‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 71 sur 158 · INVITATION DE L’HON. M. KING DE L’ACCOMPAGNER DANS LA SASKATCHEWAN · texte numérisé non relu

INVITATION DE L’HON. M. KING DE L’ACCOMPAGNER DANS LA SASKATCHEWAN

Pendant notre séjour à Wessington Springs avec mon fils Joseph, j’avais reçu une invitation de la part de l’hon. Mackenzie King de le rencontrer à Régina et de l’accompagner dans sa visite de la Province de la Saskatchewan. La date n’était pas encore fixée et je devais être informé en temps par son secrétaire.

Cette invitation fut pour moi une grande surprise ; elle était appréciable et redoutable en même temps.

C’était de sa part un acte de confiance et de reconnaissance à laquelle je ne m’attendais pas. De plus, je supposais bien que je devais adresser la parole à quelques assemblées, et c’est alors que je devais en redouter l’honneur, à côté de M. Lapointe et du Dr Béland, qui l’accompagnaient dans sa visite.

En arrivant à Régina, j’appris que l’hon. M. King ne serait là que dans environ trois semaines. Des lettres de mes amis, les candidats dans l’élection provinciale, l’hon. M. Yeniot et M. S. R. Léger, me sollicitaient de me rendre en temps pour leur donner un coup de main dans l’élection provinciale générale qui avait lieu le 8 octobre. Cela me donnait juste le temps de revenir pour la première assemblée à Régina, et les autres dans la Saskatchewan. Après un repos de deux jours et deux nuits à Régina, nous prîmes la route de Bathurst et le jour même du vote dans Gloucester, je reprenais la route de Régina où j’arrivai le jour même de l’assemblée, à midi, en temps pour aller prendre le dîner à l’Archevêché, sur l’invitation de Mgr Mathieu, transmise par mon fils qui me rencontra à la gare à onze heures du matin.

Ce fut un véritable plaisir pour mioi d’être le convive de Sa Grandeur Mgr Mathieu; à part l’honneur distingué qu'il me faisait, Mgr Mathieu était mon compagnon du Séminaire de Québec alors que j’étais deux ans avant lui dans nos études. Il était supérieur du Séminaire et recteur de l’Université Laval lors de mes premières années à la Chambre des Communes, et c’est sous sa direction que mon défunt fils, Charles, avait fait son cours de philosophie à cette institution, alors que le climat de Caraquet ne lui convenait pas. Mgr Mathieu l’avait traité comme un père traite son enfant et ses sympathies n’ont jamais faibli.

Après le dîner, nous nous rendîmes à une réception des citoyens de Régina à l’hon. Mackenzie King, qui avait été organisée par les agents du parti libéral de la Province dont mon fils était un des principaux organisateurs avec l’hon. M. Knowles, alors solliciteur-général.

Cette réception à l’hon. M. King fut certainement une des plus généreuses et des plus agréables à tous les points de vue. La division des partis et des factions politiques avait été mise de côté pour l’occasion et les citoyens et les dames de la capitale de la province étaient là en grand nombre.

C’était certainement un beau témoignage au chef du parti et d’un, bel augure pour l’avenir. L’hon. M. Motherwell, ministre de l’Agri-

culture depuis la formation de la Législature de la Province en 1905 jusqu’au mois de décembre 1918, alors qu’il se retira de la politique provinciale pour se porter dans l’arène fédérale, était présent. Dans le mois d’octobre 1919, il avait été défait dans une élection partielle dans l’Assiniboia, siège devenu vacant par la nomination de l’hon. M. Turriff au Sénat, par le gouvernement d’Union. M. Gould, le candidat élu, était du parti fermier qui venait de naître et se préparait à conquérir la Province de la Saskatchewan.

Je rencontrai là mes meilleurs anciens amis de la Saskatchewmii et des autres provinces que j’avais bien connus à Ottawa. C’était un grand plaisir pour moi 'de rencontrer l’hon. Juge Lamont, de la Cour d’ Appel, qui avait été le député de Prince Albert de 1904 à 1905 alors qu’il fut nommé procureur-général de la nouvelle province. Il avait appelé mon fils Alphonse à faire partie de son bureau légal dès son arrivée, à bien dire, jusqu’à l’automne 1905, alors qu’il résignait son siège au Parlement fédéral pour accepter le poste de premier procureurgénéral de la nouvelle province. Mon fils lui avait succédé lorsqu’il avait été élevé au Banc de la Cour Suprême.

