L.\ MLAl.N MU.NSIKLU
sens n'apparaît pas nettement, puis, brusquement, elle s'assied en secouant ses cheveux. Robert se relève sur un coude |X)ur la regarder. Ils sourient.
— Tout de même, fait la petite, sérieusement, Mère Saint-Paul avait bien raison de prédire que je tournerais mal !
— Merci bien.
— Oh ! mon loulou, je ne dis pas ça pour...
— Qui était cette Mère Saint-Paul, sans indiscrétion ? La marquise ?
— Mais non ! Une religieuse du couvent, une courtaude, avec des lunettes montées en écaille.
— Ah ? Ah ?
— Comment, je ne t'ai jamais raconté tout cela V
— Jamais ! Nous auons si peu de temps à nous î
Suzarme se renfonce sous les couvertures — une mèche de cheveux mal placée donne lieu à une série de petits cris d'animaux sympathique. Je ne te gêne pas ? — Non, ma chérie). Knfin la voilà blottie.
— Tu sais que j'ai été élevée aux Oiseaux '^
— Si je le sais ! Ton mari me le répète, chaque semaine, une ou deux fois.
Sujette pince les lèvres ; les plaisanteries sur ce sujet lui ont toujours paru déplacées. Robert repart ; il s'intéresse :
— C'était grand, ton couvent ?
— Très grand.
Elle a dit cela sèchement. Il insiste :
— Kt cpi'est-ce que l'on y faisait ?
— Pour ce (jue ça t intéresse !
< Le fait est cjuc ça ne m'intéresse pas du tout , pense Robert ; mais il insiste encore :
— Je l'assure ! A quelle heure vous leviez vous ?
— A six heures.
— Fichtre !
— El même ..
Suzette est trop pleine de son sujet i>our bouder contre sa langue et tenir longtemps baissée l'écluse des confidences. Elle jxse, elle jase, installée bien h son aise, blottie contre 1 heureux R >berl. L'heiirtiix Robert a un peu de courbature dans l'épaule).
- On se levait môme A six lieures moins le (juart ; on avait une p<'lite heure pour sa toilette ; et puis, à dix heures et di-mie, il y avait le cpiart d'heure : c'est une |H'litc
récréation pendant laquelle on reçoit ses lettres, décachetées bien entendu. A midi, on dinait... c'est le déjeuner, tu comprends ; seulement là-bas on appelle ça le dîner... et le dîner, à sept heures, s'appelle le soui)er. Tu comprends, c'est la même chose, ce sont seulement les noms qui...
— Oui, oui, je comprends
— Après le souper, il y a une récréation d'une demi-heure, et puis encore une étude avant la prière du soir... tout le monde dormait pendant cette étude-là... Tu vois, c'esl une vie très réglée. Seulement on
— Mon lioby I
était sévère ! sévère ! C'est bien simple, tout était défendu. Il était défendu de se tutoyer, et puis d'aller deux ensemble .
— Comment, d'aller deux en%cmblc?
— Mais oui T es bêle ! Quand on se promenait iH'iidant les récréations, il fallait se promener par trois.
— Ah ?
— Tu comprends, c'est plus moral !
— Je ne trouve pas. Enfin ! Dis donc, tu étais docile, là-bas ?
— Pas trop, ce ipron m'a souvent enlevé ma ceinture !
— Pour (|uoi faire '
— Pour me punir, tiens '
— Moi, ça m'aurait été bien égal, qu'on m'enlève ma ceinture ! Raconte-moi encore, chérie, des choses du couvent.
— Eh bien I il y a un grand jardin ; l'endroit où on joue s'appelle le Rond.
— C'est un joli nom.
— A la fête de la Supérieure, on fait la fête.
— On fait la fête à la fête? Qu'est-ce que...
— Ecoute donc. On fait venir dans le Rond des boutiques, avec des tas d'objets qu'on peut acheter, et puis des chevaux de bois, des balançoires, un orgue de Barbarie.
— J'ai été élevée aux Oiseaux.
Ce que je me suis amusée aux Oiseaux !
— Tu parles !
— Je ne m'amuse plus comme ça maintenant !
— Navrante pensée ! Mais nous avons d'autres jeux, ma chérie. Il y a... Il y a...
— Boby, finis donc, tu me chatouilles.
Cette fête-là, au couvent, ça s'appelle la Foire dans le Rond.
— Suzette ! je te prie d'être convenable !
— Mais je t'assure !... Il y a d'autres fêtes. A la Sainte-Marthe, pour la fête des sœurs converses, on permet aux pensionnaires de remplacer les sœurs dans... dans... dans ce qu'elles font, quoi 1
— Dans leurs attributions ?
— Oui. Il y a des élèves à la cuisines ; d'autres au dortoir ; d'autres au Tour pour ouvrir la porte ; c'est aussi très amusant. Seulement, tu sais, ce jour-là on ne mange que de la viande froide, les lits sont faits
d'avance et il y a tout de même de vraies sœurs à la porte.
— Ça me rappelle les plus palpitants essais de socialisme pratique.
— Ce jour-là, on joue surtout à cachecache. Chaque classe est divisée en deux bataillons,, un qui cherche.
— Et un qui se cache.
