‹ Un vie de pretre [microform]; mon expérience, 1867-1912Chapitre 66 sur 106 · LA SEPARATION DES EGLISES ET DE L'ETAT · texte numérisé non relu

LA SEPARATION DES EGLISES ET DE L'ETAT

La première assemblée plénière des Evêques de France. Une supplique à Pie X.

(Décembre 1905-novembre 1906)

La loi de séparation des Eglises et de l'Etat, promulguée au Journal Officiel le 9 décembre 1905, plongea les catholiques dans un immense désarroi. Pour le décrire, je ne puis mieux faire que de reproduire une lettre publiée, par mes soins, dans Le Temps, le 2 juin 1906, sous la signature : « 'Un prêtre français » :

... « Des prélats belliqueux, usant de représailles, supprimèrent la prière traditionnelle pour le gouvernement, tandis que d'autres, plus modérés, conseillaient à leurs prêtres de la chanter avec plus de ferveur encore, parce que la France n'avait jamais eu plus grand besoin du secours de Dieu. Les uns jugèrent qu'il fallait envoyer au Ministère les demandes de pensions et d'allocations ; d'autres, au contraire, interdirent à leurs prêtres de faire leur demande, estimant que cette démarche impliquait une acceptation formelle de la nouvelle législation. Ceux-ci organisèrent à grand bruit des associations diocésaines et paroissiales, « non déclarées », qui ne devaient avoir rien de commun avec les associations cultuelles.

qu'ils s'entêtaient à regarder comme schismatiques.Ceuxlà, au contraire, prévoyant que ces groupements ne pourraient vivre longtemps en marge de la loi, préparaient silencieusement les statuts de leurs futures associations cultuelles, en conformité avec ce que M. de Mun n'avait pas craint d'appeler* la loi d'apostasie ».

« Bref, parce que Pie X refusa aux évêques la permission de s'assembler immédiatement, toutes les initiatives privées, je devrais dire toutes les fantaisies individuelles, purent se faire jour, et, sous le regard narquois de leurs ennemis qui venaient de remporter la victoire décisive delaiséparatton, les. catholiques, tiraillés en tous sens par des courants contraires, donnèrent le spectacle attristant d'une armée sans plan, sans organisation, sans commandement surtout, déjà démoralisée par la défaite et vouée aux pires désastres, faute d'une direction éclairée, énergique et résolue. L'histoire, je le crains, :appréciera avec ;sévéwté les hésitations et les incertitudes de ceux qui avaient qualité pour gouverner et discipliner ces troupes, capables d'un vigoureux élan, et qu'on a laissées piétiner sur place, en proie à l'énervement et même à une v,éritable aaiaTchie.

« Pour justifier la conduite du pape, on disait qu'il fallait attendre les divers règlements d'administration prévus par la loi. Si tel était le véritable motif des délais, pourquoil'assembléeplénière n'a-t-elle .pasété convoquée au mois de mars, immédiatement après leur publication ? La vérité est que le Vatican attendait les élections...»

Voyant que ila rtauvelle Ckambre appliquerait la législation votée par da pïécédente', le Vatican finit par se xésigneir à convoquer les évêques ©n assemblé© plénière, soit qu'il eût résolu de ne point tenir compte de leur avis, s'ils n'étaient point de son opinion, soit qu'il voulût leur

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