LES TROUBLES DE CARAQUET
Tout le monde comprendra facilement d’après ce jugement confirmé par le Conseil Privé d’Angleterre, que nous ne pouvions pas espérer que la Législature du Nouveau-Brunswick changerait les piincipes constitutionnels de l’Acte des Ecoles de 1871. Tout de même on comprendra aussi qu’il était difficile pour la population catholique de se soumettre à toutes ses exigences.
J’ai expliqué déjà comment nous avions obtenu l’abrogation de certains règlements les plus offensifs. Mais tout le monde n’était pas du même avis. Dans bien des districts, la population catholique hésitait à se soumettre, et bien souvent aussi, la petite minorité protestante mettait tous les obstacles possibles contre la réalisation des espérances de la population catholique, soit dans le choix des maîtres ou maîtresses d’école, ou le choix des livres, ou autres questions semblables. Parfois l’élection des syndics d’école créait beaucoup de désagréments. Dans certains districts en grande majorité catholique, la minorité protestante avait toujours eu l’avantage du contrôle de l’école en faisant élire les siens en majorité sur le Bureau des syndics, profitant de la générosité de la majorité catholique. Une nouvelle élection sous un autre tempérament que dans le passé était propre à causer du trouble.
C’est précisément ce qui arriva à Caraquet en l’année 1875. L’assemblée pour l’élection des syndics ne fut pas aussi unanime et aussi harmonieuse que dans le passé, alors que les quelques citoyens protestants élisaient la majoritté parmi leur petit nombre.
A cette assemblée, plusieurs de nos vieux Acadiens devinrent excités et de vertes répliques furent lancées aux oreilles de quelques Anglais et Jersiais qui voulaient conserver la majorité des syndics.
Comme la chose arrive assez souvent, il y eut un peu de tumulte et le poêle de la salle fut renversé. Il n’y eut aucun dommage. Tout le monde prêta la main et le poêle fut bientôt remis en bon état. En se retirant la foule chantait et lançait quelques coups de fusils dans l’air, comme c’était une vieille coutume alors après toute assemblée publique quelconque, on pourrait dire, d’un caractère tel que par exemple le “mardi gras”.
L’hon. Bobert Young, alors Président du Conseil Exécutif, était à Frédéricton pour la session de la Législature. Un certain nombre d’électeurs acadiens, en retournant chez eux, s’arrêtèrent à la porte de sa maison et tirèrent quelques coups de fusil dans l’air comme je viens de le dire. Si M. Young avait été chez lui, rien n’eut été. Il leur
aurait parlé comme de coutume, car tous les gens et ceux surtout de son district le rencontraient toujours avec le meilleur esprit. Plusieurs étaient de ses clients de magasin et faisaient toutes leurs affaires avec lui. Mais Madame Robert Young fut effrayée de cette conduite de ses voisins et elle envoya immédiatement un télégramme à son mari à Frédéricton. Le public n’a jamais connu la teneur du télégramme, mais ceux qui connaissaient bien le sang-froid de M. Young en toute circonstance ont toujours dit que le télégramme devait avoir été dicté d’une manière alarmante et le danger grandement exagéré, pour ne pas dire inventé.
De plus, le fait que la petite foule s’était retirée en peu de temps et que ces hommes-là, même quelques-uns sous l’influence 'de la boisson, étaient déjà rendus à leur demeure, était suffisant pour calmer tout esprit parmi les quelques protestants de la paroisse de Caraquet.
Toutefois sur réception de ce télégramme de Madame Young, son mari, le Président du Conseil Exécutif, réussit à l’instant à obtenir un arrêté en Conseil, commandant aux autorités de la milice à Chatham, où il y avait une garnison de volontaires, d’envoyer un contingent de soldats armés à Caraquet à l’instant même.
De Chatham à Caraquet, la distance est d’environ 80 milles, et dans l’espace de 24 heures ou à peu près, les soldats étaient déjà sur les lieux.
