‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 60 sur 158 · L’EDUCATION TECHNIQUE · texte numérisé non relu

L’EDUCATION TECHNIQUE

Le 5 juin 1919, l’hon. J. A. Calder appela la Chambre à se former en comité pour considérer une aide de $10,000,000 aux Provinces pour l’éducation technique, qui devait leur être payée 'dans les dix années de 1919 à 1929, en montants d’environ un million de piastres par année, divisé entre elles en proportion de la population de chacune, suivant le dernier recensement. Ces différentes sommes devaient être employées pour l’éducation technique seulement, et ne pouvaient être appropriées au maintien des bâtisses déjà construites par les différentes provinces et autres choses de cette nature.

Le gouvernement 'de chaque province devait s’entendre à ce sujet avec le gouvernement fédéral.

Ce projet était bien le résultat d’une commission d’éducation technique fournie par Sir Wilfrid Laurier, de sept membres, et dont M. C. D. James Robertson était le président. Cette commission avait voyagé à travers toute l’Europe et les Etats-Unis, et acquis toutes les informations possibles. Malheureusement, Sir Wilfrid Laurier était mis dans l’Opposition avant que cette commission eut fait son rapport, en 1912, et le gouvernement conservateur avait toujours remis de donner effet à ce rapport lorsque, enfin, la guerre fut déclarée en 1914, et le rapport fut remis pour un temps indéfini. En cette année de 1919, le gouvernement d’Union mit ce rapport à effet.

Ce que je désirais 'd’abord, et ce que la commission recommandait, c’était que suivant la constitution, toute éducation publique fût laissée au contrôle des Provinces.

C’est aussi ce qui se faisait par cette législation. Mais je tenais à mettre le gouvernement et le Parlement sur leurs gardes.

Afin d’assurer le maintien de l’esprit autant que de la lettre de la constitution, je rappelai à la Chambre, et surtout au Ministre de l’Intérieur que cette éducation technique devait être laissée aux provinces et que je regrettais que les subsides aux provinces n’étaient pas encore plus élevés, de sorte qu’elles pourraient d’ellesmêmes voir à l’éducation élémentaire. Toutefois, je désirais cette allocation aux provinces, qui auraient le contrôle 'de l’éducation. Je devais féliciter le Ministre d’avoir produit une telle mesure sachant qu’il était confiant que les diverses provinces comme la sienne étaient capables de conduire les affaires provinciales, il pourra imposer sa volonté sur ses collègues dans le gouvernement.

Je savais que le Ministre de l’Intérieur était un ardent défenseur des “droits provinciaux” lorsqu’il faisait partie du gouvernement de sa province et son transfert au gouvernement n’a pas changé ses principes à cet égard.

L’hon. M. Calder me remercia de mes remarques et il regrettait comme moi l’insuffisance 'des subsides aux provinces qui ne leur permettent pas de voir à toutes leurs affaires provinciales suivant l’intention des Pères de la Confédération.

Nous ne pouvions pas espérer qu’une telle question se réglât à l’instant, mais le temps la réglera certainement.

Ainsi l’on voit que dans toute ma carrière, j’ai constamment, en toute occasion, tenu au respect de la constitution sans fléchir sur aucun sujet, et surtout au sujet de l’éducation.

Enfin, tard et presque à la fin de la session, le budget de l’année fut présenté à la Chambre le 5 juin par Sir Thomas White, Ministre des Finances. Je n’avais rien à dire sur l’exposé de la situation du Canada fait par l’honorable Ministre des Finances, mais je considérais les mesures proposées comme inadéquates à la situation et incapables de créer une atmosphère assez claire pour l’avenir. C’était encore le maintien de la protection aux gros intérêts, le refus de la réciprocité avec les Etats-Unis qui maintenaient encore l’affaire de 1911 au Canada. Il manquait d’encouragement pour l’agriculture, principale ressource du pays.

Après la reprise du débat, le 9 juin, M. McMaster avait répondu au Ministre des Finances par un discours d’un grand mérite, bien étudié, avec des arguments serrés, et ce discours avait créé un bon effet. M. McMaster a toujours été un des plus forts orateurs de son temps sur la question financière du pays.

