I. Cf. ci-dessous, chap. VIIÏ, p. 17T
nous gavait et que nous devions servir aux examinateurs du baccalauréat. Voilà comment Montalembert et Lacordaire, joints à l'hagiographie de ma première onfance (1), restèrent longtemps les maîtres de mon esprit. D'ailleurs, il n© faut pas oublier qUe Mongazon était un petit séminaire. Bien que nos maîtres ne fussent ni des fanatiques, ni des embaucheurs, ils étaient naturellement portés à diriger les élèves laïques sur leur propre voie. «Quand les enfants parlaient de gloire, on leur disait : Faites-vous prêtres ; quand ils parlaient d'ambition : Faites-vous prêtres ; d'espérance, d'amour, de force, de vie : Faites-vous prêtres (2). » •
Mon année de rhétorique (on dit maintenant de première) fut couronnée par deux prix, neuf accessits et la réussite à l'examen qui formait la première épreuve du baccalauréat es lettres.
L'année suivante, dite de philosophie, fut moins heureuse, et j'échouai à la deuxième partie du baccalauréat. Cet insuccès ne me causa que le regret d'une déception pour ma famille. Ma conscience se tenait pour satisfaite du premier prix