Les avis par télégraphe étaient tenus strictement secrets par les amis de M. Young et l’opérateur n’aurait pas osé dévoiler la moindre chose.
En arrivant, sur le signal d’un des amis de M. Young, les soldats se rendirent à l'instant à la demeure de M. Philéas Mailloux, où sur la nouvelle de l’arrivée des soldats un nombre de voisins s’étaient réunis pour discuter la situation, essayer de s’entendre et dissiper si possible la frayeur des femmes et des enfants.
Philéas Mailloux avait son fusil à la main, et à l’entrée des soldats dans la maison, se retira à l’étage supérieur, au grenier, où conduisait un escalier temporaire.
Un des soldats, M. Gifford, monta à l’instant, et parvenu à une hauteur suffisante pour tirer, mit en joue Mailloux à une distance d’une douzaine de pieds. Mailloux de son côté dut être prêt à répondre à l’attaque, car les deux fusils tonnèrent ensemble et les deux hommes tombèrent morts en même temps.
Ce fut une stupeur terrible et le calme fut bientôt rétabli dans la frayeur.
On aurait dû s’arrêter là et attendre de nouveaux ordres avant de procéder plus loin.
Au contraire, les soldats firent prisonniers tous les hommes sur lesquels ils purent mettre la main et les montèrent à Bathurst, cheflieu du comté, une distance de 42 milles, dans de mauvais chemins et dans un froid glacial.
Les prisonniers furent insultés de toute façon durant le voyage. On pouvait s’y attendre un peu. Ce corps de miliciens avaient été mis sous l’impression que ces hommes étaient de véritables meurtriers.
BIBLIOTHEQUE DE L’ASSOMPTION SUE RAIMBAULT - filCüLEI s LQ*
UN TRIBUT A uA RACE ACADIENNE
Les citoyens de Bathurst savaient bien que ces hommes étaient des plus innocents et qu’il n’y avait eu chez eux aucune intention de commettre le moindre mal. Ils étaient tous bien connus, et tous de très bons chrétiens.
Leurs noms étaient: Joseph N. LeBouthillier; Fabien Is. Le- Bouthillier, Joseph Is. LeBouthillier, Jean-Louis C. Paulin, Bernard D. Albert, Stanislas D. Albert, Luc S. Albert, Prudent D. Albert, Agapit A. Albert, André Albert (père), Joseph Aug. Chiasson, Jean-Louis Aug. Chiasson, Gervais A. Chiasson, Gervais H. Lanteigne, Eloi J. Lanteigne, Gustave E. Lanteigne, Gustave B. Gallien, Xavier P. Chenard, Pierre Ch. Frigault, Philéas Mailloux, Moïse Parisé, Joseph Duguay.
Le magistrat de police McLaughlin les condamna tous à subir leur procès, et à la prison, en attendant.
La Cour Supérieure ne devait siéger que plus tard, et après quelques semaines, les prisonniers furent tous libérés sous caution.
Il fallait donc se mettre à préparer la défense de ces prisonniers, tous innocents du crime dont ils étaient accusés. Mais il nous fallait être sur nos gardes, car si un était condamné, tous les autres devaient l’être, tandis que si nous pouvions sauver le premier à subir son procès, il était à peu près certain que les autres le seraient également, en conséquence.
Il était reconnu par les talents légaux, comme des laïques d’expérience, qu’ils étaient tous et également innocents ou également coupables.
Nous savions bien que rien de grave n’était arrivé à l’assemblée et que tous étaient retournés à leur domicile 'de bonne heure dans la journée.
La perte des deux vies que je viens de mentionner n’aurait pas eu lieu si les soldats avaient agi avec sagesse et prudence. Si ce soldat, au lieu de se séparer des autres et de chercher à tirer ce pauvre Mailloux, réfugié au grenier, avait mis la main sur un dans la foule et dit: “Vous êtes mes prisonniers” aucune scène pénible n’eut eu lieu. Il n’y aurait pas eu la moindre résistance.