Il fut suivi par l’hon. Arthur Sifton, alors Ministre des Douanes. Celui-ci n’avait parlé qu’une vingtaine de minutes.

Il s'était contenté de quelques remarques déclarant que le temps n’était pas encore venu depuis la guerre de faire des changements dans le mode de prélever les revenus nécessaires pour le Canada.

En sortant à 6 heures, à la fin du discours de l’hon. M. Sifton, M. Robb, alors whip en chef du parti libéral, vient me trouver à mon siège et me demande, me supplie de prendre la parole à la réouverture de la séance, à 8 heures du soir. J’avais bien pensé à parler sur ce budget, mais je ne m’attendais nullement de parler ce soir-là. J’avais bien des notes en mains, j’avais bien songé à certains arguments, mais je n’avais encore allié aucun des sujets que j’aurais à traiter.

Je me rendis à mon bureau le plus tôt possible afin 'de mettre en ordre certaines notes, et de pouvoir soutenir un peu l’attention de la Chambre.

Si je m’arrête un peu sur ce discours, c’est que c’est- un de ceux qui m’a apporté le plus d’éloges de ma carrière de la part des députés et des sénateurs libéraux, après lecture du Hansard.

Le célèbre sénateur W. C. Edwards m’appela au téléphone, le lendemain, pour me présenter ses félicitations sur ce 'discours, qu’il venait de lire. J’acceptai les félicitations de ce grand financier comme un témoignage de grande valeur.

Je dis à l 'instant que j 'allais répondre à un des plus grands orateurs de l’Ouest, qui avait répondu à M. McMaster; en peu de mots et avec l’habileté qui le caractérisait, il avait su dissimuler la confusion qui régnait dans le Cabinet depuis la date de l’exposé du budget. Il nous avait prié d’attendre encore, et moi je trouvais que le gouvernement avait trop temporisé. Je m’étais déjà plaint, en discutant le discours du Trône, de cette trop longue temporisation. Le discours du Ministre des Douanes avait été plus concis que son habitude dans l’Ouest, alors qu’il pouvait remuer les masses de l’Alberta et exprimer sa pensée à la Législature provinciale. Sa concision aujourd’hui ne peut s’expliquer par un manque d’habitude ou d’habileté à manier la parole. Pour ma part, j’étais content de constater que bien que la dette publique s’élevât à près de deux milliards de dollars et que l’intérêt anormal atteignît $115,000,000, par contre, cette somme était due en grande partie aux habitants du Canada sous la forme d’obligations de la Victoire et d’autres effets publics.

Un milliard et demi de notre dette était payable au Canada, 360 millions en Grande-Bretagne, et 150 millions aux Etats-Unis. Je trouvais encourageant de savoir que la grande partie des fonds déboursés annuellement pour le service des intérêts serait remise à des habitants du pays.

Je fis remarquer que notre dette aux Etats-Unis, de cent cinquante millions de piastres, me rappelait que le Ministre des Finances avait changé d’avis depuis quelques années. En 1911, avec le Premier Ministre actuel, Sir Robert Borden, et le parti conservateur, il prêchait que nous ne devions faire ni marché, ni échange avec les Etats-Unis ; que nous ne devions pas leur vendre notre marchandise et nos produits avec un bénéfice, parce que cela pouvait porter atteinte à notre indépendance financière et affaiblir notre attachement au drapeau anglais, à l’empire britannique. Et cependant, quelques années après, le Ministre, au lieu de vendre des marchandises aux Etats-Unis, y grevait le patrimoine national jusqu’à concurrence de 150 millions de dollars parce qu’il y trouvait aisé de contracter un emprunt. En vérité, les temps avaient bien changé.

