‹ Un vie de pretre [microform]; mon expérience, 1867-1912Chapitre 61 sur 106 · EVÊCHÉ · texte numérisé non relu

EVÊCHÉ

DE Moûtiers, le 5 juin 1904.

Tare NT AISE

Cher Monsieur l'Abbé,

Seriez-vous homme à me rendre service ? Ce serait de venir passer auprès de moi le mois de juillet à Fougues pour m'aidera mettre la dernière main aune Vie de Mgr Landriot. Ce travail est déjà très avancé,mais j'ai les yeux si délicats que je ne puis guère faire cette besogne tout seuL Un secrétaire expérimenté comme vous me serait d'une extrême utilité .

Dû reste, j'ai entre les mains des papiers fort curieux qui, peut-être, feraient la matière d'un ouvrage distinct de la Vie de Mgr Landriot.

En attendant votre réponse, je vous renouvelle, cher Monsieur l'Abbé, l'assurance de mon religieux dévouement en N. S.

t L L- Ev. de T.

SEéRÉTAIRE ir'ÉVÊÇUE 327

L'année prêcé(feaîtej l'auteur de cette letti^; Mgr LuGien Lacroix (1), m'avait proposé' de m'agréger à son diocèse (2) et, de pitts, il avait offert, par d^ux fois (3), à mes- parents, de leur confier la gardfe^ du chalet qu'il possédait â Fougues : c'eût été leur fournir un logement dans une campagne non dépourvue d^^agrfeients. Tant de bienveillance ne me permettait pas de refuser au prélat ce qu'il me demandait.

La réception qu'il me fît fut extrêmement cor-^ diale. En me faisant venir sous son toit, l'évêque n'avait pas d'ailleurs perdu toute prudence. Auprès- de lui, je m'appelai «l'abbé Henri Albert )>. Ce fut aussi de ce nom. que je signai les lettres que je lui écrivis plus tard. I^ui, en souvenir du cardinal de Ricbelieu, son idéal, signait ordinairement celles qu'il m'adressait « Duplessis ».

Pendant que j'étais chez^ lui, une tempête se déchaina dans l'Eglise de France. Plein d'une sainte ardeur réformatrice, He X, pape depuis un an, s'était mis- en tête d'obtenir la démission des évêques de Laval et de Dijon, sur

I Né eu i855, sacré évêcjae la 34, juin i.g^Qi. 11 se démit de son siège de Tarentaise le 17 octobre 1907 ; fut nommé évêque titulaire) de VallitSma la 6 janvier 1922,; mourut le a^ janvier suivant .

. a. Cf. ci-dessus, ehap. XlTjip. 299.

â. Lattresdes £§ oefolire et 12 diâcaEEtbFe 190^

lesquels couraient des histoires peu édifiantes. Les deux prélats n'avaient aucimemetit envie de se retirer et, comme ils lui étaient 'tout dévoués, le gouvernement résolut de les défendre. Le conflit devint immédiatement très aigu, laissant entrevoir une importante Conséquence: la dénonciation du Concordat.

Dans l'espoir d'avancer respectivement leurs affaires, les politiciens de gauche et dé droite se jetèrent avec ardeur sur les incidents de Laval et de Dijon. Depuis longtemps, les théoriciens de la sécularisation de la société portaient dans leur programme la séparation des Eglises et de l'Etat, mais ils ne savaient pas comment l'engager. Le gouvernement la redoutait, et il ne rencontrait pas au Parlement de majorité pour la voter. D'autre part, beaucoup de catholiques préféraient se lancer dan^ l'inconnu plutôt que de subir les évêques que la direction des cultes ne craignait pas de nommer. Des monarchistes, indifférents au catholicisme, espéraient qu'une agitation religieuse amènerait une réaction favorable à leurs intérêts. Les parti» extrêmes résolurent donc de se livrer bataille aux déi>ens des prélats incriminés. Comme ces deux personnages ont été l'occasion d'une grande réforme et que j'ai écrit à leur sujet, il ne me paraît pas hors de propos d'exposer leur cas.

Très sensible à la beauté, l'évêque de Laval^

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Mgr <jreay {1), avait étér siibjttgtié par" c/étîe d'une jeuiie religieuse du Carmel de sa ville épiscopale, la mère Thérèse-Marie-Cécile du Sauveur. Il la prit pour confidente, pour directrice, pour « mère spirituelle » (2) ; il s'appela son « bébé ». Puis, dit-on, ses sentiments évoluèrent dans une voie virile.

Dénoncé à Rome, comme suborneur de religieuse, il subit une enquête défavorable de son métropolitain, l'archevêque de Tours, Mgr Renou. L'inculpé demanda une contre-enquête et obtint qu'elle fût dirigée par l'archevêque d'Avignon, Mgr Sueur, lequel avait d'excellentes raisons d'être indulgent aux frasques d'amour.

