‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 51 sur 158 · LES ELECTIONS EN TEMPS DE GUERRE · texte numérisé non relu

LES ELECTIONS EN TEMPS DE GUERRE

La responsabilité de la conscription 'devait nécessairement enlever la Province de Québec pour ainsi dire à l’unanimité, et enlever aussi bien des comtés dans les autres provinces, où l’on comprenait bien l’infraction à la constitution, et le manque de nécessité d’une telle mesure. Les cultivateurs de l’Ontario eux-mêmes étaient venus en délégation, comptant au-delà de deux mille représentants des cultivateurs de l’Ontario, et un grand nombre de Québec, sur l’invitation des fermiers de l’Ontario. Ces délégués étaient venus dans l’espérance d’être admis au Parlement et discuter avec les membres du gouvernement, sinon avec le Parlement, cette loi de conscription, qui, à la première explication, avait été admise comme devant exempter tout fermier, tout enfant de fermier, demeurant sur des terres cultivées. Mais, ils durent se soumettre au refus du Premier Ministre et choisir une salle dans la capitale où ils firent entendre leurs griefs qui tombèrent sur des oreilles sourdes. On se rappelle bien tous ces tribunaux d’exemption, qui ont coûté cher et ont accompli peu de choses.

Il fallait donc laisser de côté la loi d’élections, et en fabriquer une autre pour l’occasion. Cette nouvelle loi donnait le droit de vote à tout soldat, n’importe où il pouvait être, et d’où il pouvait venir, des Etats-Unis aussi bien que du Canada. On savait bien que les soldats dans les tranchées ne pouvaient pas s’absenter à un moment donné d’avance pour aller voter, alors certains officiers s’occupaient du vote qu’ils prenaient en tout temps, suivant la meilleure occasion, et l’on ne manquait pas 'd’expliquer aux soldats que cette conscription était établie pour avoir des hommes qui viendraient les remplacer et leur permettre de retourner au Canada, et que pour cela il fallait voter pour le gouvernement.

C’est ainsi que le vote des soldats, à peu d’exceptions près, fut unanime pour le gouvernement. On sait que le vote n’était pas secret chez les soldats, en Canada même, comme en France et en Angleterre. Mais ce n’est pas tout.

Il n’y avait pas encore de loi de vote pour la femme du Canada dans le temps. On en avait entendu parler un peu dans l’Ontario et l’Ouest, mais sans aucun bruit. La question avait été laissée de côté pour longtemps encore.

Mais avec l’inspiration facile de l’hon. Arthur Meighen, les suggestions ne manquaient pas, surtout lorsqu’il s’agissait de soutenir le gouvernement, qui menaçait de s’écrouler.

Alors M. Meighen proposa une loi pour le vote de la femme canadienne qui avait des fils à la guerre, et pour les soeurs et les femmes de la famille qui comptait un ou plusieurs soldats enrôlés. Ces femmes et ces filles naturellement voteraient pour le gouvernement dans l’espérance de voir leurs fils ou leurs frères revenir au foyer.

Telle était à peu près la teneur de cette loi d’élection en temps de guerre.

Pour le comté de Gloucester, qui avait agi avec tant 'd’honneur, cette loi n’ajoutait qu’à la haine de la conscription.

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