“Le revenu de l’exercice de 1918-1919 accusait une augmentation de 50 millions sur celui de l’exercice précédent. De cette somme on a tiré $147,740,000 des droits de douanes, à peu près 69 millions sur les revenus et sur les profits de commerce. Quant au reste, il est représenté par les recettes des chemins de fer de l’Etat, par celles des Postes et du Revenu de l’Intérieur. Ces $147,740,000 de droits de douanes, qui frappent les matières premières, on les a prélevées sur une population de huit millions, sur les consommateurs canadiens, sur les masses populaires, car les gens riches n’ont versé qu’une bien faible part. Dans la même année, les Etats-Unis avec une population de cent dix millions d’habitants, n’ont prélevé que $221,659,000 sous forme de droits de douane, soit moins du double de ce qui se prélève au Canada, bien que leur population fût de douze ou treize fois plus nombreuse que la nôtre. Cela représente un

fardeau de $18.45 par tête au Canada et de $12.11 seulement aux Etats-Unis. Il suffira de mettre une fois ces chiffres sous les yeux de notre population pour qu’elle ne les oublie pas.

Au cours de l’année dernière, ce qu’une famille de cinq personnes payait $10.55 aux Etats-Unis, elle le payait $93.35 au Canada. Tandis que le consommateur canadien est astreint au paiement de ces prix excessifs, qui permettent à quelques-uns de réaliser des bénéfices scandaleux, l’ouvrier américain, cela saute aux yeux, obtient de son salaire, la jouissance d’un comfort, et, à tous égards, d’avantages que l’ouvrier canadien ne peut se procurer. Aussi, n’y a-t-il pas à s’étonner que nos travailleurs réclament un relèvement 'de salaires qui leur permette d’améliorer leur sort, ou tout au moins de jouir d’une certaine somme de confort chez eux.

“La protection qui leur est accordée, les industriels n’en peuvent jouir qu’au dépens du consommateur, auquel son revenu ne permet plus de faire face à la cherté de toute chose. Il est à désirer que chacun puisse mettre de côté une partie de ce qu’il gagne, afin de se pourvoir contre les mauvais jours, mais loin d’être en mesure de pratiquer ainsi l’économie, l’ouvrier canadien en est réduit chaque samedi soir, ou quand vient la fin du mois, à se demander comment il fera pour joindre les deux bouts. En protégeant les industriels, on opprime les pauvres gens. ’ ’

Après avoir cité bien des chiffres à l’appui de ma thèse, je revins aux moyens de prélever un revenu. C’était en 1915 que le Ministre avait établi ce surplus de revenu de douane ou de tarif sur bien des articles de nécessité. C’était alors que le député de Red Deer (M. Clark) avait proposé une autre manière de prélever de l’argent en augmentant l’impôt sur le revenu, que j’avais appuyé ‘dans le même débat.

Pendant trois ans le Ministre des Finances avait refusé de se rendre aux avis et aux prières du parti libéral ou de l’Opposition en cette Chambre. Il aurait perçu le même montant en impôts sur le revenu qu’il a obtenu par l’imposition d’un tarif spécial sur les marchandises anglaises et étrangères, et les contribuables du Canada, aujourd’hui et depuis trois ans, plutôt que de payer des prix énormes pour les denrées, 1‘ habillement, les chaussures et le reste, auraient économisé au moins autant. De plus, il n’existerait pas aujourd’hui ce malaise et cette agitation concernant ces impôts dont les masses sont grevées.”

Etant toujours intéressé, je ne pouvais laisser passer cette occasion sans chercher à lui assurer l’attention publique.

Aussi, je me fis un devoir de rappeler au Ministre des Finances que les cultivateurs de l’Ouest, dès le 27 novembre, deux semaines après la signature de l’armistice, s’étaient réunis à Winnipeg et avaient demandé l’adoption de leur programme de libre-échange avec les Etats-Unis en certains cas, en même temps que la réduction des droits sur certains articles dont ils ont besoin, de manière à pouvoir se préparer immédiatement pour le printemps et ne pas à avoir à attendre jusqu’en juin, alors que les préparations pour la

récolte suivante seront terminées. Ils demandaient au gouvernement de mettre en vigueur la convention de commerce de 1911, et d’augmenter la préférence britannique, afin que, dans un délai d’environ cinq ans, nous puissions avoir le libre-échange avec la Grande- Bretagne. Telle était la demande des cultivateurs de l’Ouest, et je répétai que les cultivateurs du Nouveau-Brunswick s’accordaient parfaitement avec les cultivateurs de l’Ouest au sujet de ce programme.

