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LA RECIPROCITE AVEC LES ETATS-UNIS

Un traité de Réciprocité avec les Etats-Unis avait été de tout temps l’ambition de Sir Wilfrid Laurier et du parti libéral mais les divers gouvernements des Etats-Unis n’avaient pu être induits à renouveler le traité de Réciprocité avec le Canada c’est-à-dire avec les vieilles provinces depuis l’expiration du traité de 1854.

Ce n’était pas seulement le parti libéral qui regrettait le perte de 1 ancien traite de Recipiocite, le parti conservateur lui-meme avant la Confédération, et, après avoir fait des efforts constants pour obtenir le renouvellement de ce traité ou un autre équivalent qui aurait été à l’avantage des Etats-Unis aussi bien que du Canada.

Le gouvernement de Sir John A. Macdonald avait réitéré ses efforts à tout instant pendant tout son règne. Et Sir George Foster dans ses dernières années au pouvoir en 1894, avait inclus dans son budget une proposition qu 'aussitôt que les Etats-Unis voudraient 'recevoir tels et tels produits des ressources naturelles du Canada li-

bres de droits, le gouvernement canadien recevrait à la même condition les mêmes produits ou autres équivalents.

Tous les hommes d’Etat le demandaient. Certains libéraux allaient jusqu’à offrir une réciprocité complète, universelle aux Etats- Unis.

C’est pendant que j’étais à New York que cette question était le plus agitée et discutée. Les journaux du parti démocrate était bien en faveur d’une réciprocité plus ou moins limitée, mais les journaux républicains étaient aussi forts contre toute réciprocité commerciale.

Si les Démocrates avaient pu conserver le pouvoir après les deux termes présidentiels de M. Cleveland, je pense que l’offre aurait été acceptée. C’était le Sénat démocrate qui avait donné la mesure. Mais le parti républicain obtint alors les rênes du pouvoir pour un long terme et ce parti était tout pour la protection et un tarif élevé dans le temps, comme nos protectionnistes du Canada.

Dès son arrivée au pouvoir Sir Wilfrid Laurier, aidé de son Ministre des Finances, l’hon. M. Fielding entreprit des arrangements nécessaires pour une série de conférences entre les 'deux gouvernements du Canada et des Etats-Unis. Sir Wilfrid Laurier accompagné de l’hon. M. Fielding allèrent à Washington faire visite au Président des Etats-Unis en vue d’en venir à une entente.

Ils furent reçus avec la plus grande courtoisie de la part du Président et de ses principaux Ministres.

Des conférences furent arrangées pour une date assez rapprochée à laquelle M. Fielding, l’hon. M. Patterson, l’hon. M. Mulock étaient les principaux représentants 'du Canada, avec M. Henri Bourassa, jeune député de Labelle, comme secrétaire.

Certainement la courtoisie n’avait pas manqué chez les représentants de la République américaine. Les conférences et les discussions furent nombreuses et parfois intéressantes pour les représentants des deux pays, mais sans aucun résultat. L’entente commerciale était impossible et les conférenciers canadiens durent revenir les mains vides.

C’est alors que Sir Wilfrid se hâta de dire: “J’accepterai un traité de réciprocité aussitôt que la République américaine voudra nous l’offrir, mais aller leur demander ide s’entendre avec nous, jamais.”

Sir Wilfrid Laurier a toujours tenu bon à sa parole, et aux demandes qu’on lui faisait, il avait toujours la même réponse: “Nous serons prêts aussitôt que les Etats-Unis le demanderont.” Les années se suivaient, rien ne venait. Plusieurs nous disaient: “Nous n’aurons jamais de réciprocité avec les Etats-Unis.”

Enfin, après une douzaine d’années, en l’été 1910, voilà que les autorités américaines signifient au gouvernement du Canada que de plus intimes relations commerciales devraient exister entre les deux pays, et qu’à cette fin, un traité de réciprocité 'devrait s’effectuer le plus tôt possible, que des représentants du gouvernement du Canada avec une telle mission seraient bien reçus et bienvenus

par le président de la République et de ses ministres.