Mgr Sueur conclut -à l'innocence. Léon XIII laissa Mgr Geay sur son siège et ne lui infligea pas de peine disciplinaire. Comme la prieure et l'évêque pouvaient désormais difficilement vivre en harmonie, le pape rattacha le Carmel de Laval à la juridiction de l'archevêque de Tours, qui devint le supérieur-directeur du couvent et qui y laissa, en qualité d'aumônier et d'administrateur temporel, un horûnie cher à la prieure, l'abbé Dissard.

I. Né en i845, sacré évêque de Laval le 6 septembre 1896, démissionnaire le 3o août 1904.

a. Sur les « maternités spirituelles », on peut consulter Une grande mystique.

Ces incidents ne s'étaient pas écoulés sans gu'il en transpirât quelq'ue cliese en public. Les adversaire politiques de Vévèque ne lui ménagèrent pas les tracasseries et les horions. Lorsque Léon XIII mourut, ils réclamèrent du nouveau pape sa destitution.

Si la tendresse et la bonté caractérisaient Mgr G^eay, son colique! de Dijon avait pour trait distinctif l'ambition. C'était, de plus, tm être insociable, qui se faisait promptement exécr*er de tous Jes gens avec lesquels il vivait.

Normand d' origine', il vint à Paris, âgé de trente et nn ans, ceasément pour compléter ses études à l'école des Carmes^ en réalité pour se préparer un grand avenir. En 1S77, il se fit nommer chapelain d© Sainte-Geaevièv© et^ quand les diapelains furent supprimés; il resta dans la capitale en qualité de prédicateur libre. Du tronpeau du Seigneur, il choisit la partie la plus rémnnératrice : les femmes du monde. Il ne manquait pas d'ailleurs de ce qu'il faut poTir leur plaipô : yeux vifs, r^ard impérieux, face sanguine encadrée dans une che-velure :aj'tistement soignéei, cou de taureau, Garrure épaisse, port décidé. Le brillant de ses causeries et l'intérêt de ses conversations faisaient oublier deux défauts de sa pliysionomie : nn manvais pli de bouchte et la dureté générale du visage. C'était un mâle conquérant. Son unifoime faisait

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croire qfue ses conquêtes étaient pour Dieu. On l'appelait « l'apôtre des gentilles ».

Pour disposer d'un auditoire et de ressources permanentes, il fonda « l'œuvre des conférences Sainte-Oeneviève, spécialement destinés aux dames » (1882). Une publication bimensuelle, la Bévue Fénelon, fut l'organe de ses conférences. Plusieurs jeunes prêtres libéraux acceptèrent d'être ses collaborateurs : les abbés Lucien Lacroix, Arthur Mugnier, Dumont, les Pères Chauvin et Godet, de l'Oratoire. L*abbé Lacroix se retira promptement : le général était jaloux de son lieutenant.

Comme cette entreprise ne suffisait pas à l'activité et aux besoins de Le Nordez, il inventa, vers 1893, une « œuvre populaire de Jeanne d'Arc », œuvre qu'il promut bientôt e:i « ligue nationale ». Dans les villes et les pensionnats où il passait, il instituait, pour drainer l'argent, un « Comité des Dames et des Demoiselles de Jeanne d'Arc ». Une savante hiérarchie de grades permettait d'y satisfaire nombre de vanités. Le Comité se composait de « surintendante, pro-surintendante, chancelière, vicechancelière, maîtresse des - comptes et conseillères », Le commun s'appelait : « les compagnes de Jeanne d'Arc ».

La Puoelle devenait, en ce temps-là, une sorte de religion nouvelle, avec laquelle des malins

îj^éteniiaient refaire l'unité de la France. Un autre matois, l'auvergnat Jean-Pierrè Pagis, évêgue de Verdun, pour se créer des revenus, érigeait à Vaucouleurs « un monument national » en l'honneur de la libératrice de la France. L'entreprise rencontra des difficultés. Pagis eut besoin d'un collaborateur. Le 6 janvier 1895, il remit à Le Nordez la direction de son œuvre et le prit pour vicaire général. Bientôt il le fit nommer son auxiliairei, avec le titre d'évêgue d'Arca, <i Arcensis episcopus ». Il s'établissait ainsi à propos de l'infortunée Pucelle une équivoque que l'on trouvait charmante. Mgr Le Notdez la commentait de la sorte :

