‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 24 sur 158 · UN PONT A LA RIVIERE AUX ORMES · texte numérisé non relu

UN PONT A LA RIVIERE AUX ORMES

L’amélioration la plus pressante sur l’Intercolonial était bien la construction d’un pont à la voie ferrée près de la rivière aux Ormes. A cet endroit, le chemin des concessions traverse la voie ferrée à l’extrémité est d’une coupe de pierre haute de 20 pieds et plus, et bien longue, et la route publique tourne rapidement de l’autre côté de la voie ferrée au pied d’une côte. De sorte que les voitures arri-

vaient sur la voie sans pouvoir entendre ni voir le train qui venait de l’ouest. Il n’y avait pas eu de perte de vie, mais il y en avait eu plusieurs en péril et qui avaient été sauvées par la Providence seule, on pourrait dire. Plusieurs pétitions avaient été envoyées aux autorités du chemin et aux représentants du comté, mais toutes les demandes avaient eu pour réponse que cette amélioration était trop dispendieuse.

Je me rendis à Moncton où je fis cette demande en insistant pour obtenir la réalisation de ce projet, mais on me fit la même réponse, c’est-à-dire, que l’entreprise était trop coûteuse.

Je ne me tins pas pour battu avec de telles explications. L’économie de quelque mille piastres était certainement bien louable, mais la perte d’une seule vie était bien plus terrible, et en même temps coûterait bien plus d’argent à la Compagnie du chemin de fer elle-même.

Etant à Ottawa pendant la session de 1897, j’attirai l’attention du Ministre des Chemins de fer, l’hon. A. G. Blair, sur cette question et lui expliquai la situation des voyageurs à cet endroit. “Le danger, lui dis-je, est reconnu par tous vos ingénieurs et vos directeurs, mais on continue à tenir le public exposé au danger sous le prétexte d’économie”. M. Blair me dit: “Dès le commencement de l’été, après la session, je vais faire une inspection du chemin de fer Intercolonial, avec mes ingénieurs et mes principaux officiers, et nous nous arrêterons à cet endroit. Vous nous rencontrerez et nous ferons un examen de cette situation, et si l’endroit est reconnu dangereux on y rémédiera ’.

En effet, peu de temps après, le Ministre vint faire son inspection. Je le rencontrai tel que convenu. M. Blair descendit avec l’ingénieur en chef, traversa la route, monta la côte de l’autre côté et à son retour, à la vue de la coupe si haute qui obstruait la vue du train, et en étouffait le bruit, le Ministre dit aux officiers: “Build a bridge over that eut, whatever the cost”.

Je ne pourrais aujourd’hui décrire ma joie et la joie des habitants du district a cette nouvelle. Depuis longtemps, cette traverse est là, et l’on passe sans crainte et sans penser au danger, et ni à l’amélioration faite pour le faire disparaître. Mais ceux qui souffraient depuis longtemps, qui craignaient cette traverse et qui étaient inquiets lorsque le père ou les enfants descendus à la côte étaient retardés, et qui ne pou\ aient prendre aucun repos avant leur retour à la maison, en conçurent une vive reconnaissance pour celui qui les avait tirés du danger, et cette reconnaissance dure encore.

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