‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 72 sur 158 · A PRINCE- ALBERT · texte numérisé non relu

A PRINCE- ALBERT

En arrivant à Prince Albert, je rencontrai la femme de mon fils et tous ses enfants, qui passaient l’été à Prince-Albert.

Cette ville est pour ainsi dire le berceau de la carrière de mon fils où il était allé s’établir aussitôt admis au Barreau dans le Nouveau- Brunswick. C’est la population de cette ville qui l’avait reçu à bras ouverts a son arrivée, et lui avait témoigné une sympathie fraternelle, comparable à la sympathie que mes amis acadiens m’avaient témoignée à mon arrivée à Petit-Rocher et dans le comté de Gloucester. C’est là que quatre ans après son arrivée, il avait été élu, à l’âge de trente ans, député de Prince-Albert et procureur-général de la Saskatchewan, à la demande de l’hon. Walter Scott, premier ministre de la Saskatchewan.

Comme je l’ai déjà écrit, j’avais déjà fait diverses visites dans cette ville et cette partie de la province, et j’avais fait plusieurs connaissances, qui étaient toutes bien représentées à la gare du chemin de fer.

Je rencontrai là une jeune nièce de ma première femme que nous avions protégée et adoptée toute jeune, comme une des nôtres, après la mort de son père et de sa mère, la soeur de ma femme.

Mon fils Alphonse l’avait amenée avec lui dans un de ses voyages à Régina, et elle avait épousé M. Lussier, un jeune avocat qui avait été le secrétaire particulier de mon fils Alphonse. Son mari pratique la profession d’avocat à Prince-Albert. J’étais heureux de rencontrer la famille de feu le Sénateur Davis, qui avait été le premier à encourager mon fils à aller s’établir à Prince-Albert et qui avait été jusqu’à son dernier jour son fidèle et sincère admirateur.

Un vieil ami, un des pionniers de l’Ouest, que j’avais connu intimement dans mes visites antérieures, M. Delagorgendière> était disparu de ce monde depuis ma dernière visite. Mais sa veuve et tous ses enfants étaient encore là, tous doués de la même sympathie pour mon fils, que le père de la famille bien distinguée. Pour bien dire, à Prince-Albert, j 'étais chez moi. Tout le monde me connaissait et m 'exprimait la plus haute estime.

Le temps alloué au chef libéral à Prince-Albert était court, il devait être richement employé.

Nous avions pris le déjeuner sur le train et nous étions prêts à tout événement. Le comité libéral avait tout son programme bien préparé et il ne devait y avoir aucune minute de perdue ni aucun incident. Tout devait se passer de la manière la plus agréable et la plus réjouissante pour le chef du parti et sa suite.

De la gare du chemin de fer, nous partions accompagnés d’une foule 'de citoyens, conduits par une centaine d’automobiles qui nous faisaient visiter cette ville superbement située sur la rivière de la Saskatchewan, dans cette partie des Prairies qui contient en même temps un district richement boisé, s’étendant vers le nord où la forêt devient de plus en plus riche.

La ville contenait depuis longtemps une superbe scierie qui a dû être fermée dernièrement. Mais le district au nord obtiendra avant longtemps des pulperies et des usines à papier.

Après cette visite nous étions les invités à un banquet immense préparé par le comité du parti libéral de la ville et du comté.

Le menu très soigné contenait les mets les plus précieux de cette région, tel que la perdrix des prairies, beaucoup plus riche que la perdrix des régions de l’Est. C’est le met principal pour tout étranger qui y a goûté une fois ou qui en a connu la réputation avant son arrivée.

Des santés de toute sorte furent proposées et répondues. Sur de nouveaux grands éloges du président au sujet de mes fils, je répétai “qu’ils avaient dû hériter tout cela de leur mère’’.

L’assemblée dans la soirée devait être à la suite de l’assemblée de Saskatoon, sinon tout à fait aussi nombreuse, certainement aussi en-

thousiaste et sympathique. Les dames à elles seules devaient partager tous les sièges des galeries du grand, théâtre de la ville.

C’est moi qui devais ouvrir l’assemblée, après la présentation du président, et faire place le plus tôt possible au chef du parti, qui devait de toute nécessité prononcer un long discours, élaborer tous les points de la politique libérale dans cette partie lointaine du pays. Il ne s’attendait pas dans le temps à devenir le représentant de cette ville et de cette division électorale.

L’heure était avancée et je devais être bref. Je me contentai d’exprimer mes sentiments de reconnaissance à la population de Prince- Albert qui avait élevé mon fils au poste qu’il occupait depuis déjà longtemps. Prince-Albert était le berceau de sa carrière, et tous les mérites qu’il a pu acquérir il les devait surtout à la généreuse population qui l’avait reçu à bras ouverts, l’avait traité comme un de ses propres enfants et lui avait fourni l’occasion de travailler dans l’intérêt du peuple.

Le discours de l’hon. M. King fut non-seulement goûté mais savouré de toute l’assemblée. Chaque point, chaque argument recevait des applaudissements qui dénotaient l’intelligente attention de l’auditoire. Sa péroraison qui en appelait à la population de l’Ouest de bien considérer ses paroles et les principes qu’il avait énoncés, et dont l’application serait pour le plus grand bien de tout le pays, mais surtout pour la population des Prairies de l’Ouest d’une manière toute particulière, fut écoutée avec respect et acclamée avec le plus grand enthousiasme.

Après l’assemblée je me rendis à la demeure de mon fils, où à part sa femme et ses enfants, m’attendaient aussi M. Lussier avec sa femme, ma nièce, aussi plusieurs membres de la famille de la Gorgen-

II nous fut difficile de nous séparer, non tard le soir, mais tard le

Il nous fut difficile de nous séparer, non tard le soir, mais tard le matin.

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