Cette gracieuse invitation, attendue depuis bien des années, fut reçue avec la même grâce, la même courtoisie et la même générosité de la part de Sir Wilfrid Laurier et du gouvernement libéral. Une délégation canadienne, présidée par l’hon. M. Fielding, ministre des finances, fut immédiatement envoyée à Washington. La conférence dura plusieurs jours; les bases d’un traité de réciprocité furent établies, une parfaite entente fut consommée, nos délégués revinrent au Canada enchantés de leur réception et complètement satisfaits de leurs négotiations avec la délégation américaine. Us se hâtèrent à l’instant 'de mettre en ordre les diverses mesures élaborées ensemble. En peu de temps, l’hon. M. Fielding et ses associés de la délégation avaient un traité complet, prêt à soumettre à la délégation américaine. Au jour indiqué, l’hon. M. Fielding retournait à Washington et, après quelques jours de travail, le traité de réciprocité, présenté plus tard au Parlement canadien, fut signé par les représentants des deux pays, et le gouvernement Laurier n’avait plus qu’à attendre la session prochaine pour le faire ratifier.

Il en était de même pour le gouvernement américain. Ce dernier n’avait pas à attendre si longtemps l’ouverture de la session de leurs Chambres, et de bonne heure dans l’hiver ce traité avait déjà été ratifié par le Congrès et le Sénat américain.

Ici, au Canada, ce traité fut présenté au mois d’avril à la Chambre des Communes. Mais, qui l’aurait cru? Tous les conservateurs, qui avaient tant demandé un traité de réciprocité avec les Etats- Unis, du premier au dernier, et Sir George Foster qui lui-même, alors qu’il était ministre des Finances, avait offert un traité semblable aux Etats-Unis, se prononcèrent contre. C’était la répétition de leur négation de leur principe et de leur demande d’une marine navale pour le Canada à la session précédente.

Les conservateurs se résolurent à l’instant de faire une obstruction invincible. Les débats durèrent des mois entiers. Sir Wilfrid Laurier dut ajourner le Parlement pour aller assister au couronnement du roi George, et, à son retour, trouvant les conservateurs dans le même esprit de rage, suscitant toutes espèces de préjugés dans le pays, décida soudainement de proroger le Parlement -et d’en appeler au peuple.

Par malheur, sur l’appel de tous les préjugés possibles de différentes natures, suivant la religion et la race des différentes provinces, le peuple canadien, surtout dans les provinces de Québec, de l’Ontario et du Manitoba, se laissa aveugler par ces appels et refusa d’approuver cette mesure qui aurait tant contribué à sa prospérité et à son bonheur national.

Dans le même temps, comme on se le rappelle, le parti nationaliste, dirigé par M. Henri Bourassa, secondé de l’hon. M. Monk dans la province de Québec, faisait la guerre à Sir Wilfrid Laurier sur la loi de la marine navale et accusait Sir Wilfrid Laurier d’être traître à sa religion et à sa race, prétendant qu’il voulait enlever

les enfants canadiens à leurs pères et mères pour les envoyer souffrir et mourir pour l’Angleterre.

Dans l’Ontario, les conservateurs criaient que Sir Wilfrid était catholique et français et que, par conséquent, il ne devait plus conduire les destinées du Canada. Et dire que c’étaient les conservateurs de l’Ontario, avec cette guerre contre Québec, sa race et sa religion, qui défrayaient les dépenses de la campagne contre Sir Wilfrid dans Québec. Je ne puis oublier une telle conduite de la part de nos hommes 'd’Etat canadiens-français et canadiens-anglais.

La Province de Québec se réveilla bientôt et, à la première occasion, elle relégua dans l’obscurité les vingt-deux hommes qu’elle avait élus à l’appel des nationalistes. Mais il était trop tard et elle a dû souffrir sa part des conséquences de cette campagne de 1911. Oui, si le peuple avait soutenu le pacte de réciprocité, le Canada aurait été dans une différente position à la déclaration de la guerre, trois ans plus tard, et le Canada serait encore en coopération économique et commerciale avec les Etats-Unis, qui n’auraient jamais imposé le tarif “Fordney” au Canada, car nous aurions vécu dix années d’harmonie mutuelle et de prospérité réciproque qui se seraient prolongées indéfiniment.

Toutefois, espérons que cela a été une bonne leçon pour Québec et qu’elle continuera à l’avenir, comme elle l’a fait depuis, à se tenir sur ses gardes et à ne pas se laisser emporter davantage.