J’étais également enchanté de rencontrer l’hon. W. M. Martin, premier ministre depuis le 20 octobre 1916, et qui avait été député à Ottawa de 1908 à ce moment. L’hon. M. Knowles avait aussi été mon collègue à la Chambre des Communes de l’année 1904 à l’année 1911. Je rencontrai plusieurs autres vieilles connaissances.

Il y avait deux assemblées ce soir-là. Aucune salle ne pouvait contenir la moitié de la foule empressée.

Je devais accompagner l’hon. M. King à la première assemblée et parler après lui lorsqu’il irait adresser la parole à l’autre foule dans l’autre salle, qui dans l’intervalle était entretenue par l’hon. M. Haydon et l’hon. M. Kennedy, devenu plus tard ministre des Chemins de fer dans le premier cabinet de l’hon. M. King, et M. Duff, député de Lunenburg, N.-E. Ces deux derniers ont accompagné l’hon. M. King dans tout son voyage dans l’Ouest, jusqu’à Vancouver, Victoria et Prince Rupert.

Le président de l’assemblée présenta l’hon. M. King avec des paroles les plus impressionnantes, exaltant ses talents, sa carrière passée dans le gouvernement de Sir Wilfrid Laurier, alors qu’il était encore tout jeune, et assurant à l’assemblée son ascension au pouvoir à la première élection générale, dans un an ou deux.

L’assemblée avait dû être retardée un peu le soir. L’hon. M. King prononça ce soir-là le plus éloquent discours que j’avais entendu de lui et certainement d’un grand mérite. Il définit parfaitement les conditions économiques du pays par suite de la guerre et la politique à suivre pour l’avenir dans le plus grand intérêt du pays. Bien que l’assemblée fût tout naturellement un mélange des partis et des vues politiques de la province, il était certainement applaudi chaleureusement par l’auditoire. Il parla pendant plus de deux heures? et il était dix heures et demie du soir lorsqu’il termina.

C’est à une telle heure que je fus présenté à l’assemblée. Le président avait été bien généreux dans ses compliments à mon égard, à

l’égard de mes fils dans l’Ouest qui, suivant lui, avaient rendu de grands services non seulement au parti libéral, mais surtout aux provinces de l’Ouest au développement et à l’intérêt desquelles ils avaient beaucoup

contribué.

Heureusement que j’avais acquis une certaine expérience dans ma vie, et je ne devais pas, à près de onze heures du soir, après un des plus longs et éloquents discours de la part de notre chef, entreprendre un autre discours de quelque étendue et risquer de voir les gens fatigués et pressés de s’en aller avant la fin.

Je déclarai à l’instant qu’à une heure aussi avancée de la nuit, après un discours aussi éloquent et aussi complet de la part du chef libéral, dans toute autre partie du pays que dans la Saskkatchewan, je n’oserais pas accepter de prendre la parole. Mais les citoyens de cette ville et de cette province, aussi bien que ceux de l’Alberta, avaient été si généreux pour mes fils que ici, mais ici seulement, je pouvais compter pour quelques minutes sur l’indulgencee de l’auditoire. Je fus bref, passant rapidement sur les principales questions intéressant la population de l’Ouest.

L’auditoire me montra la plus grande sympathie et les applaudissements ne manquaient pas.

Je dus me rendre à l’autre assemblée, où l’hon. M. King naturellement parlait encore, et adresser la parole après lui.

Le lendemain sur les onze heures de la matinée, nous prenions le train pour Saskatoon où un banquet en l’honneur de l’hon. M. King nous attendait tous. Il était tard le soir lorsque le banquet fut ouvert. C’était certainement la réunion de toutes les plus brillantes intelligences de la population de cette grande ville de l’Ouest et des environs. La soirée fut des plus intéressantes en même temps. A part plusieurs autres anciens amis à ce banquet, je rencontrai un de mes amis les plus chers de l’Ouest, M. George McCraney qui avait été député de Prince-Albert depuis la formation des Provinces en 1905 jusqu’en 1917 alors qu’il se retira de la politique.