« Arcaest situé en Arménie, à peu de distance de Mé- Htène (Malatia) et non loin du mont Ararat, sur lequel l'arche s'arrêta après le déluge. C'est de là. sans doute, que la colombe, envoyée par Noé, rapporta le rameau d'olivier. Il nous est permis d'y voir un favorable et encourageant augure pour le futur ministère du prélat qui, il y a quelques années, dans son panégyrique de Jeanne d'Arc à Orléans, représentait Jeanne d'Arc comme la pacificatrice de notre temps, la douce colombe apportant sur le tard la paix au monde (1) . » -

Pendant qu'il débitait ces fadaises aux fenmies. Le Nordez posait en esprit fort devant les libres penseurs. Il disait qu'il acceptait l'épiscopat « comme une charge sociale pour le service

^ t . Chronique de Jeanne d' Arc, ie« juillet ; Semaine religieuse de Verdun, II juillet i8g5.

de l'htimanité »; il appelait Lourdes «la pourriture du catholicisme ». ^tait-il doiic libre penseur? Toi n'est pas mon avis. Il croyait en Dieu, ce semble, et peut-être même à une certaine divinité de Jésus-Christ, mais il entendait que sa rehgion lui rapportât tout ce que lui aurait rapporté un autre métier : c'était un paysan normand d'une extraordinaire puissance de finesse, de volonté et d'intrigue.

Pour se faire agréer à Rome évêqiie auxiliaire, il avait accompli des prodiges de diplomatie. Il reprit aussitôt le même travail, avec la même virtuosité, auprès de la Direction des Cultes pour obtenir en France un évêché. Celui de Dijon lui échut. Un beau-frere du Président de la République, M. Cunisset-Camot, vivait dans ce diocèse. Mgr Le Nordez s'imagina que, grâce à sa protection qu'il saurait infaillihlement conquérir, il serait bientôt archevêque de Paris. En attendant qu'il fût cardinal dans la capitale, il imagina de reproduire ce que l'on sait de la démarche, du ton de voix, des manières de Bossuet. Comme lui, il se déchaîna contre le libéralisme dogmatique (1), moyen de se faire parflionner à Rome sa servilité politique. Mais ses vieilles habitudes n'étaient pas

1 . Il exploita l'orthodoxie au point d'accuser d'être partisan* <le M. Loisy^ les sulpîciens qui dirigeaient son séminaire et don' il voulait se débarrasser.

334 JWfClN iEXPÉHffiilCE

mories. Bossùet, tout icomme Jeamiè d'-Aarc, Féîieton ©l saiiîte Cr^ievièv^e, devint pour lui wm tire-lire. Il résolut de lui éÏQv^ à ©ijon ïin grand aïontmaent sur le^el il prélèverait, poTir sa I>©in6, un honnête bénéfice.

Oeï)eïidant son caractère insupportable produisait ses effets à Dijon, comme partout toù il avait passé. Une cabale se forma contre lui, elle porta ses griefs à Rome, l'accusant d'être franc-maçon, d'avoir ordonné prêtre son propre fils iot d'avoir détourné les fonds destinés à la statue de Bossuet.

Dans la dernière affaire, le rôle de l'évêque n'était pas aussi clair qu'il eût été souhaitable; mais les deux premières accusations étaient ineptes. Le pauvre abbé (1) dont on lui prêtait la paternité n'était que son compatriote. La plus forte preuve ^*on. alléguait de son maçonmsme était une photographie truquée par un joTimaliste de La iDibre JParole (2). Dans une photo-

T. Il fut, en 1904-1905, curé de Saiot- Apollinaire, près de Dijon. Sa rmère, blanchisseuse die Valognes, ne figura certainement jamais au nombre dexes « gentilles » dans la société desquelles l'àbbë Lb Nordez s'était complu. ^^

^uand .Mgr Le I^ordez quitta ion dioraBse^le^curé essaya de rsster dans sa paroisse, malgré les vicaifes généraux. Il fut interdit, quitta le clergé, devint cotiférencier anticlérical. We pouvant vivre que de l'autel, il rentra dans l'Eglise, et les journaux pieux édiâèrant leur inaï£s .leoteucs ^par le .récit de «a conversion. Voir L'Unvuers du a -juin.jgû^.

a. M; de Boisandré.

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grapkie réellement prise rue Cadet, à la têt» d'un passant oti d'un franc-maçon aufchentiqfuo, on av^ait substitué celle de l'évêque, pour iaîre croire <ïu'il sortait du Grand-Orient. Les racontars les plus absurdes trouvent facilement crédit dans des milieux ecclésiastitîues, où l'on cultive intensivement la crédulité.

Pie X somma, sous ■ peine des plus graves sanctions canoniques, les deux évêques de Laval et de Dijon d'être à Rome à la fin de juillet (1904), bien que le gouvernement français prétaidît leur refuser la permission de s'y rendre. Les mesures prises par le pape n'étaient, disait-on, qu'im. commencement; il aurait eu l'intention de déposer' quatre ou cinq autres évêques. Celui de Tarentaise figurait sur cette prétendue liste de suspects.

