TELEGRAMMES ET LETTRES DE FELICITATIONS
Dès le lundi matin, 30 octobre, les télégrammes commencèrent à m’arriver par douzaines à la fois. Je ne pouvais en croire mes yeux. Il me semblait toujours recevoir le dernier à chaque fois et qu’il ne pouvait plus en arriver d’autres. Le martli soir, j’avais reçu 65 télégrammes de félicitations, venus de toutes les provinces du Canada, de la Nouvelle-Ecosse à la Colombie-Anglaise. Dépêches d’anciens collègues et collègues actuels, d’amis des Provinces de l’Ouest. Mais ce n’est pas tout. A peine les télégrammes eurent-ils cessé que les lettres les remplacèrent. Je reçus au-delà de deux cents lettres dans le cours de la semaine, m’exprimant la joie de ma nomination et l’appréciant plus que je ne pouvais m’y attendre.
J’accusai réception, soit par le télégraphe ou par la poste, de tous ces messages, du premier au dernier.
Heureusement que je pus me procurer les services d’une bonne sténographe qui fit ce travail pour moi au fur et à mesure que je les recevais. C’est Mlle Doucet, fille de mon ami sincère, M. J. F. Doucet, inspecteur d’écoles pour les comtés français du nord de notre province. Je savais que je comptais un bon nombre d’amis, mais je ne croyais pas qu’un aussi grand nombre aurait pris autant d’intérêt à mon sort.
De telles sympathies inspirent certainement beaucoup de plaisir et de reconnaissance. Il ne se passe pas de jours dans l’année sans que je me rappelle ces beaux et bons souvenirs.