‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 59 sur 158 · SESSION 1919 (SUITE · texte numérisé non relu

SESSION 1919 (SUITE

Le rétablissement des soldats retenait souvent l’attention du Parlement et bien des mesures lui furent soumises. On voulait donner toute préférence possible et praticable aux soldats dans l’emploi du service civil.

Le 31 mars 1919, Thon. M. McCundy proposa une résolution ainsi conçue :

“La Chambre est d’avis que la loi du service civil devrait être modifiée de telle manière que, tout en conservant son caractère d’efficacité absolue, une préférence devrait être accordée dans les nominations du service public aux membres de la force expéditionnaire

canadienne qui sont devenus invalides sur l’un des théâtres de la guerre.”

Cette résolution certes était bien conforme aux promesses faites aux soldats alors qu’ils s’enrôlaient pour 1a. guerre, prêts à sacrifier leur vie pour sauver le pays. On devait nécessairement mettre la commission du service civil non seulement en pouvoir, mais en droit d’agir de cette manière et donner toute préférence possible au soldat .de retour. M. Morphy déclara que cette expression “accidents de guerre” était un terme très large et qui mettait le soldat qui aurait reçu la plus petite blessure sur un pied d’égalité avec celui qui aurait passé des mois, des années, dans les tranchées et qui souffrirait de bien des manières,

M. Morphy proposa un amendement à la résolution de M. Me- Curdy qui était comme suit :

“La Chambre est d’avis que la loi du service civil devrait être modifiée pour que la priorité dans les nominations du service public soit accordée aux membres du corps expéditionnaire canadien, au corps royal canadien de l’aviation et aux Canadiens de l’armée impériale et des armées alliées qui ont servi au front, en tenant compte de l’uniformité de la durée des services et de l’efficacité.”

Je devais me prononcer sur ces résolutions, car je voulais toute préférence possible pour le soldat et surtout pour le soldat le plus méritoire et le plus en souffrance. La résolution, suivant moi, n’allait pas assez loin, mais j’étais décidé d’appuyer l’amendement de mon vote, parce qu’il reconnaissait les hauts faits militaires et le temps de service qu’ont accompli nos vétérans de la grande guerre. Je savais que nombre de soldats de retour au pays s’étaient présentés pour obtenir des emplois publics, qu’ils étaient parfaitement aptes à remplir, cependant pour une raison ou pour une autre, la commission n’avait pas jugé à propos de se rendre à leurs demandes. Parmi les soldats de retour du front, il y en a un bon nombre qui, bien qu’ayant conservé tous leurs membres, souffrent d’autres infirmités qui les rendent incapables d’accomplir une tâche fatigante. Et qu’est-il arrivé? Des vétérans ayant obtenu leur congé au bout de plusieurs années de service actif ont vu leurs demandes refusées par la commission tandis que la commission insiste pour que d’autres soldats, qui n’ont pas été libérés du service, le soient au plus tôt afin de les nommer à certaines fonctions publiques. Nombre de vétérans de la grande guerre, qui se sont fort distingués sur les champs de batailles, sont laissés dans l’oubli. J’étais d’avis qu’il fallait prendre des mesures pour remédier à cet état de choses, et c’est pourquoi j’avais l’intention d’appuyer l’amendement.

J’étais d’avis que pendant une période d’un an au moins, toutes les nominations dans le service extérieur devraient être réservées à des vétérans libérés du service. Au cas où il n’y aurait pas de soldats disponibles pour remplir une vacance dans un comté ou une paroisse, on pourrait choisir un vétéran dans le comté ou la paroisse voisine.

Tels ont été toujours mes soins pour les soldats.

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