‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 138 sur 158 · LA CELEBRATION A BATHURST · texte numérisé non relu

LA CELEBRATION A BATHURST

La célébration du jubilé de la Confédération a été célébrée à Bathurst d’une manière étonnante, dépassant tout ce que je pouvais attendre. Les membres du conseil de ville et les membres du comité spécial d’organisation méritent certainement les plus grands éloges et les sincères félicitations de la population.

Le maire de Bathurst, M. Azade Landry, m’avait retenu un siège sur l’estrade d’où j’aurais pu facilement contempler tout le spectacle. Mais je ne jugeai pas prudent de me mêler à la foule dans les circonstances.

C’est l’hon. M. Veniot qui prononça le discours de circonstance et j’étais bien chagrin de ne pouvoir l’entendre. Toutefois, je savais bien qu’il se montrerait à la hauteur de la circonstance, et en effet, mes amis venaient les uns après les autres m’exprimer leur haute appréciation du discours de l’honorable P. J. Yeniot, le premier Acadien devenu membre du gouvernement fédéral. Son discours fut prononcé en anglais, puis il adressa quelques paroles en français à la foule composée des deux nationalités.

L’orateur passa en revue l’histoire du Canada depuis ses premières années, et dit à ses auditeurs que l’étude de l’histoire du Canada est toujours une riche inspiration. “La pensée des grands esprits du Canada depuis 1867 créera toujours une ambition non seulement dans l’esprit de la génération actuelle, mais des générations futures, l’ambition de surpasser les exploits des soixante années passées! Dans l’étude de notre histoire nous apprenons comment l’homme rouge possédait tout pouvoir sur cette grande et glorieuse terre qu’est la nôtre, et en avançant dans ses pages, nous apprenons l’ar-

rivée des fils de la France, les premiers à introduire la religion et la civilisation sur nos rives, établissant la fondation de ce grand développement qui a fait du continent de l’Amérique du Nord la plus grande section de l’univers. La plus grande lutte pour la suprématie européenne entre la France et l’Angleterre s’étendit sur cette terre, de ce côté de l’océan Atlantique. Toutes deux acquérirent de la gloire, comme vaincue et comme victorieuse.

“Le développement des forces de ces deux grandes races dans le développement de leurs destinées amena finalement, en 1867, la création d’une fédération qui a fait du Canada le joyau le plus brillant de la couronne britannique. Depuis cette époque, la loyauté du Canada à l’Empire n’a jamais été mise en doute, et, je l’espère, ne le sera jamais. Sous un régime monarchique, nous jouissons de la plus grande liberté possible.

“La loyauté, ajoute-t-il, que nous chérissons si précieusement, a subi une magnifique et impérissable épreuve durant la période de la grande guerre mondiale ; grande, certes, fut la réponse des fils du Canada à l’appel de l’empire, en 1914; la valeur de ses nobles fils sur les champs de bataille de la France et de la Belgique ne fut jamais surpassée. Aujourd’hui que nous célébrons le soixantième anniversaire du Canada, notre loyauté est ravivée, si la chose est possible, par la mémoire des milliers de nos fils tombés aux champs de bataille, et qui dorment sous un sol étranger entaché de sang.

“Deux grandes races et deux grandes croyances forment la population du Canada vivant en harmonie l’une avec l’autre, à l’oeuvre l’une avec l’autre dans leurs efforts de voir le Canada remplir la destinée qui lui a été consacrée. On demande souvent : La Confédération a-t-elle été un succès? Je n’hésite pas à répondre dans l’affirmative.

“Il est vrai qu’à certaines périodes dans l’histoire des Provinces Maritimes, il parut y exister un certain esprit de découragement, issu d’un pessimisme qui ne devrait jamais exister dans un jeune pays comme le Canada. Si parfois dans les Provinces Maritimes, nous avons souffert au point de vue matériel, nous avons d’un autre côté reçu de grands bénéfices au point de vue national, par suite de notre union avec les autres sections du Dominion. Maintenant que dans l’Ouest et le centre du Canada on connaît mieux l’importance que nous avons jouée et que nous sommes destinés à jouer dans le développement de notre Dominion, je suis convaincu qu’il y a de meilleurs jours en réserve pour les Provinces Maritimes. La nature a versé sur les Provinces Maritimes ses bienfaisantes bénédictions dans ses ressources naturelles, avec un climat magnifique, un peuple robuste et loyal.”

L’hon. M. Veniot donne par des chiffres frappants les progrès du Dominion depuis sa fondation jusqu’à ce jour, et en reprenant son siège il reçut les applaudissements les plus chaleureux de toute la foule.

Le lendemain avait lieu la parade autour de la ville et de Bathurst-Ouest. Cette fois-ci les membres du comité envoyèrent un

automobile à ma porte, et l’on me porta sur le siège où j etais naturellement aussi bien, sinon mieux, que sur mes chaises à la maison. Mon automobile suivait directement la voiture du maire et des membres du conseil civique. Cette parade était une riche exhibition des multiples ressources 'du comté de Gloucester.

Encore une fois, je dois exprimer mes sincères félicitations, non seulement aux organisateurs, mais à toute la population du comté, qui a généreusement témoigné son appréciation du passe et son espérance dans l’avenir.

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