Dans ces Provinces de l’Ouest, je ne pouvais pas assister à une assemblée publique sans être obligé de prendre la parole ; ce que je dus faire à ce banquet. Je ne manquais jamais d’exprimer ma grande reconnaissance à la population de la province pour tous leurs bons égards à mes deux fils.

Je dis aussi mon grand plaisir de rencontrer mon ancien collègue à la Chambre des Communes, M. George E. McCraney, qui avait été non-seulement mon ami, mais mon associé dans l’étude et le développement des problèmes du Canada, et des Provinces de l’Ouest, pour ellesmêmes et surtout pour leurs relations avec la population des côtes de l’Atlantique et du Pacifique. Je n’avais pas d’ami plus sincère et plus fidèles que M. McCraney à Ottawa. M. McCraney jouissait d’une grande popularité et sa retraite de la politique était dûe à la magnitude des affaires de son bureau légal, où sa présence était devenue indispensable.

UNE ASSEMBLEE A SASKATOON

Le lendemain du banquet, devait avoir lieu l’assemblée publique, dans la soirée.

Le Chef de l’Opposition et tout son parti furent certainement traités d’une manière non-seulement patriotique, mais princière, je pourrais dire, par la population de la ville, aussi bien que par Son Honneur le Maire et les autorités de la circonscription.

Dans la matinée on nous donna l’avantage de parcourir toute la ville qui est une des plus richement bâties du Canada. On nous fit visiter l’Université de Saskatoon, institution merveilleuse, je pourrais dire, sous tous les rapports. Les édifices sont immenses et l’enseignement est sous le contrôle de professeurs les plus distingués dans toutes les professions.

Le Collège de l’Agriculture y est annexé, et il est certainement l’égal, sinon supérieur, au collège de Ste-Anne de Bellevue, dans la Province de Québec.

A cette institution, une adresse fut présentée au chef de l’Opposition lui souhaitant le succès dans sa position, pour le plus grand bien du pays. En visitant les différentes classes d’enseignement, quelle ne fut pas ma surprise en entrant dans la salle où étaient réunis les pro fesseurs de Droit, d’apercevoir un de mes compatriotes acadiens qui pendant trois ou quatre années avait été en charge de notre académie à Bathurst, où il avait laissé une mémoire vénérée pour les services qu’il avait rendus dans l’éducation de notre jeunesse. C’était M. J„ T. Hébert, natif du comté de Westmoreland, N. -B.

Il était allé s’établir dans l’Ouest pour pratiquer l’enseignement dans le Manitoba, où il s’était distingué durant son court séjour. Il s’était ensuite livré à l’étude du Droit, à l’Université de Saskatoon, et il était déjà devenu professeur de Droit dans cette institution même. Ce fut pour moi un grand plaisir de lui serrer la main et de lui exprimer mes meilleurs souhaits. Mais ce fut un vrai bonheur aussi d’apprendre plus tard dans la journée, que ce M. Hébert avait dévoilé un talent légal d’une grande distinction, et qu’il faisait l’admiration de ses collègues, aussi bien que de ses nombreux élèves qui avaient eu le privilège de recevoir ses inspirations.

Et, nouvelle surprise, M. Hébert, l’automne dernier quittait l’Université de Saskatoon avec tous les honneurs acquis, et les généreux émoluments, pour revenir dans sa province natale, s’établir à Campbellton, dans le comté de Restigouche, pour y pratiquer sa profession. J’apprends aussi avec plaisir que sa clientèle est déjà considérable et fructueuse.

Enfin l’heure de l’assemblée arrivait. Mon fils Alphonse n’avait pu venir accompagner le chef libéral, retenu qu’il était à Régina par des affaires urgentes dans son ministère. Mon fils Gray, qui était venu nous rencontrer à Régina et qui nous avait accompagnés à Saskatoon, dut partir sur les quatre heures de l’après-midi, appelé à Calgary pour un engagement important avec quelques-uns de ses collègues de la Législature de l’Alberta. Nous nous séparâmes avec chagrin de part et d’autre. Sa présence dans ces circonstances aurait été pour moi d’un grand soulagement.

