A VANCOUVER, C.-B
L’hon. M. Veniot, Ministre des Postes, avait décidé durant la session de visiter l’Ouest dans l’intérêt de son département. Dans ces grandes villes lointaines, il y avait bien des choses à améliorer ou à établir suivant le progrès de développement dans un tel département, dont les affaires augmentent d’un jour à l’autre. M. Veniot
n’avait jamais visité les Provinces de l’Ouest, et c’était certainement une nécessité pour lui, dans l’intérêt de l’administration de son département, de connaître la direction de ces grands bureaux. Il aurait aimé à faire ce voyage plus de bonne heure durant la saison d’été, mais l’ouvrage pressant le retardait d’un mois à l’autre. Enfin vers le 25 septembre, il s’embarquait sur son char spécial avec son épouse, accompagné 'de son sous-ministre, M. Louis Gaboury et Mme Gaboury, de ses secrétaires, M. Walter Veniot et Mlle Lucie Thériault. Sa première visite fut à Winnipeg, Manitoba, où des affaires importantes l’attendaient. Les sociétés ouvrières de Winnipeg se plaignaient de la démission de certains maîtres de poste de cette ville, à cause d’intervention politique. Il dut passer trois jours dans cette ville. Toujours avec son succès ordinaire, M. le Ministre des Postes réussit à inspirer une meilleure confiance dans l’esprit de ces agitateurs, et les supplia 'de faire présenter toute la correspondance au sujet de ces démissions, et ils apprendront alors que certaines de ces démissions avaient été faites sur la demande de l’inspecteur du district, un conservateur, pour des raisons graves.
Le Ministre et sa suite arrivèrent à Vancouver le vendredi le 30 septembre à 8 heures du soir, et mon fils Gray l’avait prévenu que, •du train, il serait conduit à sa demeure où un grand nombre d’hôtes distingués l’attendaient à dîner. C’est M. Cummings qui le rencontrait au dépôt du Canadien-National et l’amenait à la demeure de mon fils. Parmi ces convives, il rencontrait à l’instant l’hon. Wallace Farris et M. J. N. Ellis, dont il avait, comme moi, bien connu les pères. Inutile de dire que la santé du Ministre des Postes fut proposée et secondée d’une manière digne et agréable. La santé fut proposée par l’hon. Wallace Farris et secondée par M. J. A. Campbell, auxquels se joignirent plusieurs autres orateurs, parmi lesquels l’hon. juge Aulay Morrison et M. I. A. Mackenzie. Je dois dire que je me vis obligé de me joindre à cette légion d’orateurs. J’en profitai pour faire connaître les principales qualités de notre Ministre et leur garantir que mieux ils le connaîtraient, plus ils l’aimeraient. Le Ministre, en répondant à sa santé, annonça à l’instant qu’il ne parlerait pas de politique vu que cette réunion était sociale et amicale, et que ses paroles, comme homme public dans une telle occasion, pourraient être mal interprétées par ceux qui ne les auraient pas entendues. Il se contenta d’exprimer son plaisir de pouvoir visiter et connaître cette grande province du Pacifique, et de rencontrer en même temps des fils 'de ses premiers amis dans le Nouveau-Brunswick, et des autres provinces maritimes. A une assemblée publique, il se prononcera sur les questions politiques.
Sur les 10 heures du soir, plusieurs amis qui n’avaient pu se rendre en temps pour le dîner, arrivèrent pour participer à l’honneur fait au Ministre des Postes. Entre autres, M. Russell, chef de la commission du port, et le général Sutton ; tous deux prirent part au plaisir, et le général Sutton nous fit part, d’une manière brève, de ses intentions au sujet du chemin de fer du district de la Rivière de la Paix. Tous furent enchantés des remarques 'du général Sutton
sur cette grande question que j’avais brièvement élaborée dans mon adresse quelques minutes plus tôt. Le général dut nous quitter peu de temps après pour prendre le bateau de Victoria à minuit. Il allait là dans l’espérance de venir à une entente avec les membres du gouvernement provincial au sujet de la construction de ce chemin Peu de jours après, il entreprenait son expédition dans cette région accompagné 'de M. Humphrey, ingénieur de haute réputation dans Vancouver.
L’hon. Ministre des Postes consacra toute la journée de samedi à l’inspection du fameux bureau de poste et put bien se familiariser avec les employés, qui sont en grand nombre.
Durant la journée, mon fils s’entendit avec le chef de la commission, M. Russell, pour une excursion dans le port de Vancouver, pour le Ministre, son personnel et une quarantaine de convives.
A 3 p.m., le dimanche, le bateau de la commission se remplit pour ainsi dire de citoyens et de leurs dames, et l’hon. M. Veniot et madame Veniot jouirent de cette promenade dans le port, aussi intéressante qu’importante.