‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 146 sur 158 · LE MINISTRE DES POSTES A NEW-WESTMINSTER · texte numérisé non relu

LE MINISTRE DES POSTES A NEW-WESTMINSTER

Ce n’était pas tout; l’hon. M. Veniot devait à l’instant partir pour New- Westminster, visiter le bureau de poste 'de cette grande ville et assister, le soir à 7 heures, à un autre banquet offert par les chefs libéraux de cette ville toute historique de la Colombie-Anglaise. Je fus cordialement invité avec mon fils à ce banquet, où étaient réunis les principaux citoyens de la ville, avec un bon nombre de dames. Je rencontrai là plusieurs des citoyens que j’avais déjà rencontrés dans cette ville et à Ottawa ; je dois entre autres mentionner M. Robson et M. Neil Nelson, deux hommes qui commandent un grand commerce, M. Knight que j’avais rencontré à Ottawa avec mon fils ; M. Knight était le candidat libéral 'dans New- Westminster en opposition à M. W. G. McQuarrie qui représente cette ville depuis. Sans la candidature d’un candidat travailliste, M. Pritchard, il est bien probable que M. Knight aurait été élu.

L’hon. Ministre des Postes prononça encore un excellent discours dans le même sens que celui de Vancouver, mais sa péroraison, son appel à l’union, à la fidélité à l’Empire britannique fut plus impressionnant. Il me fallut aussi répondre à l’appel du président, et si jamais j’ai été heureux dans ces petits discours dans l’Ouest, je pense que c’est à cette occasion.

Je fis allusion à notre commerce avec les nations de l’Ouest, grand déjà, mais qui prendra des proportions considérables. “C’est votre province, leur dis-je, qui en retirera, sinon tout, au moins le plus grand bénéfice, et j’espère que nos agents de commerce laisseront sur leurs traces l’esprit de fraternité qui retentira à la gloire du Canada et de votre province en particulier.”

M. Knight prit ensuite la parole pour remercier avec goût et avec éloquence le Ministre des Postes de ses bons conseils, et me donner part aussi de ses remerciements et de son appréciation de mon adresse.

A 10 heures, M. Yeniot devait quitter la salle afin de se rendre en temps à Vancouver où il devait prendre avec son personnel le bateau pour Seattle, Washington, où il avait à conférer avec les autorités américaines avant de se rendre à Victoria.

M. Veniot revint mercredi soir en temps pour le train 'd’Edmonton, où il devait faire arrêt. Tel qu’attendu avec le sénateur Lessard et les principaux amis d’Edmonton, mon fils Gray l’accompagna jusqu’à cette ville où aussi un banquet lui fut présenté à l’hôtel Mac- Donald. L’hon. M. Veniot laissa à Edmonton la meilleure impression possible. 11 ne put rester qu’une seule journée dans cette ville, appelé à Ottawa pour la préparation des questions à soumettre à la conférence interprovinciale en ce qui concernait le Nouveau-Brunswick et les Provinces Maritimes en particulier.

Notre ami M. Veniot doit être content de son voyage dans l’Ouest; j’en suis certain, il a laissé une bien bonne impression partout sur son passage.

Durant son court séjour à Edmonton, il eut le grand plaisir de voir Sa Grandeur l’Archevêque Henry O’Leary, qui a été son grand ami, comme le mien, dans ses jeunes années de sacerdoce à Bathurst.

VISITE DE L’HON. JOHN CAMPBELL ELLIOTT, C.R., MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS

Mon fils revenait d’Edmonton au commencement de la semaine suivante, accompagnant l’hon. John Elliott qu’il avait rencontré à Edmonton, et qui venait lui aussi faire sa première visite officielle sur la côte du Pacifique. Leur train arrivait à 8 heures du soir, et mon fils conduisait l’hon. Ministre à la demeure de M. James A. Campbell, où une centaine de principaux libéraux de la ville venaient lui rendre hommage et lui souhaiter la bienvenue à Vancouver. Ce fut une 'des soirées les plus intéressantes de mon séjour à Vancouver. Je rencontrais là, pour ainsi dire, toutes mes vieilles connaissances de la ville, et plusieurs autres que je connaissais de réputation, parmi les membres de la Législature, les membres du barreau et du commerce. Je dus répondre à la santé du Ministre des Travaux Publics, ce qui était un sincère plaisir pour moi, car je connaissais bien M. Elliott; c’est lui qui m’avait aidé à régler les troubles qui avaient menacé nos pauvres lépreux de Traca'die. C’est dû à son aide que j’ai pu retarder, indéfiniment je l’espère, le transport de ces quatre ou cinq malheureux Acadiens de leur hôpital, dans leur village, à la Grosse-Ile.