UN TRIBUT A LA RACE ACADIENNj]

Ma fille Bessie et son mari, M. Thomas Kenny, et leur unique fille étaient venus de Warman me rencontrer à Saskatoon en temps pour l’assemblée, à ma grande joie.

Enfin l’assemblée est ouverte dans cette belle, grande et dispendieuse église méthodiste qui avait été retenue pour l’occasion, la seule bâtisse dans la ville capable d’accommoder, au moins la plus grande partie de la foule, curieuse et intelligente 'de cette riche ville et des environs.

Les immenses galeries contenaient presqu 'autant de monde que le parquet de la bâtisse. Non-seulement il n’y avait pas un siège vacant, mais toutes les allées étaient comblées de monde debout, et l’arrière de la bâtisse était également rempli d’hommes attachés pour ainsi dire les uns aux autres. Pour un étranger, pour celui surtout qui n’est, pas l’égal des grands orateurs dont la réputation est déjà faite, cette assemblée était un spectacle extraordinaire et imposant.

Heureusement, je devais parler avant l’hon. Mackenzie King, ce qui devait me permettre de prononcer un discours d’une vingtaine à une trentaine de minutes.

M. Duff, député de Lunenburg, N.-E., fut le premier à adresser la parole. Il parla environ vingt minutes. Pendant ce temps, je promenais mes regards sur l’assemblée dans l’espoir de me familiariser avec ses désirs, ses espérances et ses exigences.

Ce spectacle inspirait par moment la confiance, par moment la crainte. Enfin, le président se lève pour me présenter à cette assemblée.

Le président était un des avocats les plus distingués de la Province, possédant un verbe délicat et expressif, et très éloquent. Il était l'associé légal de mon ami, M. McCraney, dans la ville. Il me présenta comme le père du procureur-général de la Saskatchewan, et de l’un des députés de la Législature de l’Alberta. Il décrivit les services rendus à chaque Province par ces deux fils de l’orateur qui allait leur adresser la parole.

Je dois dire qu’il fit un éloge remarquable de leur procureurgénéral, qu’il connaissait mieux, sans rien laisser à désirer non plus dans ses louanges de mon autre fils, Gray. Il demandait à l’auditoire de donner toute leur attention au père qui avait donné ses deux fils au service des Provinces de l’Ouest du Canada.

En me levant, les acclamations de l’assemblée étaient non-seulement cordiales et sympathiques, elles étaient vraiment extraordinaires, une véritable ovation.

Je dus attendre plusieurs minutes avant de pouvoir prendre la parole. Les applaudissements se répétaient sans cesse.

C’est alors que je fis une déclaration qui a eu un certain retentissement dans le pays et à laquelle le premier ministre lui-même a fait encore allusion dans des circonstances récentes.

Après un tel éloge de mes fils de la part du président, je devais de toute nécessité y faire allusion. Je dis alors que si la moitié des belles choses attribuées à mes fils par le président, étaient vraies, je devais dire. que certainement “ils avaient dû hériter de leur mère’’.

Ces paroles reçurent une acclamation extraordinaire qui m’inspira le courage nécessaire pour entreprendre d’entretenir l’auditoire distingué pendant quelques minutes.

Dans cette partie du Canada, je crus devoir rappeler les avantages de notre pays, de ses ressources distribuées sur toute son étendue, de l’Atlantique au Pacifique, par la main généreuse de la Providence.

On parlait de distance et de difficultés géographiques. Pour celui qui voulait s’arrêter et considérer; il lui était facile de voir que tout était bien enchaîné et que les rapprochements nécessaires des nombreuses divisions avaient été laissés à la simple intelligence humaine qui devait en faire un tout compacte sans efforts. Car les moyens de concentration étaient tous dessinés. Les voies de transport d’un point à l’autre étaient presque visibles de l’intérieur vers les deux océans, l’Atlantique et le Pacifique, vers l’Est et vers l’Ouest, aussi bien que vers le sud et le nord.

