PROTECTION DE LA PECHE AU SAUMON
La pêche au saumon dans le comté de G-loucester était et est encore une industrie importante sur les côtes du comté et jusque dans le comté de Restigouche.
En même temps c’est une pêche qui demande beaucoup de protection pour sa préservation. La saison de pêche ne peut durer que pendant une bien courte partie de l’année, et durant cette saison les portes d’entrée des seines doivent être fermées le samedi soir jusqu’au lundi matin, afin d 'éviter une pêche désastreuse, et permettre au poisson de monter les rivières où il peut éclore ses oeufs dans la tranquillité et en toute sécurité.
Sir Pierre-A. Landry, Juge en Chef N ouveau- Brunswick
,N ^nv temps la pêche à l'hameçon est soumise dans les ri¬
vières a de sévères règlements et à une taxe assez élevée que les sportsmen paient avec plaisir. Ils viennent en grand nombre de l’Ontario et des Etats-Unis. Ces étrangers sont jaloux des pêcheurs de la cote et ils paient des agents qui cherchent à les trouver en faute autant que possible. Us se plaignent surtout que les pêcheurs ne fermaient pas leurs seines le samedi soir et en 1904 ils déposèrent une plainte 'devant le juge stipendiaire, M. John E. O’Brien qui, sur la déposition des agents des licences, les condamna tous à une forte amende, ce qui signifiait la ruine pour ces pécheurs qui à chaque instant étaient menacés d’être de nouveau condamnés. Car toute cette côte du Nord du Nouveau Brunswick est exposée aux vents de toutes parts pour bien dire, et lorsque le vent souffle fortement le samedi, il est impossible aux pêcheurs de lever leurs attrappes.
Les pêcheurs des rivières n’avaient aucune sympathie pour les pêcheurs de la côte et exigeaient malgré tout l’observance du règlement.
Ces pêcheurs n’avaient pas les moyens d’en appeler de ce jugement à la Cour Suprême.
Les officiers de pêche du gouvernement avaient leurs explications et leurs mémoires des journées où il était impossible aux pêcheurs de s’exposer au danger, et à la perte de leurs seines.
Après sérieuse considération, le Ministre des Pêcheries, l’hon. Raymond Préfontaine, appuyé par l’officier en chef de cette branche du département des Pêcheries, R. N. Venning, décidèrent sur ma demande d’en appeler aux frais du département à la Cour Suprême du Nouveau-Brunswick qui renversa le jugement du magistrat local et ces pêcheurs furent exemptés du paiement de leurs amendes. MM. N. A. Landry et J. P. Byrne, tous deux avocats de Bathurst, représentaient le Ministre des Pêcheries à la Cour Suprême de Frédéricton.
Je tiens à dire que ces pêcheurs, tous Anglais et Ecossais, m’ont toujours témoigné une sincère reconnaissance ,et m’ont toujours favorisé de leur vote depuis cette date. Et, j’irais plus loin: ces mêmes hommes ont voté à la dernière élection pour mon successeur, M. Robichaud, par reconnaissance pour le passé.