CHAMBRE FEDERALE
Les représentants de la Nouvelle-Ecosse à la conférence soumirent leur demande de la conservation de leur représentation à la Chambre des Communes. C’était bien entendu, car ça été une question constante pour la Nouvelle-Ecosse. Mais ils avaient bien compris et même déclaré que cette faveur ne pouvait leur être accordée que par le consentement unanime des neuf provinces.
Immédiatement, les représentants de la province de Québec émettent l’idée qu’il vaut mieux pour les Provinces Maritimes de se donner la main en vue d’obtenir de meilleures conditions plutôt que de changer l’Acte de l’Amérique du Nord.
M. Lucien Cannon déclara que si la Nouvelle-Ecosse pouvait dé montrer une erreur de calcul, cette erreur serait réparée. “Quant à File du Prince-Edouard, il s’agit d’une question fondamentale en rapport avec laquelle toutes les autres provinces doivent donner leur consentement. ’’
Les représentants de la Nouvelle-Ecosse ont reconnu la sagesse de la réponse faite par la province de Québec et n’ont pas insisté dar vantage sur leur réclamation. Quant à moi, j’espère que l’optimisme qui a pris naissance dans les Provinces Maritimes continuera à fleurir, ce qui aidera à conserver la population native en dedans de leurs limites, et alors leur représentation sera conservée.
Cette conférence n’a eu que de très bons résultats. Il n’y a eu aucune friction, aucun désappointement. Ceux qui étaient peut-être venus avec l’idée de faire des changements dans la constitution, ont compris à l’instant la sagesse de leurs confrères et se sont abstenus de demander des changements.
L’entente la plus cordiale a régné sans interruption. Elle a créé une nouvelle inspiration, un nouvel optimisme dans l’esprit des représentants des Provinces Maritimes qui vont mettre plus d’énergie dans le développement de leurs ressources naturelles. Elle a inspiré
un nouveau sentiment de fraternité dans le coeur des représentants de l’Ouest qui vont travailler avec plus de vigueur à l’unité financière et économique de la nation canadienne. En terminant mon adresse au Sénat, le 28 avril 1925, parlant de la nécessité d’une entente unanime entre les neuf provinces pour effectuer tout changement dans la constitution du Canada, je disais: “Cette conférence sera 'd’autant mieux vue et d’autant plus respectée par la population éclairée 'du Canada que ses décisions se conformeront davantage à la sagesse, à la noblesse et à la grandeur d’âme des Pères de la Confédération.’’
Nos premiers ministres se sont certainement inclinés respectueusement et avec magnanimité devant la sagesse des Pères de la Confédération et je leur offre à chacun d’eux mes hommages les plus respectueux et mes félicitations les plus cordiales.