Ce n’était pas tout. Je devais aussi rappeler dans mon discours que dans cette même année le programme du chef libéral comportait aussi l’établissement d’une marine canadienne. Nous avons attendu trois ans et rien n’a été fait.

“Quand la guerre fut déclarée, 'dis-je, nous ne possédions ni un croiseur, ni un sous-marin. Des navires de commerce allemands descendaient le St-Laurent, pendant que notre marine restait dégréée à Halifax. Si nos navires de guerre eussent été en état de combattre, nous aurions pu saisir assez de navires allemands pour nous payer la construction d’une marine. Pendant la guerre nous nous sommes trouvés dans la position humiliante d’avoir à compter sur l’Australie et le Japon pour garder les côtes de la Colombie-Anglaise. Si le projet de Sir Wilfrid Laurier eut été mis en exécution, nous aurions eu une organisation navale susceptible de former le noyau d’une marine de défense formidable. Si nous suivons les conseils de l’Amirauté nous devrons l’an prochain construire la marine que demandait le programme de Sir Wilfrid Laurier en 1911.

“Je vois, dis-je, le Ministre de la Marine (l'hon. M. Ballantyne) qui veut construire une marine. S’il le fait — mais ce sera dans un temps où elle ne sera pas appréciée, et alors qu’elle ne pourra rendre des services inestimables comme durant la guerre — “Toujours trop tard !”

Je ne pourrais, et ne devrais pas citer de ces discours dans ces mémoires; cependant, je tiens à rappeler que les principes que j’énonce aujourd’hui, je les ai proclamés hautement, il y a longtemps, lorsque l’occasion demandait vivement leur application, alors qu’elle aurait sauvé au pays bien des millions et des milliards.

Je me tenais toujours avec Sir Wilfrid Laurier pour un tarif de revenu seulement, au lieu d’un tarif de protection, et je me prononçai sur cette différence.

“....on parle de tarif pour le revenu et de tarif protecteur: Un tarif pour le revenu est nécessaire à certaines époques. 11 devrait être imposé sur les objets de luxe et porté sur les produits non fabriqués en ce pays, afin qu’aucune classe privilégiée ne puisse en profiter. Il ne devrait pas peser seulement sur le pauvre ou l’ouvrier des villes. En sa politique de protection, le parti conservateur a toujours déclaré avec fierté qu’il voulait faire surgir des villes au Canada. Pour cela il faut d’abord développer l’industrie agricole. Qu’on rende l’agriculteur heureux et content, qu’on améliore son état, et ses fils resteront alors sur la terre. Mais, si vous ne mettez pas le cultivateur à même 'de jouir de la vie, si vous n’améliorez pas son sort,

les jeunes gens quitteront les fermes pour venir dans les villes. Cela aura pour effet, non pas de développer les centres urbains, mais d’augmenter le chômage. Un tarif douanier qui a pour raison d’être le revenu, permet l’entrée des produits, tandis qu’un tarif douanier qui a pour raison d’être la protection, empêche les produits d’entrer.

Avec un tarif de protection, le fabricant, sachant que le droit de 25 ou 30 pour 100 empêche le manufacturier étranger d’envoyer ses produits au Canada, majore d’autant le prix de ses marchandises et bénéficie de l’énorme profit dont j’ai parlé tout à l’heure, si bien que le peuple, l’ouvrier, doit supporter tout le fardeau.