Je ne manquai pas de faire connaître qu’il m’avait rendu un grand service dans mon comté. Un grand nombre prirent la parole durant la soirée, et l’hon. Ministre fit connaître son programme pour le progrès de Vancouver, de New- Westminster, 'de Victoria et d’autres ports sur la côte de l’Ile Vancouver.

Le lendemain, le “Club Laurier” lui présentait aussi un banquet à 1 hôtel Vancouver. Comme au banquet pour M. Veniot, la salle était remplie, et le président m’avait donné une invitation officielle et me donnait la place d’honneur à sa gauche à la table.

Le président introduisit l’hon. M. Elliott, qui prononça un discours d’une grande valeur sur la politique du jour, et les projets de son département pour les ports 'des côtes du Pacifique. Ses paroles furent applaudies à maintes reprises. C’est là que je rencontrai pour la première fois, cette année, le brigadier général Victor Wentworth Odlum, membre de la Législature et propriétaire-éditeur du “Vancouver Daily Star”, publication libérale, mais réellement indépendante. Le général Odlum fut candidat libéral dans Vancouver-Sud, à l’élection de décembre 1921, contre M. La'dner; ce dernier fut élu par une petite majorité de 723. Le général est un bon écrivain et bon économiste. Son journal est certainement très intéressant et ne contient jamais d’abus personnels à aucun point de vue.

Les amis donnèrent aussi au Ministre une promenade dans le port avant son départ. J’avais encore reçu une invitation à cette excursion, mais la température n’étant pas agréable ce jour-là je crus devoir m’abstenir de ce plaisir.

Le soir, M. Elliott retournait vers Ottawa, laissant derrière lui, lui aussi, une très bonne impression. Pendant que les conservateurs sont bien tranquilles et muets, pour ainsi dire, depuis leur grande convention de Winnipeg, suivie immédiatement de leur défaite dans l’élection provinciale de Nelson, les libéraux ont gagné un esprit de confiance dans l’avenir qui devra assurer le maintien du gouvernement libéral de la province, une élection générale devant avoir lieu dans le cours de l’année 1928.

Il n’y avait plus de ministres à venir visiter Vancouver. Je devais rester seul jusqu’à la semaine suivante. Mais la semaine “prochaine” n’arrivera qu’au bout d’un long mois. Un Canadien de l’Est ne reste pas seul à Vancouver.

Je n’entreprendrai pas 'd’écrire en détail tous les événements dont nous avons été témoins, ni toutes les générosités dont nous avons été, ma femme et moi, l’objet, de la part des amis de Vancouver, de New-Westminster et des environs. Il me faudrait consacrer un volume pour décrire la grandeur d’âme de tous ces bons citoyens, de leurs épouses et 'de leurs familles.

Tous les jours je rencontrais des fils, 'des enfants de nos hommes les plus célèbres du Nouveau-Brunswick, dont la plupart avait été non seulement mes amis, mais mes modèles dans la vie publique. La Nouvelle-Ecosse et l’Ile du Prince-Edouard ont aussi, fourni . plusieurs de leurs meilleurs enfants à la Colombie-Britannique, qui ont rendu et rendent encore de grands services a la société et au développement des ressources de cette riche région du Canada.

Ma fille Bessie et son mari, M. Thomas Kenny, nous donnèrent aussi une grande soirée à leur demeure, où nous avons rencontré de nouveaux amis de la famille, des anciens électeurs de mon fils, alors qu’il était à la Législature de l’Alberta.

Puis, on m’annonce qu’une assemblée des “Native Sons of Canada” a lieu ce soir, et que j’y suis attendu. Comme toujours, M. Cummings se met à ma disposition et me conduit à la salle de la Société, où je rencontre au delà de cent de ces bons citoyens. C’est alors que je fis la connaissance de M. McCraney, cousin de mon ancien ami M. L. McCraney, député de Prince-Albert, et ensuite de Saskatoon, de 1905 à 1917.

Avant de me retirer de l’assemblée, je dus adresser la parole et dire à ces bonnes gens que l’immigrant que je chéris davantage est celui qui nous vient du berceau canadien. Ces paroles furent reçues avec applaudissements.

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