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LA PART DES ACADIENS DANS LA GUERRE

C’est surtout à la Chambre des Communes, comme doyen de la représentation acadienne au Parlement, que je crus de mon devoir de faire connaître à tout le Canada la part généreuse et patriotique que la population acadienne avait prise dans cette guerre.

C’est à l’ouverture de la session de 1916, au cours du débat sur l’adresse, que je crus de mon devoir de laisser connaître au Parlement et au pays le rôle joué par les Acadiens dans cette guerre, alors que tout l’entraînement était établi. Je transcris ici une courte partie de mon discours sur cette question, reproduit dans le Hansard du 21 janvier 1916. Après avoir rendu un tribut d’hommage à deux membres de la race canadienne-française de la province de Québec et de l’Ouest du Canada, pour la part qu’ils avaient prise dans cette guerre, je continuai:

“Mais je me lève pour dire que là-bas, à l’est de Québec, le long du littoral de l’Atlantique et du golfe Saint-Laurent, il se trouve une branche de la race française sur la terre d’Evangéline, aux forêts primitives si éloquemment décrites par Longfellow, que remplacent aujourd’hui des villes, des villages, des maisons heureuses, comptant de nombreux enfants — vraie bénédiction — qui apprennent à oublier les malheurs occasionnés par la conquête dans la jouissance des glorieuses prérogatives qui sont l’apanage des citoyens britanniques. Je parle des Acadiens des Provinces Maritimes, qui, à l’heure présente, donnent la preuve de leur amour de la patrie et de l’appréciation qu’ils font des avantages, de leur qualité de citoyens britanniques, avantages qui sont communs à tous les groupes canadiens. Comme le plus ancien député acadien dans cette Chambre, représentant le groupe le plus nombreux des Acadiens des Provinces Maritimes, qui m’a ouvert les portes du Parlement il y a seize ans, et qui les a toujours laissées ouvertes devant

moi depuis lors, je considère qu’il est de mon devoir de vous faire connaître ce qui s’est passé parmi la population acadienne des Provinces Maritimes.”

Je rappelai avec empressement la part prise par le clergé acadien lorsque à la plupart de mes assemblées, c’était le curé de la paroisse qui présidait, et c’était la même chose dans les autres comtés.

Je citai aussi les paroles de Mgr LeBlanc, 'de Saint-Jean, le seul évêque acadien à cette date, qui, dans une assemblée politique à Saint-Jean, sa ville, le 4 novembre 1914, fit cet appel vraiment patriotique et vibrant:

“Comme Canadiens, notre cause est liée à celle de l’Angleterre, ses intérêts sont les nôtres. Si l’Angleterre était vaincue, elle nous entraînerait dans sa chute et nous perdrions tous les glorieux privilèges dont nous jouissons comme citoyens britanniques. Le Canada aujourd’hui si libre et si heureux, auquel la Providence a donné de si grandes ressources, et qui a un si grand avenir devant lui, serait réduit à l’état de vassal et broyé sous le talon d’acier d’un potentat étranger et malveillant.”

“Si l’Angleterre est battue dans cette guerre, ce sera sa chute définitive, et si elle réussit, le succès sera chèrement payé, mais remercions Dieu de ce que l’esprit chevaleresque subsiste encore ; de ce qu’il y a assez de patriotisme et d’héroïsme dans la jeunesse de notre province pour faire un suprême effort en faveur de la cause de l’Angleterre.”

“Notre espoir est dans notre jeunesse, c’est vers elle que nous tournons nos regards pour défendre l’honneur et la gloire de l’Empire anglais, de cet Empire qui plutôt que de manquer à la parole 'donnée à la vaillante petite Belgique, a consenti à sacrifier les plus nobles et les plus dignes de ses fils.”

Ces paroles d’un évêque acadien et les faits que j’ai cités suffisent pour faire comprendre aux générations à venir la part généreuse et patriotique des Acadiens dans cette guerre. Je rappelai qu’à part ces milliers d’Acadiens déjà enrôlés, on était à former un bataillon acadien avec l’approbation du ministre de la Milice, Sir Sam Hughes, avec ses officiers propres et son autonomie, et je donnai mon tribut de félicitations au ministre pour son généreux acquiescement à cette demande. Toutes mes paroles à ce sujet furent reçues avec toute la reconnaissance possible de toute la Chambre.

UN TEIBUT A LA BACE ACADIENNE

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