Il fallait être bien préparé cependant afin de se protéger contre l’attaque.
Dans ma sympathie pour les prisonniers qui se trouvaient à peu près tous parmi mes meilleurs amis, je songeai sérieusement aux meilleurs moyens à prendre pour le succès de l’acquittement de ces malheureux.
Ma première ambition était de m’assurer d’un avocat capable et de haute réputation. De plus, je savais que nos prisonniers n’avaient pas d’argent à prélever pour leur défense, chose qui rendait bien difficile le choix d’un défenseur et d’un ou deux assistants.
La première chose à faire était de chercher un bon avocat de haute réputation.
Parmi nos avocats anglais 'de distinction, nous n’avions aucun connaissant la langue française. Le seul avocat acadien que nous
avions était le jeune Pierre A. Landry, devenu plus tard juge et président de la Cour du Banc du Roi de la Province. Mais il n’avait alors que quelques années de pratique. Il ne pouvait, d’après mon jugement, agir que comme assistant d’un avocat de haute renommée.
Je n’étais pas le seul à m'intéresser à ces pauvres malheureux, qui dans l’opinion générale n’étaient coupable que d’un manque de sagesse dans un moment grave, action propre à être mal interprétée.
Plus qu’aucun autre dans le Nouveau-Brunswick, je m’intéressais beaucoup aux troubles des métis dans l’Ouest, guidés par Riel.
L’hon. A. Chapleau, le Canadien le plus distingué de son temps, considéré alors l’égal de Sir George E. Cartier, et qui n’a peutêtre été surpassé que par Sir Wilfrid Laurier, était le premier qui avait commandé mon attention.
L’hon. A. Chapleau n’était que tout dernièrement revenu de la Province de Manitoba où il avait été le Conseil-en-Chef dans la cause célèbre de Riel, qui avait été acquitté, et la réputation de Chapleau, comme avocat criminaliste était universelle. Il avait eu pour assistant le jeune avocat F. X. Lemieux, aujourd’hui Juge-en-Chef de la Cour Supérieure du district de Québec.
M. Lemieux avait été mon compagnon au Séminaire de Québec et mon co-paroissien de Lévis. J’avais été un des plus grands admirateurs de l’hon. M. Chapleau durant mes deux dernières années de philosophie à l’Université Laval, alors que durant les sessions de 1868 et 1869 il avait un siège à la Législature. Mon compagnon de classe le plus intime, Adjutor Turcotte et moi, nous nous empressions, le cour terminé, de nous rendre à la Législature écouter cet orateur d’une éloquence si grande et si entraînante.
Mon compagnon de classe, Adjutor Turcotte, devint un avocat distingué de Québec, mais il est décédé depuis déjà une vingtaine d’années.
Pour moi, l’hon. M. Chapleau était l’homme qu’il nous fallait, avec le jeune Landry, et un jeune avocat anglais du nom de McManus, qui était alors à Bathurst.
Il me semblait que nous ne pouvions pas faire un meilleur choix. J’avais obtenu le consentement de M. Chapleau de venir défendre nos prisonniers et celui-ci avait déjà obtenu le permis du Barreau du Nouveau-Brunswick de venir plaider cette cause dans la province.
C’était le choix des prisonniers eux-mêmes. Ils avaient entendu parler de Chapleau et ils étaient tous joyeux.
Mais je devais subir un grand désappointement. Le député à la Législature provinciale, M. Kennedy F. Burns, et le curé de Caraquet, M. l’abbé Joseph Pelletier, en avaient jugé autrement. Ils craignaient, en faisant venir un Canadien-français, de soulever des préjugés chez la population anglaise ce qui tournerait au désavantage de nos prisonniers. Mon raisonnement était que M. Chapleau avait été appelé au Manitoba, dans de mêmes circonstances, et était revenu vainqueur. Mais le député et le curé avaient le pouvoir en mains et je dus nécessairement céder. L’union était indispensable dans les circonstances.