Le peuple acadien des Provinces Maritimes, du Nouveau-Brunswick surtout, ne se laissa entraîner par aucun appel, excepté dans le comté de Kent où l’hon. M. Leblanc s’était retiré de la lutte. Les comtés de Restigouche, 'de Northumberland, de Madawaska et Victoria comme de Gloucester et le comté de Westmoreland, où le vote acadien fut très fort, votèrent pour la réciprocité. Dans la Nouvelle-Ecosse, comme sur l’Ile du Prince-Edouard, tous les comtés où le vote acadien avait de l’influence élirent des libéraux en faveur de la réciprocité.

Au Nouveau-Brunswick, sept libéraux et cinq conservateurs furent élus. Dans la Nouvelle-Ecosse, neuf libéraux et neuf conservateurs furent choisis.

Sir Wilfrid Laurier ayant proclamé la dissolution des Chambres, je dus me préparer comme les autres pour l’élection dans Gloucester Plusieurs 'de nos amis liberaux étaient sous 1 impression que M. T. M. Burns ne voudrait pas entreprendre une nouvelle lutte contre moi, ayant été défait à l’élection provinciale six ou sept mois auparavant. Comme je l’ai dit, j’avais bien prévu que M. Burns serait favorisé de toute manière possible de la part de l’hon. J. D. Hazen, prenrer ministre du gouvernement provincial, comme il l’avait été à l’élection de 1908, et qu’il avait mis à sa disposition

le patronage du comté durant ces trois dernières années.

Le parti conservateur de Gloucester ayant été favorisé du gouvernement conservateur provincial depuis plus de trois ans, et ce dernier me bombardant de toutes ses forces, on croyait fermement réussir à ma défaite. Le fait est que l’bon. M. Hazen, dans toute la province, et même dans Québec où il avait pris la parole à une couple d’assemblées, prédisait la victoire dans tous les comtés du Nouveau-Brunswick. “Pas un comté dans le Nouveau-Brunswick n’échappera à la défaite le jour du vote”, avait-il dit à une assemblée dans la ville de Québec. Sur ce, un voyageur de commerce s’écria: “What about Gloucester?”

L’hon. M. Hazen continua son discours comme s’il n’avait rien entendu, devinant que cet individu connaissait Gloucester. Son refus de répondre fut bien interprété par l’assemblée comme une négation de sa déclaration et qu’il ne voulait pas entrer en discussion au sujet du comté de Gloucester.

S’il y avait un homme ou une compagnie de commerce qui devait être en faveur de la réciprocité, c’était bien la compagnie de MM. Thomas Adams et Burns, qui devait profiter directement de ce traité plus que tout autre puisqu’il lui ouvrait le marché américain pour son bois, ses lattes, etc. Mais il s’agissait 'de battre Laurier et de mettre le parti conservateur au pouvoir.

La lutte fut plus acharnée que jamais. Ma majorité de mille voix moins douze, mit fin à leurs efforts et à leurs dépenses personnelles, et M. Burns déclara aussitôt que c’était sa dernière campagne et qu’il ne se présenterait plus tant que Turgeon serait candidat; il a tenu sa promesse. Aux élections de 1917 et de 1920, M.,

Burns refusa non-seulement cl’être candidat, mais aussi de prendre une part active aux élections.

De la part du parti conservateur, M. Burns avait droit à toute la sympathie et aux faveurs du gouvernement et durant la période de 1911 à 1921, en deux occasions, ce gouvernement dût nommer des sénateurs catholiques dans la province, en succession chaque fois à un sénateur irlandais catholique, mais à chaque occasion il fut mis de côté pour d’autres qui, au point de vue du parti, le méritaient certainement moins que lui. C’est surtout la dernière nomination celle de l’hon. sénateur John Anthony McDonald qui lui perça le' coeur. Ce dernier remplaçait le sénateur McSweeney.

L’hon. R. W. Wïgmore, ministre des Douanes, l’avait même fait attendre à Ottawa pendant 'deux jours dans l’espérance, lui disait-il de le faire nommer avant son retour, pour venir lui annoncer le lendemain que M. McDonald, d’Amherst, N.-E., avait été nommé.