Je rappelai les prophéties de Joseph Howe, qui vingt ans avant la. Confédération prédisait l’existence d’un nouvel Empire britannique dans le Canada, dont la capitale serait établie dans l’Ouest, et que la, seule guerre possible dans l’avenir serait la guerre entre la population de Régina et de Saskatoon pour ce grand honneur.

Je déclarai que la population des Provinces de l’Ouest avait fait l’admiration de tout le Canada. La femme de l’Ouest avait mêlé sa vertu et celle de ses enfants à l’activité du père et ce superbe mélange avait produit dans l’espace de quinze ans plus de progrès que les provinces de l’Est ou de tout autre pays pouvaient produire durant tout un demi-siècles et un siècle même.

Je décrivis rapidement la destinée du Canada, dont les relations avec les nations de l’Orient devaient inspirer un esprit de fraternité mutuelle et tel que la Grande-Bretagne par son souffle d’amour audelà des mers avait pu amener tous ses sujets de toutes les sphères dans une seule âme, sous le sourire bienfaiant de la Providence, de même le Canada devait étendre son souffle d’amitié et de bienfaisance vers les nations de l’Orient, lequel mêlé au souffle démocratique de la République américaine, devait sceller pour les siècles à venir une entente cordiale, la plus riche du monde et dont la population de l’Ouest canadien serait une des principales bénificiaires.

Je définis en quelques paroles les avantages d’une levée foncier** à laquelle un petit nombre de riches compagnies devraient fournir bien des millions, et ainsi alléger le fardeau du fermier et de la famille qui travaille pour sa subsistance, et en même temps contribuer à la fortune des manufacturiers de toute sorte.

Je fis en plus en quelques mots l’éloge du Chef libéral que j’avais connu à la Chambre des Communes, alors que tout jeune encore il m’étonnait par son éloquence, ses connaissances des différentes conditions de l’humanité et ses sages principes qui inspiraient les vraies méthodes à suivre pour effectuer la paix et le bonheur entre les diverses classes de la société.

Inutile de dire que la foule m’exprima la même considération qu’elle m’avait témoignée avant de me permettre de prendre la parole.

Le discours de Thon. Mackenzie King fut certainement des plus éloquents et des plus instructifs de sa tournée.

Bien qu’il fût en partie l’exposé des principes déjà exprimés à Régina, il fut certainement encore plus concis et plus éloquent ce soir là.

Aussi, la grande foule lui donna, certes, une appréciation enthousiaste et si l’année suivante, la province au lieu d’élire des libéraux, a élu des fermiers progressistes, ce n’est pas le manque de confiance dans la personne du chef libéral, ni du parti libéral, mais dans la crainte que le parti conservateur avec l’appui des gros intérêts de l’Ontario et de Montréal pourraient l’emporter sur le parti libéral. Aloi's ils supposaient qu’un groupe indépendant pourrait, à tout événement, commander une plus forte influence dans la direction des nécessités pour la protection et le développement des ressources du sol et autres ressources naturelles. Ces progressistes, comme la chose a été vérifiée par les événements depuis, étaient des libéraux avancés, qui ne voulaient plus attendre pour la sécurité de leurs intérêts. Ils avaient souffert de la perte de la réciprocité avec les Etats-Unis, en 1911 et ils voulaient se mettre en état de commander une politique économique suivant leurs besoins comprenant bien, chacun d’entre eux, que la politique qui favoriserait leurs conditions devaient en même temps contribuer à la prospérité générale du Canada.

En descendant de l’estrade, je rencontrai une dizaine d’Acadiens de la ville et des régions éloignées qui avaient franchi une distance de 40 à 50 milles pour venir me rencontrer et me serrer la main pendant ma visite dans la Saskatchewan. Il y en avait de l’Ile du Prince- Edouard et du Nouveau-Brunswick. Il y avait aussi des enfants de Bathurst, tel que Mme Greenshields, fille de mon bien cher ami et voisin, M. Peter Elhatton, décédé l’année suivante à l’âge admirable de 88 ans.

De l’assemblée nous dûmes tous retourner au char privé du parti, attendant le train de Régina qui devait nous conduire à Prince-Albert, vers les huit heures du matin. Mon fils, le procureur-général était sur ce train, parti de Régina à onze heures du soir.

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