‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 4 sur 158 · MES PREMIERES CONNAISSANCES · texte numérisé non relu

MES PREMIERES CONNAISSANCES

Comme je viens de le dire, tous les principaux citoyens, les chefs de toutes les familles se rangèrent autour de moi dans la plus généreuse sympathie pour me vouer tout leur appui dans mes entreprises.

A l’instant, j’étais assuré du concours de M. Jérôme Boudreau, instituteur acadien, déjà de grand mérite, et qui devait remplir la carrière la plus distinguée de son temps dans l’enseignement. Il était plus âgé que moi d’une dizaine d’année, et avait déjà commandé le respect et l’admiration non seulement de ses paroissiens, mais de toute la population de la ville de Bathurst et des autres districts du comté de Gloucester. Il devait plus tard sous l’administration de l’hon. A. G. Blair, devenir le premier inspecteur français des écoles du Nouveau- Brunswick.

Avec lui j’étais assuré de l’appui général, universel pour ainsi dire, de toute la grande paroisse de Beresford, à peu près la plus grande alors de tout le comté. Bientôt, j’avais à mes côtés, dans ce mélange de généreuse sympathie et de noble ambition tous les chefs des principales familles. Il me semble que je dois à la mémoire de ces bons amis d’écrire dans ces notes leurs noms, et de les transmettre à la connaissance de mes lecteurs et à autant de générations que possible.

Au nom de Jérôme Boudreau, j’ajoute les noms suivants: Jérôme H Godin, Jérôme Roy, Fabien Frenette, Mathée Frenette, Denys Laplante, Perry Comeau, Bernard Comeau, François Frenette, Napoléon H. Roy, Louis Fournier, François Allain, les Taché, Pelletier, etc.

Durant tout un demi-siècle ces hommes-là ont lutté pour moi et avec moi pour la cause acadienne, tous ayant vécu cette période dans les luttes constantes durant les deux premières décades, dans l’adver-

sité, et terminé dans la jouissance de leur idéal, emportant tous au tombeau ma sincère gratitude pour leur constante fidélité à mon égard et l’admiration de toute la belle et grande paroisse.

Je dois dire à l’instant que l’absence de tous ces bons amis maintient constamment dans mon coeur un mélange de chagrin et de gloire qui s’aiguisent davantage chaque fois que je repasse cette belle route de Beresford, Petit-Rocher et Belledune, sur la côte de la Baie des Chaleurs. Chagrin de voir que le bon père n’est plus à la maison; glorieux 'd’avoir pu conserver son estime et sa confiance jusqu’à son dernier soupir, et que leur génération me porte le même dévouement et la même considération.

Je m’empresse d’ajouter que toutes les familles anglaises de Beresford, catholiques et non-catholiques, s’étaient unies aux familles acadiennes dans leurs voeux de succès et prospérité. C’est ainsi que les Sweeney, les Devereaux, les Ahearn, les Chalmers, les Dunlop, les Alexander, les Mclntosh et bien d’autres m’étaient, aussi dévoués que les Acadiens eux-mêmes. Pour preuve, qu’il me suffise pour le moment de dire que dans une élection partielle en 1875 contre M. Ryan, de Caraquet, qui avait l’appui des “Lumber Lords” et de tous les gouvernements, au-delà de cinq cents votes furent enregistrés en ma faveur tandis que M. Ryan put obtenir que trente-six dans toute la paroisse de Beresford.

Maintenant quelle fut ma première entreprise? Le chapitre suivant va le dire.

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