I. Bonneuil, près Gonesse
« Nous venons d'avoir une nombreuse ordination, et Sa Grandeur se préoccupe de placer avant tout ses jeunes prêtres (1). »
Quelques jours plus tard, se produisait une autre rupture.
Le curé de Saint-Sulpice avait écrit à mon évêque qu'en publiant mon livre siir La Question hiblique, je lui avais manqué de parole. Ne voulant point laisser passer cette inexactitude, j'écrivis à M. Letoumeau poar remettre les choses au point. Je regrette de ne pas avoir pris copie de ma lettre. Voici sa réponse :
Paris, 11 juillet Mon cher ami,
Je ne vois pas l'objet de votre lettre.
Vous reconnaissez que vous m'avez promis d'être prudent et de ne pas causer d'ennuis à Saint-Sulpice. Cela me suffit amplement.
Je n'ai jamais songé à l'abdication dont vous me parlez, et vous le savez bien.
Agréez, mon cher ami, mes dévoués sentiments .
G. Letourneau.
Tel est le dernier mot que j'aie reçu d'un ancien maître et directeur que j'ai beaucoup aimé, et qui, en contribuant, pour sa part, à
I. La cure que j'avais soUicilée resta encore plusieurs années sans desservant, ainsi que quelques autres.
RECHERCHE DUNE SITUATION ECCLÉSlAST.QUE ".57
me faire entrer dans l'Eglise, a joué un grand rôle dans ma vie.
Cependant mon livre sur La Question biblique faisait son chemin. La presse l'accueillit favorablement, à deux ou trois exceptions près (1). La première en date et en importance fut celle d'un journal portant le singulier titre de La Vérité Française. Dès le 7 avril, il publiait un article commençant ainsi :
« Un ex-moine Bénédictin.actuellement prêtre habitué d'une grande paroisse de Paris, vient de publier un livre que nous ne voulons pas désigner autrement pour ne pas lui faire une réclame imméritée,
« Ce livre, tout à la louange de M. l'abbé Loisy et de son école, est assurément l'un des plus mauvais dont la littérature ecclésiastique ait été gratifiée depuis fort longtemps. »
La suite de l'article était consacrée à l'abbé Félix Klein (2), mention inévitable sous la plume du signataire, un ennemi personnel, l'abbé Charles Maignen (3). Les lecteurs n'étaient assurément guère renseignés sur le contenu de l'ouvrage, mais ils étaient suffisamment édifiés sur son auteur.
1 . Les principaux comptes rendus publiés sur mon livre ont été reproduits dans la a* édition, imprimée au mois de novembre do cette même année 1902.