M. Burns retint les services de M. Thompson, avocat de bonne réputation dans St-Jean et la province. On lui donna comme assistant M. Pierre A. Landry, et le procès fut certainement conduit avec jugement, tact et prudence.
La Couronne était représentée par Thon. G. E. King, alors Procureur Général de la Province, avocat distingué, qui fut plus tard appelé à la Cour Suprême du Canada. Le procès fut de longue durée et d’une dépense considérable. Les moyens manquaient déjà et la fin n’était pas encore visible. Alors une dépêche fut envoyée à M. Pascal Poirier, lui demandant de s’adresser à la généreuse sympathie des Canadiens-français d’Ottawa et des environs pour venir en aide à leurs compatriotes, les Acadiens du Nouveau-Brunswick. M. Poirier était alors Maître de Poste à la Chambre des Communes et étudiant-en-Droit.
M. Poirier fut même plus heureux qu’on pouvait s’y attendre, et peu de jours après, une belle somme arrivait à M. Burns de la part de nos compatriotes d’Ottawa et de Québec. Ce qui sauva la situation.
Enfin, le premier procès fut celui de Joseph A. Chiasson, qui fut trouvé coupable de meurtre. Mais son cas fut immédiatement porté en appel à la cour supérieure de la Province où il fut prouvé qu’il y avait un défaut de forme dans le procès.
Après beaucoup de pourparlers sur cette décision de la Cour Supérieure, la cour de circuit à Bathurst décida de clore, et tous les prisonniers furent remis en liberté, à la grande satisfaction de tout le monde.
Joseph A. Chiasson, Luc Albert, Prudent Albert, Gustave E. Lanteigne et Moïse Parisé vivent encore, et ces survivants vénèrent le nom de M. Pascal Poirier et des Canadiens-français qui, en répondant à son appel patriotique, leur ont assuré leur liberté. Ils ne seront jamais oubliés.
Sans le secours pécuniaire dû à l’activité de M. Poirier, à Ottawa, les choses auraient pu prendre une autre tournure, et le résultat final aurait pu être bien malheureux. Aussi les Acadiens de Caraquet et tous ceux qui s’intéressaient à leur sort n’ont jamais oublié le service rendu par leurs compatidotes de Québec, à l’appel de M. Poirier.
Quelques années plus tard, encore bien jeune, M. Pascal Poirier fut appelé au Sénat par le gouvernement de Sir John A. Macdonald, sur la généreuse recommandation de l’hon. John Costigan, alors membre du Cabinet représentant la province du Nouveau-Brunswick.
Au moment où j’écris ces lignes, l’hon. Pascal Poirier est le doyen du Sénat, où il a siégé avec distinction, pour lui-même et pour la race acadienne, depuis 42 ans. B jouit d’une bonne santé et travaille tous les jours à des ouvrages d’une grande utilité pour la race acadienne et la langue française au Canada.
Inutile pour moi d’entreprendre de faire l’éloge du Sénateur Poirier. Sa carrière distinguée est connue de tout le monde. Ses oeuvres littéraires, historiques et patriotiques ont depuis longtemps été appréciés dans tout le Canada et en France.
Je puis dire en passant que le Sénateur Poirier et le défunt Juge Landry sont encore aujourd’hui les deux figures les plus distingués des Acadiens laïques des Provinces Maritimes. Leur travail incessant a su commander pour la race acadienne l’estime de tout le Canada, de la France et de la Cour de Rome.
J’aurai certainement l’occasion de rappeler leurs noms à mes lecteurs dans le cours de ces mémoires.
Je pourrais ajouter les noms de l’hon. Aubin E. Arsenault, de l’ile du Prince-Edouard, et de l’hon. Pierre J. Veniot, du Nouveau- Brunswick, devenus tous deux les premiers ministres acadiens dans leur Province respective, le premier le 21 juin 1917 au 9 septembre 1919, le second du 28 février 1923 au 10 août 1925.