M. McDonald était résident de la Nouvelle-Ecosse; toutes ses affaires, manufacture, etc., étaient dans la Nouvelle-Ecosse; par conséquent, il n’avait pas droit à une nomination au Sénat pour le Nouveau-Brunswick. Cependant, M. McDonald avait acquis une petite résidence d’été, peu de temps auparavant, à Ste-Thérèse, près Shédiac, et le Sénat accepta cela comme résidence suffisante, ce qui est encore bien douteux aujourd’hui même. De plus, ce qui ren-

dait la nomination encore moins populaire dans le Nouveau-Brunswick, c est qu il n’y avait plus de sénateur irlandais catholique du ' 0lvv eau-Brunswick au Sénat ; M. McDonald, bien que catholique, est écossais, et les écossais catholiques sont bien peu nombreux dans le Nouveau-Brunswick.

Au moment où j’écris, M. Burns vient d’être enlevé de ce monde par suite d’une maladie qui, sans le retenir au lit, ni même à la maison, avait miné, je pourrais dire, sa constitution. 11 laisse sa femme et trois enfants en bas âge.

M. T. M. Burns, jeune demi-frère de M. Kennedy P. Burns, conduisait depuis quelques années un commerce d’épiceries en gros dans Bathurst, et ses affaires s’étendaient dans tout le comté. Il avait pris cette ligne de commerce dès le transfert des intérêts de M. Thomas Adams à la Bathurst Lumber Company. 11 laisse sans doute un gros héritage à sa famille.

M. Burns, comme son frère aîné, était certainement doué de grandes qualités personnelles ; il était sociable et, en dehors de nos campagnes électorales, nous étions toujours prêts à échanger les meilleurs souhaits et à discuter ensemble le plus amicalement possible les différentes questions qui surgissaient de temps à autre. Il était encore jeune et sa mort, qui est une grande perte pour sa famille, est en même temps regrettée de toute la ville de Bathurst et dans le comté de Gloucester.

La session s’ouvrit peu de temps après l’élection, aussitôt que Sir Robert Borden, devenu Premier Ministre, eut formé son cabinet. Sir Wilfrid Laurier, suivant la coutume en Canada ainsi qu’en Angleterre, ne voulut pas faire d’opposition aux nouveaux ministres, qui furent tous réélus par acclamation, ce qui sauvait du temps et des dépenses inutiles.

Dans le mois de novembre, le mois habituel dans le temps, la session fut convoquée. L’apparence du Parlement avait bien changé, autant dans son personnel que dans ses principes. Comme je l’ai déjà dit, les nationalistes avaient été élus sur leur déclaration que Laurier était trop anglais, trop pour l’empire, et les conservateurs, surtout ceux de l’Ontario, sur leur affirmation qu’il était trop catholique, trop français et pas assez britannique. Sir Robert Borden devait être Premier Ministre, mais si les vingt ou vingt-deux nationalistes avaient tenu à leurs principes, ils n’auraient pu s’allier avec le parti qui venait de déclarer que Laurier était trop français et trop catholique. Qu’était-il donc arrivé ? Durant la nuit, ces •deux partis extrêmes s’étaient ralliés, à condition que les nationalistes seraient non-seulement reconnus, mais partageraient à eux seuls tous les portefeuilles de Québec et tout le contrôle du patronage et de l’administration de la province de Québec. C’est ainsi que les honorables Monk, Blondin, Nantel, Doherty et Pelletier de-

vinrent ministres, M. Henri Bourassa refusant de faire partie du gouvernement, à condition que ces messieurs fussent le choix de l'administration.

On n’entendit plus parler de réciprocité; c’était une question morte. On dut parler de marine navale, mais pour ‘dire que le peu qui était commencé et ne pouvait être détruit, serait seul terminé et que les contrats pour la construction de ces bâtiments étaient annulés. Comment les conservateurs allaient-ils mettre en pratique leur profession de loyauté à l’empire et refuser toute participation? Ils avaient le pouvoir et ne pouvaient pas le conserver sans les nationalistes; alors l’empire ne comptait plus. Les choses marchaient assez tranquillement. La revanche contre le progrès dans les comtés restés fidèles devaient se refaire, et les travaux publics, les améliorations de la navigation, tout cela devait arrêter.

