LES SOLDATS DE RETOUR
La question des soldats de retour du front devait nécessairement être bien importante et bien grave. Beaucoup de promesses avaient été faites aux soldats de part et d’autre. De toute part on leur avait fait espérer que leur sort s’améliorerait.
La question d’un boni libérant l’Etat, de toute protection future avait été souvent discutée) et cela par des représentants des deux partis politiques. Mais aucune promesse définie n’avait été faite. Le montant nécessaire pour un tel projet aurait été une somme stupéfiante et telle que le pays n’aurait pu la prélever.
Quelques-uns même allaient jusqu’à prétendre que le parti libéral avait fait même cette promesse. Ce qui était faux. Même si le pays eût pu le faire, ce projet était-il sage ? Il n’y a pas de doute qu’un grand nombre de ces soldats auraient dissipé leur boni en peu de temps et auraient été laissés de nouveau à eux-mêmes. Toutefois on se plaignait beaucoup des décisions de la commission des pensions. On accusait les commissaires de manquer de sympathie pour les soldats et d’une trop mesquine interprétation de l’acte des pensions.
Il n’y avait ni manque de sympathie, ni manque de considération de la part des commissaires, mais ils étaient et devaient être les
fidèles interprètes de la loi, et 'dans bien des cas, cette loi était un obstacle à leur sympathie. Durant la session de 1920, le comité d’enquête avait fait des rapports qui tendaient à soutenir les plaintes des soldats, et même demandaient de créer un certain tribunal auquel les soldats pourraient en appeler dans l’espérance d’obtenir justice. Mais la session s’était terminée sans que rien n’ait été décidé.
Le débat sur le vote pour le maintien et la pension «des soldats, dès le commencement de la session, avait aussitôt intéressé le Parlement et, dès le 30 mars, le premier ministre, l’hon. MacKenzie King» proposait une résolution demandant “qu’un comité spécial soit nommé pour étudier les questions en rapport avec les pensions, l’assurance, et le rétablissement des soldats de retour du front, et étudier aussi tout amendement aux lois existantes sur ces questions, qui pourrait être proposé ou jugé nécessaire par le comité ; avec pouvoir de mander les personnes, les papiers ou les records, de faire imprimer, de jour en jour, toutes ses procédures et les témoignages reçus pour l’usage du comité, et de faire rapport de temps à autre» et que la Règle II soit suspendue en ce qui concernait le comité.”
Ce comité fut composé des représentants suivants: MM. Arthurs, Black (Yukon), Brown, Caldwell, Carroll, Chisholm, Clark, Clifford, Denis (Joliette), Forrester, Hudson, Humphrey» Knox, Mc¬ Kay, Marier, MacLaren, Mlle Macphail, Munro, Power, Raymond, Robinson, Ross (Kingston). Savard, Speakman, Stork, Sutherland, Turgeon, et Wallace.
M. Marier fut nommé président et le travail de ce comité se fit sans interruption. De nombreux témoins furent appelés et l’étude fut tout à fait sérieuse. Ayant dans mon comté un grand nombre de soldats de retour du front, beaucoup d’entre eux espéraient naturellement un meilleur traitement.
M. Caldwell, député de Carleton-Victoria, et moi représentions la Province du Nouveau-Brunswick dans ce comité et nous avons travaillé ensemble au meilleur de notre connaissance dans l’intérêt de nos soldats de retour.