Malheureusement, il a été prouvé qu’il est encore difficile pour un Acadien de retenir la première place dans nos Provinces Maritimes. C’est ainsi que l’hon. M. Arsenault et son gouvernement furent mis de côté par le vote populaire en 1919 après trois ans de pouvoir, et l’hon. M. Veniot a dû subir le même sort au mois d’août 1925, après un terme d’à peine trois ans lui aussi.
Toutefois, la carrière du Premier Ministre acadien de l’Ile du Prince-Edouard a reçu une autre couronne. L’hon. M. Arsenault a été nommé juge de la Cour Suprême de sa Province.
L’hon. M. Veniot n’étant pas avocat ne peut s’attendre à un tel couronnement. Mais il continue l’exercice de la politique dans l’Opposition avec la même activité et la même ardeur qu’il a montrées lorsqu’il était au pouvoir.
Telle est l’histoire de ces troubles d’écoles de Caraquet dont l’origine n’est pas connue avec précision dans le Canada, en général. Troubles surgis dans un instant de réjouissances populaires, on pourrait dire, résultat d’un accident imprévu, sans préméditation aucune. Ces hommes-là voulaient tout simplement élire leurs propres hommes de confiance pour la direction de leurs écoles, loin de concevoir le même trouble, autre qu’une délibération sérieuse et indépendante sur une question vraiment vitale.
Chose qui est toujours restée un mystère pour tout homme du jour en état d’apprécier les événements publics, c’est l’attitude même de l’hon. Robert Young, et son action si soudaine et si malheureuse, sans prendre le temps de s’enquérir des faits avant d’agir. On ne pouvait comprendre comment il s’était laissé entraîner dans une telle précipitation, je pourrais dire, lui qui avait toujours été d’une nature si pondérée et si suave envers tout le monde, si généreux même envers tous ses co-paroissiens de Caraquet. C’était bien lui qui avait conçu l’idée de faire enlever les règlements les plus injurieux et les plus offensants à la minorité catholique dans l’exercice de cette loi d’écoles, ce qui déjà avait eu un bienfaisant effet qui devait aller toujours croissant.
Le mystère n’a jamais pu être éclairci, ceux qui l’ont bien connu n’ont jamais pu trouver d’explication à sa conduite. Tout le reste de ses jours, M. Young a dû avoir bien des remords et beau-
coup de chagrin. Il vécut encore de longues années après cela, cherchant toujours à se concilier la confiance des Acadiens et des Catholiques du comté de Gloucester, mais toujours sans succès. Il put donner encore de bons coups de mains dans une élection populaire à des candidats d’un parti ou de l’autre, mais il ne put jamais acquérir une nouvelle influence pour lui-même sur l’électorat.
Vingt ans plus tard, il entreprit d’être candidat libéral indépendant entre moi et M. Blanchard, candidat conservateur. Mais il n’obtint que cinq ou six cents votes, dont la grande majorité venait d’Anglais protestants du comté. Le fait est que sa candidature fut encouragée par les chefs conservateurs afin d’assurer ma défaite. C’est moi qui perdais tous ces votes.
M. Young ne fut pas seul à souffrir de sa grande erreur. Sa famille en a subi les malheureuses conséquences. C’est ainsi que son fils, M. Frédérick B. Young, qui hérita du grand commerce de son père, homme de bon talent, d’une bonne éducation, de manières suaves et charmantes, généreux envers tout le monde, parlant les deux langues anglaise et française avec éloquence, possédé d’un amour inné de la chose publique, n’a jamais pu gagner la confiance des électeurs du comté de Gloucester. Candidat à plusieurs reprises pour la Législature Provinciale, il n’a jamais pu obtenir un vote acadien suffisant pour se faire élire. Dans une seule occasion a-t-il pu sauver son dépôt par quelques votes seulement. Il est reconnu de tout le monde qu’il subit ce châtiment public, non pas par rapport à lui-même, mais comme conséquence de la faute impardonnable de son père.