“Le Canada est mieux placé que n’importe quel pays de l’Europe pour adopter le libre-échange, car en Europe les pays qui sont contigus ont été des ennemis et ont dû se protéger mutuellement. Le commerce entretient l’amitié; plus nous avons de rapports commerciaux avec un autre pays, plus nos relations avec lui sont amicales. Plus les nations commercent les unes avec les autres, plus leurs relations deviennent amicales et fraternelles. Le libre-échange conduit à la paix perpétuelle. Il existe un dicton chez les vieux économistes de France qui dit que l’âge d’or viendra quand les nations de l’univers auront adopté le libre-échange. Parce que je crois à ce dicton, j’avais espéré que la fin de la guerre verrait l’introduction du libreéchange dans les différents pays alliés, les liant dans le commerce et l’amitié, et donnant ainsi un exemple à l’Allemagne et aux nation; qui jusqu’ici se sont toujours fait la guerre. Mon désir ne s’est pas encore réalisé, mais j’ai encore confiance que lorsque la paix sera signée, et cela probablement bientôt, la Société des Nations, dont le but est de créer l’harmonie parmi les nations, atteindra son objectif, en établissant la liberté du commerce international. J’espère que, avant longtemps, la nation allemande, régénérée sous l’influence d’une éducation nouvelle, sera admise dans la Société des Nations. Il y a quelque chose de providentiel dans l’oeuvre des hommes qui, outre mer, s’efforcent d’élaborer un traité de paix qui assurera la paix universelle future.

“Le libre-échange aidera certainement la Société des Nations à établir la paix universelle pour le grand bienfait du monde entier. C’est le libre-échange qui a fait triompher l’Angleterre. Lorsque la guerre s’est déclarée, elle avait une immense marine marchande, qui s’était augmentée d’année en année à mesure que son commerce s’étendait à travers les mers à tous les pays du monde. Si l’Angleterre n’avait pas eu cette marine et ce commerce, l’Allemagne serait aujourd’hui maîtresse du monde et tiendrait en esclavage ceux qui l’auraient combattue’’.

Je donnai bien des chiffres pour confirmer ce que j’avais dit. Les salaires sous la protection depuis 1878 avaient été bien petits, et l’ouvrier les acceptait parce qu’il était sous l’impression qu’il lui fallait attendre une plus haute protection.

“Il fallut du temps, dis-je, pour donner une nouvelle orientation à l’enseignement financier et économique du Canada; mais aujourd’hui, dans le monde entier, l’ouvrier du 20e siècle entend vivre en

homme intelligent et chrétien. Il veut jouir de la vie avec sa famille et donner à ses enfants une bonne éducation, tout comme peuvent le faire l’homme de profession et le riche. Pour réaliser son ambition, il lui faut un salaire d’un certain chiffre, mais il n’apprécie pas ce salaire d’après le montant de dollars, de shillings, 'de francs ou de marks qu’il reçoit; il le compte d’après la puissance d’achat, de l’unité spéciale, et il se contentera volontiers de trois dollars par jour, si, avec ces trois dollars, il peut acheter autant de nourriture et de vêtements pour sa famille qu’on en peut acheter pour six dollars aujourd’hui,

“Il ne s’attend nullement à un salaire exagéré; ce qu’il demande, c’est un salaire convenable, un salaire de chrétien. En disant un salaire digne d ’un chrétien, j 'entends que là où existe la pauvreté, il existe fatalement toutes sortes d’abus, et l’ouvrier se découragera. La nation a donc le devoir de veiller à ce que le courage de l’ouvrier soit maintenu par un salaire suffisant pour lui permettre de mener le genre de vie qu’il désire, et auquel il a droit d’élever sa famille.

“Les conservateurs d’aujourd’hui, dis-je, qui demandent encore la protection à grands cris et prétendent que nos industries péricliteraient sans protection, ne souscrivent pas aux principes énoncés par cette grande autorité, Sir John A. Macdonald qui, en 1877 voulait la. protection pour nos industries naissantes. Aujourd’hui, nos industiies naissantes ont acquis la quarantaine. L’enfant qui ne peut marcher à quarante ans devrait être rélégué dans une asile, et l’industrie qui ne saurait se suffire à elle-même, après quarante ans de protection, devrait être internée dans un hospice où elle n’aurait rien à faire ! ’’

J’ai tenu à faire connaître mes vues économiques, que j’ai énoncées bien des fois au Parlement du Canada.

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