‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 156 sur 158 · LA COMMISSION ROYALE DES PECHERIES · texte numérisé non relu

LA COMMISSION ROYALE DES PECHERIES

Un autre grand service rendu à la population des Provinces Maritimes par le gouvernement d’aujourd’hui est la nomination d’une Commission Royale d’enquête sur les pêcheries des Provinces Maritimes. Il est bien convenu de toute part que les pêcheries de nos provinces ne donnent plus à nos braves pêcheurs le revenu nécessaire au maintien de cette industrie. Depuis une quinzaine d’années,, il m’est pénible de l’avouer, nos pêcheries ont certainement été négligées et il était temps de chercher des mesures effectives, générales,, non-seulement pour encourager les pêcheurs, mais pour voir à la conservation du poisson et en faciliter le transport dans le Canada aussi bien qu’à l’étranger.

Dès le milieu de l’été, j’avais recommandé M. Jean G. Robichaud comme membre de cette commission. Je savais que l’hon. M. Veniot le recommandait aussi et j’étais bien certain de sa nomination. J’arrivais à Vancouver quand la nomination fut annoncée. La commission avait pour président l’hon. A. K. MacLean, juge en chef de la cour de l’Echiquier, ancien député. L’honorable M. McLean était arrivé en visite à Vancouver quelques jours avant moi, et sur l’invitation de mon fils était venu au dîner qu’il m’avait donné à sa demeure. Il 'devait se hâter de retourner à Ottawa pour se préparer sans délai à cet ouvrage important.

Dans le comté de Gloucester, on a demandé le rétablissement de l’usine de chiens de mer que j’avais obtenu en 1905 et qui fut fermée en 1912 par le gouvernement conservateur. C’est dans l’intérêt de la pêche à la morue que cette industrie avait été établie.

On a aussi demandé en plusieurs endroits de la Nouvelle-Ecosse, aux assemblées de la commission, le rétablissement 'de cette industrie qui rencontrera certainement ses dépenses dans le changement de ce poisson hideux en huile et en engrais, dont la qualité est certainement égale à tout autre et dont le prix est très élevé aujourd’hui. Le gouvernement n‘a rien à perdre en établissant quelques usines de ce genre, dans les grands centres de pêche à la morue.

Quant à la pêche au homard, tous les règlements que j’avais prt faire mettre en vigueur au sujet de la grosseur du homard, la préservation de la femelle et autres, avaient été mises de côté. L’interdiction de la pêche durant la morte saison est aujourd’hui le seul règlement en existence, et, encore, elle n’est pas observée. Une pisciculture à homard que j’avais réussi à obtenir, et à placer à l’entrée du havre de Shippigan, sous la direction de M. Sébastien Savoie, fut aussi enlevée en 1913, au grand regret de tous ceux qui s’intéressaient à cette pêche qui a amené beaucoup de confort à la population 'des Iles Miscou et Shippigan, et aussi de Caraquet et d’autres endroits du comté Gloucester.

Il est à espérer que les informations soumises à cette commission permettront de faire un rapport intéressant avec de fortes recommandations utiles dans toutes les branches de cette industrie, la plus ira-

portante pour les Provinces Maritimes, si l’on voulait bien le comprendre. Nous voyons par :ss rapports des journaux que dans la Nouvelle-Ecosse les pêcheurs, les commerçants de poisson, les exportateurs donnent une attention très sérieuse à cette commission sous tous les rapports, ce qui m’inspire une nouvelle confiance.

On demande aussi la création d’un Ministère 'distinct des Pêcheries à la tête duquel serait placé un Ministre des Provinces Maritimes. La question la plus embarrassante et la plus vexante au programme de la commission est bien la suppression des chalutiers à vapeur. Les pêcheurs de la Nouvelle-Ecosse ont toujours protesté contre ce privilège accordé aux grosses compagnies.

On demande aussi l’utilisation non-seulement du chien de mer mais aussi des déchets de tout poisson.

On 'demande encore des prêts à longue échéance pour les pêcheurs. C ’est ce que j 'avais demandé après la guerre : des prêts à longue échéance aux soldats de retour qui auraient voulu se livrer à l’industrie de la pêche pour la construction de bateaux de pêche. J’avais avec moi le distingué colonel Peck, député de Skeena, Colombie-Anglaise, mais nous n’avions pu réussir dans le temps. La chose sera mieux comprise maintenant, je l’espère.

Page 1