Cf. ci -dessus, chapitre XIV, p. 3o4 et
2. Histoires de femmes : MMgrs Geay, Sueur, B. et H. — Histoires de moeurs ; Mgr R. — Histoires d'argent : MMgrs Le Nordez, Pagis, B. et S. — Histoires d'idées : MgrFuzel, archevêque de Rouen.
SEGRÉTAIRE D'ÉVÊQUE 33 ^
près ce ^ïi'il m© dit, elle ne représentait 3)lus gtrère (ja'un .syndicat d'intérêts (1). Quant au prélat qui achevait de m'en dévoiler les secrets, il ne me semblait pas sans grandeur. Au lieu de faire sûrement carrière dans roTthodoxie, comme tant de ses collègues <5omplètement sceptiqfues, et de dire : « Après nous le déluge », il préférait allier son ambition à un périlleux libéralisme et accommoder aux temps nouveaux la vieille institution religieuse dont il était un des dignitaires et qu'il considérait comme une grande institution morale. Les difficultés de l'opération me semblaient beaucoup plus grandes qu'il ne les voyait ou ne prétendait les voir. Au fond, nous voulions travailler et nous travaillions pour la même cause : la transformation religieuse. Je résolus donc de le servir selon mes petits moyens. Peut-être, en plusieurs circonstances, ai-je suivi trop ses conseils, qu'il donnait facilement comme des ordres.
En attendant la suite de mes relations avec l'évêque de Tarentaise, mon lecteur ne sera petLt^être pas fâcbé de savoir comment finirent les aventures de Mgr Greay, de Mgr Le Nordez et même de la mère Thérèse-Marie-Gécile du Sauveur.
a. A la fia de 'IQcmî., Mgr Ouchesiue appelait la majorité de l'épiscopat français : « une bande de coquins. » Cf. Un prêtre iynib&litie, p. laî.
Los deux évêques ne purent échapper à l'obligation de se rendre à Rome. Ils s'y trouvèrent •en face du dilemme suivant : ou bien ils donneraient leur démijssion, et alors le Saint-Siège reconnaîtrait qu'ils s'étaient retirés spontanément et leur assurerait une pension annuelle, dé ^.000 francs (chacun) ; ou bien ils refuseraient leur démission, et alors ils seraient jugés par l'Inquisition dans xm procès en règle dont ils -auraient à subir toutes les conséquences. Ils 'Choisirent la première combinaison, mais en proférant des plaintes amères.
Comme Mgr Geay ne dépassa pas, paraît-il, la mesure des récriminations permise à la faiblesse liumaine, le Saint-Siège lui paya toujours fidèlement sa pension, et même Pie X lui octroya, ■dès 1906, le titra d'évêque de Samos. Il mourut à Hyères, le 14 novembre 1919.
Quant à Mgr Le Nordez, qui s'était permis des propos trop vifs, le Vatican, pour les lui faire expier et pour le réduire au silence, lui supprima, pendant plusieurs aniées, sa pension, et ïîe lui accorda un nouveau titre épiscopal qu'en 1922, trois semaines avant sa mort.
Plus heureuse que les deux évêques, la prieure tiendra sans doute dans l'histoire de la piété catholique une place édifiante. Comme une carmélite de Beaune fut, au xvii^ siècle, la promotrice de la dévotion à l'Enfant Jésus, la prieure
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du Garmel de' Laval a été, par une brochure répandue à profusion (1), la promotrice d'une dévotion à « Marie Enfant », ou, comme disent ses adeptes les pins distingués, à la «Santissima Bambina ». Son objet est un énorme poupard, emmailloté de dentelles blanches, emmitouflée d'une somptueuse bavette et d'un riche bonnet, partout constellé de fausses pierres précieuses. La contemplation de cette idole « favorise », paraît-il, « d'un© façon puissante, l'avènement dans les cœurs du règne de Jésus-Christ ». Un sanctuaire de la « Toute Petite Vierge Marie enfant » fut érigé par Léon XIII au Carmel de Laval en 1897 (l'année même où la belle religieuse fit la conquête de l'évêque).
Le cas de cette sainte femme m'a vivement intéressé, non parce qu'elle est l'auteur d'une dévotion nouvelle qui, comme on dit en pieux style, « rayonne maintenant dans tout l'univers », mais parce qu'il illustre magnifiquement l'un des principaux traits de la psychologie des mystiques. Bien qu'ils répètent toujours « Dieu seul suffit », ils ont constamment besoin d'une amitié, ordinairement d'un autre sexe que le leur. Après avoir tendrement aimé la prieure sous laquelle elle fit son noviciat, la Mère Cé-
I. Marie Enfant ou la Santissima Bambina. Un vol. în-i6 de 2^0 pages. L'ouvrage est précédé d'une lettre de Mgr Renou.
cile du Sauveur aima Mgr Geay, puis raumônier du Carmol, Mgr Dissard, puis Mgr Renou. Lorsque Dissard mourut, elle se r^ra dans unô villa, près de Tours, et le vénérable archevêgue lui prodigua les visites Journalières dont elle avait besoin.