Ces conjonctures émurent vivement Mgr Lacroix. Quand même il n'aurait pas été directement menacé, il lui apparaissait clairement que, si le concordat était rompu, c'en était fait de son avenir; il n'aurait jamais d'avancement, perspective qui lui semblait équivalente à celle d'une prison perpétuelle. Son tempérament de journaliste le fit irrésistiblement entrer dans la mêlée dôs polémiques. Il écrivit deux articles qu'il fit passer au Siècle, où son ami Cornély écrivait chaque jour l'éditorial et dont le directeur politique était M. de Lajiéssan, l'ancien ministre

de la marine du ministère Waldeck-Rousseau (1). En ma qualité de secrétaire de Tévêque, je collaborai à ces articles. Nous convînmes même qu'en cas de besoin, j'en assumerais l'entière responsabilité. Du moment que j'étais responsable et que les deux évêques incriminés m'inspiraient beaucoup moins do sympathie qu'à Mgr Lacroix, je me servis de quelques expressions qu'il ne se serait certainement jamais permises à leur égard. Je n'étais d'ailleurs encore qu'imparfaitement renseigaé sur leur compte. Je n© savais pas tout ce que j'ai appris plus tard, beaucoup d'autres traits piquants, qui ne rentrent pas dans mon sujet, puisque je ne raconte ici ni la biographie dei ces deux successeurs des apôtres, ni la fin de l'Eglise concordataire.

Mgr Lacroix ne me jugea sans doute pas maladroit dans l'aide que je lui apportai. Il me conseilla de gagner ma vie dans le journalisme. D'autre part, Le Siècle me fit signe qu'il accepterait volontiers ma prose.

Au mois d'octobre suivant, je devins un collaborateur de ce journal. Pour un traitement de cent francs par mois, je devais fournir trois ou quatre articles.

Ne voulant pas traiter d'actualités mal con-

I. Les deux articles parurent dans Le Siècle des i8 et as juill«l i9o4| 80U6 la signature « Vidimus».

nues et mal définies, je résolus, à défaut de faits à commenter, d'entreprendre des études qiii donneraient à mes lecteurs une connaissance exacte des choses et des gens d'église à notre époque. J'élaborai immédiatement un essai sur la Crise du clergé et je le publiai du mois de novembre 1904 jusqu'au mois d'août 19'^i5. Plus tard, de 1905 à 1909, je publiai une série d'études intitulées Evêques et diocèses. Ces articles ont été réunis en volumes.

La crise du clergé! J'en étais non seulement spectateur, mais encore victime. Pour la décrire, je n'avais qu'à raconter ce que j'avais éprouvé moi-même et ce qlie j'avais vu autour de moi. Je revécus toute ma vie : mon enfance, ma jeunesse, mon séminaire, mon noviciat, mon professorat dans un petit séminaire. Je regardai ce qu'étaient devenus des camarades, des confrères, des moines que j'avais connus si croyants et, quelques-uns, si fervents. Que de déceptions, que de désillusions, que de désespoirs I Ce fut avec mon expérience que je composai cette étude. Il n'y a pas une de ses lignes qui ne soit un trait authentique et que je ne puisse appuyer d'un nom propre et d'un fait. >... Ces articles parurent sous la signature de « Xenos », mot grec qui signifie 1' « étranger ». Ne me considérais-je pas, en effet, comme de^ venu totalement « étranger » au clergé? N'étais-

je pas traite comme tel par mon évêque et mon métropolitain, qiii avaient pris le parti de m'ignorer totalement? (1)

Les études intitulées Evêques et Diocèses utilisèrent, avec la permission et même avec l'encouragement de Mgr Lacroix, nombre de renseignements qu'il m'avait donnés sur ses collègues. Elles parurent d'abord sous différents pseudonymes (Vidimus, Vettius, Paul Chèze, Parizet, etc.) qui, comme celui de Xenos, ne furent un secreit pour personne. J'en parlais librement et je n'usai jamais de la tactiî[ue de me dissimuler sous des artifices de style. D'autre part, les chasseurs d'hérétiques étaient trop intéressés à connaître l'auteur de ces articles pour n'y pas employer toute leur sagacité. Leurs attaques ne me brouillèrent pas avec mes amis^ pas même avec i'évêque de Tarentaise.

Les confidences que ce prélat m'avait faites sur la cour pontificale, sur les évêques de France (2), sur la rivalité du clergé sécxiiiei* et du clergé régulier n'étaient pas de nature à raviver ma tendresse pour l'Eglise, ni à foî1;ifier mes espérances dans sa rénovation. D'a-

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