C’est ainsi que j’avais un montant de $16,000 de voté dans les crédits supplémentaires pour un brise-lames à la Pointe-Verte, à cinq milles à l’ouest de Petit-Rocher. Les crédits avaient été dans l’intervalle étudiés, des demandes de soumissions avaient été faites, un contrat avait été signé avec le plus bas soumissionnaire, M. Charleson, d’Ottawa. Le Conseil Privé avait ratifié et signé son contrat, la veille, à bien dire, de la dissolution, et M. Charleson, n’ayant pas eu l’avis officiel de cette signature, ne pouvait commencer son ouvrage. C’était le seul point possible sur lequel le gouvernement pouvait retarder les travaux et refuser le contrat.

Tandis que la soumission de M. Charleson était de $16,000, un M. Culligan, marchand de bois dans Restigouche, à quelques milles de la Pointe-Verte, en avait une au montant de $20,000. M. Culligan était député conservateur de ce comté à la législature et l’un des plus fidèles serviteurs de l’hon. M. Hazen, qui venait de remplacer l’hon. M. Pugsley dans le gouvernement, comme représentant de la province du Nouveau-Brunswick. M. Culligan fit plusieurs visites à Ottawa, mais M. Hazen savait bien que je crierais immédiatement au scandale, si l’on transférait ce contrat à un autre soumissionnaire, à un montant de $4,000 de plus.

On eut recours à une autre ruse. On demanda de changer l’emplacement de cette construction à un quart de mille plus à l’ouest. On remit alors à M. Charleson son cautionnement de $1,600, et les ingénieurs reçurent les ordres de faire de nouveaux sondages, de nouveaux calculs, et, à la session suivante, le montant pour cet ouvrage fut de nouveau placé dans les crédits. On ne se pressait pas de faire commencer les travaux ; plus la prochaine élection approcherait, mieux ce serait pour obtenir un plus gros vote conservateur.

Mais pendant l’attente, la guerre se déclara et le gouvernement dut remettre à plus tard tous ses crédits pour de telles constructions, et les pêcheurs de la Pointe- Verte furent ainsi privés de cette protection, depuis 1912 jusqu’à 1925, alors que le gouvernement liberal a fait de nouveau voter la somme de $16,000 pour cet ouvrage, à la demande de mon successeur, M. J. G. Robichaud, à qui je donne

tout l’appui possible dans les intérêts du comté de Gloucester. A l’heure présente, ce quai est en voie de construction.

J’avais aussi un autre crédit, à la même session, d’un montant de $12,000 pour un autre quai à Petite-Lamèque, mais toutes les signatures voulues pour ce contrat avaient été faites* et l’entrepreneur commença son ouvrage. Cette accommodation a été d’un grand service aux nombreux pêcheurs du voisinage comme à ceux de Lamèque, Le temps passait bien tranquillement 'dans Gloucester. Toutefois, on jouissait partout de mes travaux, de mes accommodations, les unes dernièrement complétées et rendant tous les services anticipés, les autres en voie de construction, donnant de l’ouvrage et de l’argent à la population du voisinage.

J’avais aussi obtenu la construction d’un autre quai au bas de Caraquet, paroisse de St-Paul, qui contient un grand nombre de pêcheurs; c’est le centre le plus compact de ces industries, pour lesquelles les quais 'de Caraquet étaient trop éloignés. Il y avait longtemps que j ’avais promis à cette partie de Gloucester une telle amélioration. C’était une entreprise dispendieuse, car le rivage sur toute cette côte est très plat, et il fallait pour arriver à une suffisante profondeur d’eau, couvrir une longueur extraordinaire de plus de 2,500 pieds. Les adversaires tentaient d’appeler cela des extravagances. Mais les pêcheurs en avaient besoin et leur industrie le demandait.

En 1909, le contrat avait été donné à M. Henri Duguay, propriétaire de l’hôtel Duguay à Caraquet, et il se montra un bon entrepreneur; il fit un ouvrage qui reçut U admiration de tout le monde. J’avais bien d’autres améliorations en vue, mais je dus me contenter de ce que j’avais eu au cours de l’administration libérale.

Tracadie n’avait pas été négligé non plus. Le havre avait été beaucoup amélioré et j’avais à ce moment en vue le creusement d’un chenal à travers la pointe de terre entre le haut du hâvre de Tracadie et la Grande Rivière de Tracadie, ce qui aurait épargné le détour fait par le vieux chenal qui se remplit toujours.

Le changement de gouvernement ne me permit pas 'de faire cette amélioration.

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