RAPPORT DEFINITIF DU COMITE SPECIAL
Ce n’est que le 21 juin 1922 que M. Marier put présenter le rapport final de ce comité spécial des pensions, des assurances et de la restauration des soldats dans la vie civile.
Le président, M. Marier, proposa:
“Que le rapport deuxième et définitif du comité spécial des pensions, des assurances et de la restauration des soldats dans la vie civile soit pris en considération, que les conclusions qu’il contient soient recommandées au gouvernement, et que la suggestion contenue dans le dernier paragraphe touchant l’impression soit adoptée.”
Ce rapport soumettait les chiffres se rattachant aux résultats que la guerre a produits dans les départements dont le comité en question a étudié la situation. Inutile pour moi de reproduire ces chiffres, tout le monde en connaît l’énormité. Cela seul suffit pour que l’on puisse se rendre compte que les départements auxquels incombe la tâche d’administrer ces services d’après-guerre doivent faire preuve d’une grande efficacité, étant considéré le nombre et la diversité des problèmes qu’ils sont appelés à résoudre tous les jours de l’année.
Ce rapport a trait pour bien dire à tout ce qui regarde l’administration des réclamations des soldats, suivant la loi établie et amendée depuis la guerre.
Toutefois, il y avait seize divisions dans ce rapport. Plusieurs d’elles traitaient des détails sur la nature des réclamations qui nécessairement varient et peuvent varier de plusieurs manières.
De toutes les réclamations de ce rapport, il y en avait une qui m’intéressait d’une manière toute particulière et que j’avais, à différentes reprises sollicité moi-même en Chambre, dans les sessions précédentes. C’était la recommandation pour la nomination d’une commission d’appel des pensions. Je savais qu il y avait beaucoup de mécontentement de la part d’un grand nombre de soldats de mon comté, et qu’il en était ainsi dans toutes les parties du pays. Dans certains cas, il n’y avait peut-être pas de raisons suffisantes, mais dans beaucoup d’autres, il y en avait de bonnes. J’avais déjà demandé
un tribunal spécial, ou des amendements à la loi des pensions, ou à la juridiction des commissaires des pensions pour le Canada. Je croyais que nos soldats qui ont servi outre-mer et qui reçoivent des usions qu’ils estiment qu’on ne devrait pas leur enlever, ou des pensions qu’ils croient ne pas être suffisantes, ou qui ne reçoivent pas les pensions qu’ils devraient recevoir, seront plus satisfaits d’avoir affaire à une commission à laquelle ils pourront en appeler pour faire de nouveau examiner leur cas.
Il y avait aussi l’établissement des soldats sur les terres. Il s’agissait de donner toute la facilité possible aux soldats établis sur une terre pour le remboursement des argents prêtés.
Il y avait aussi une autre recommandation très plausible, c’était l’idée de verser une année de pension aux orphelins d’un pensionnaire dont la mort est imputable à d’autres causes qu’à une maladie, à une blessure résultant de la guerre.
J’ai toujours été affligé de voir de jeunes orphelins souvent laissés à la charité publique et privés de toute sympathie. Mais le cas est encore plus touchant, plus triste et plus émouvant quand ces orphelins sont les enfants d’un père qui a mis sa vie en danger pour servir son pays et conserver cette liberté qui nous est si chère et que nous désirons conserver.
Telles étaient pour moi les plus appréciables de toutes les mesures recommandées dans ce rapport, d’un grand mérite.
Chaque membre de ce comité avait donné son temps et son attention la plus sérieuse à ces questions d’intérêt vital, et cette commission d’appel a produit d’heureux résvdtats.
Mon successeur aux Communes, M. J. G. Robichaud, arriva à la Chambre aux premiers jours de la nomination de cette commission, et je dois dire à son crédit et à son honneur que par son travail énergique et assidu, il a pu donner satisfaction à beaucoup de soldats et à beaucoup de familles de soldats dans le comté de Gloucester.