‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 96 sur 158 · MA NOMINATION AU SENAT · texte numérisé non relu

MA NOMINATION AU SENAT

Enfin, un samedi vers les dix heures du soir, le 28 octobre, je reçus un télégramme du très bon. Mackenzie King m’annonçant ma nomination au Sénat, qui venait d’être sactionnée par Son Excellence le Gouverneur-Général, Lord Byng de Yimy.

Inutile d’essayer de décrire la joie de ma femme qui depuis longtemps désirait être certaine de cette nomination pour différentes raisons. D’abord elle redoutait toujours les difficultés et les misères d’une élection, surtout en hiver, comme cela avait eu lieu depuis quelques années, et elle croyait qu’à mon âge et avec une vie de dévouement et de sacrifices constants, le temps était venu pour moi de m’assurer moins de tourments et de fatigues tout en rendant encore service à mes bons commettants.

Moi-même, j’étais aussi très heureux pour d’autres raisons. D’un autre côté, je ne savais trop si je n’aurais pas 'dû rester avec mes anciens électeurs. Aucun d’eux ne m’aurait abandonné, il me semblait; c’était bien reconnu qu’un homme qui avait voté pour moi une fois votait sans relâche dans la suite. Les régistres de chaque district étaient là pour prouver qu’à mesure que le nombre des électeurs avait augmenté, mon vote dans tout district avait augmenté en proportion, depuis 1896 jusqu’à l’année précédente, alors que j’avais obtenu près de 8,000 votes, et cela par une des journées les plus froides et les plus dures de l’hiver.

Toutefois, je reçus cet honneur avec joie et satisfaction et aussi avec reconnaissance envers le premier ministre d’abord et envers l’hon. M. Copp, ministre de ma province, de même qu 'envers chacun des ministres du gouvernement, qui, je le savais, avait appuyé unanimement ma nomination.

Toute la famille, les neveux et les nièces de ma femme et d’autres amis, ne furent pas lents à venir m’offrir leurs félicitations.

Mon premier appel au téléphone fut mon ami, l’hon. M. Veniot, alors ministre des Travaux publics, qui attendait la nouvelle depuis longtemps. “Félicitations, félicitations, me répondit-il”. J’appelai ensuite M. le curé Wheten, qui, je le savais, était anxieux de savoir la nouvelle. Il venait de l’apprendre par un autre ami. La nouvelle n’était pas demeurée au bureau du télégraphe, et elle avait vite traversé la ville.

Le lendemain matin, à la porte de l’église, une foide d’amis m’attendaient pour me serrer la main et m’exprimer leur contentement. Tout l’après-midi et la soirée du dimanche, ma maison fut remplie d’amis venant me témoigner leur plaisir, parmi lesquels il y avait l’hon. J. P. Byrne, alors Procureur-Général, qui a toujours conservé pour moi une amitié non-seulement sincère mais profonde et inaltérable. Il était accompagné de Madame Byrne, et sa soeur, filles du défunt Sénateur Kennedy Burns, mon seul prédécesseur de ce comté au Sénat.

Un autre ami sincère, un citoyen de Saint-Jean, N.-B., M. Michael McDade, un ancien journaliste, qui se trouvait à Bathurst ce jour-là, ne tarda pas non plus à venir m’offrir ses félicitations et sonU témoignage d’estime.

Le dimanche soir il y a toujours un certain nombre de Chevaliers de Colomb à leur salle. Il y fut décidé que le 1er novembre, fête de la Toussaint, il y aurait une assemblée de l’Ordre au cours de laquelle on me présenterait une adresse en signe d’appréciation. C’est l’hon. M. Veniot qui m’apprit le lundi cette décision de notre Ordre. Il m’ap-

prit aussi qu’il venait de voir nos amis, MM. Angus McLean et B. C. Mullins et quelques autres, et qu’il avait été décidé entre eux que tous les citoyens de Bathurst, sans distinction de parti, me donneraient un banquet le samedi suivant, à huit heures du soir. L’hon. M. Veniot me dit: “Je pars pour Frédéricton aujourd’hui et je ne pourrai pas revenir assez tôt pour assister à la première cérémonie du mercredi, mais je serai au banquet du samedi”. Je dois dire que les deux fêtes furent bien au-delà de mon attente et de tout ce qui avait eu lieu dans notre ville jusqu’à ce jour.

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