononcés dans la capitale de notre province, Frédéricton, sont des discours de haute portée et très conciliants. Je reçus une invitation de la part de Son Honneur le juge Crocket, président du comité provincial, d’assister à la cérémonie dans la capitale. C’était bien là, plus que partout ailleurs, que j ’aurais voulu être présent, si j ’avais pu m ’y transporter sans m’exposer à de nouveaux accidents. C’est dans la capitale de notre province, avec une population toute anglaise, que j ’aurais aimé à passer cette journée des plus mémorables. Aussi j’aurais été bien intéressé par les discours qui y ont été prononcés. Quant au discours de l’hon. M. Baxter, le Premier Ministre, je savais bien qu’il serait très intéressant, comme il l’a été. Mais j’aurais aimé à entendre le discours de M. Dysart, chef de l’Opposition, discours que j’ai lu avec plaisir et avec intérêt, et qui dépasse, je dois dire, ce que je pouvais attendre de ce jeune homme, tout nouveau encore dans la vie parlementaire. Il est déjà certainement un bon orateur, et il mérite les meilleurs souhaits.

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