— C'est ça. Ce jour-là on peut aller partout, même dans le clocher de la chapelle.
— Mon Dieu ! Dire que je ne connaîtrai jamais, jamais, l'ivresse d'aller dans le clocher de la chapelle !
— Il y a un tas de fêtes comme ça toutes
les quinzaines... Maman Marie Fourier, lia supérieure, nous réunissait dans la grande salle où on reçoit les évêques, et nous donnait les notes de quinzaine...
Zéro c'était très mal, six très bien, et puis entre les deux il y avait un, deux, trois...
— Quatre...
— Et cinq. On annonçait aussi les punitions. La première punition sérieuse, je t'ai déjà dît, c'était de vous enlever votre ceinture.
— Fâcheux symbole !
— Ça voulait dire qu'on n'était plus digne de porter le costume.
— Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée.
— Quand c'était plus grave, on Vous envoyait au repassage.
— Pour blanchir votre réputation ?
— Là, on était tout à fait séparée des autres ; ça durait deux ou trois jours ; j'y suis allée souvent. Après on n'avait plus que la ressource de vous mettre à la porte î
— Brrr !
— Et puis, aux Saints-Innocents et à la Saint-Louis de Gonzague, il y a les concerts. Les élèves les plus fortes en musique viennent chanter. On a des émotions î Ah!
Suzette reste pensive, rêvant aux enchantements abolis de la Saint-Louis de Gonzague. Un cantique d'autrefois bourdonne dans sa mémoire, si prodigieusement idiot qu'il a l'air de le faire exprès :
Je pleure, je soupire, Mon cœur est tout en feu, • Et je ne sais que dire :
Mon Dieu ! mon Dieu ! mon Dieu !
nm^^m^^mmmm
Tout dk slitk aiuiaciikk atx soi'VKXA.NCEii. kllk lit.
UN VILAIN MONSIKUR !
Les grandes, jadis, ne pouvaient en chanter les deux premiers vers sans rougir jusqu'aux oreilles intlusivenient). Ht comme l'encens de la chapelle enibaunKiit !
Elle se lait ^syniplômc grave chez elle).
— Vite ! Oîi ai-je mis mes épinffles !
l'our secouer cet engourdissement ouaté de mélancolie, Parvillc passe à la songeuse, sans rien dire, le dernier numéro de lArt et la MtHlé', (luelle l'a chargé de récUuner chez 1 éditeur, parce qu'on lui avait envoyé un exenij)laire s:uis gravure coloriée, et, dame, un exemplaire siuis gravure coloriée !
Tout (le suih- arrachée aux souven;uices. elle lit avidement, à demi-voix |K>ur se hicJl pénétrer du sens des mots: Ce corset de satin blanc garni en haut de trou trou avec comète passée dedans ...
— Je raconterai à Maugis les merveilles fie ce vo<-ahulaire de modiste, son^'e H«»hi'rt émerillomié. Passer une comète dans un trou-trou ; en faut-il une santé !
-- Dis don<-, chérie, sais-tu l'heure qu'il est •'
Non
SepI heures moins cin(| !
- Ah ! mon Dieu ! Vile ! Où ai-je mis mes épingles '
Cinq minutes aprirs, un souvenir refleurit encore au cœur de Suzetle
— Et puis, mon Hob, lis 1< ron^ de gvranasti(|ue s apfK'laient Callislli' > n [.«rsonne ne savait jxjurquoi.
— Dépêche-toi, mi^nonin-. i>i lu le fais dîner en relard, l'rantz aura «ru or. ^ • rnigraine.
Délicieux petit adultère ! plus délicieux que secret.
De Parville décidément veinard . de Parville, tout à fait pose maintenant, les gens informés disent :
— Il est avec la jolie plile madame de IJzery, vous savez.
— .\h • fichtre !
Id'plitf mntlame de Lizery...
UN VILAIN MONSIEUU
Car, naturellement, ça s'est su.
D'abord Robert n'a pas été très discret, convenons-en. Evidemment, il n'a pas fait insérer l'événement au courrier mondain du G'inloîs, mais enfin, il n'était pas fâché que Ton s'eJi doutât, et peut-être a-t-il eu des frisements de moustaches trop significatifs.
Mais Suzanne, surtout, pataugeait en des imprudences savoureuses. Elle parlait de son < Boby > à tout le monde, la chère pelite, Boby par ci, Boby par là ! Et quand
elle s'apercevait qu'elle avait été trop loin, elle s'empourprait. Pas diplomate pour un franc vingtcinq, Suzette !
Tenez : un jour, ils s'étaient donné rendez-vous, avenue de Friedland, au Thé- Musique de madame Nocheiiimal. Robert Parville, arrivé en avance, s éternisa t, aimable, sucré, seul homme au milieu de quinze dindes habillées par Doucet.
— Et comment va la mignonne Suzette ?
iiterroge madame Nocheinmal.
— Quelle Suzette ?
demande l'autre, purement.
— Mais, votre mignonne amie, Su-
::annc de Lizery !
— Ah ? Pardon î Je n'y étais pas ! Je ne, vois pas très souvent madame de Lizery, oh: non Je le regrette, d'ailleurs...
— Tiens ! je me figurais que vous la voyiez très souvent, moi ! Et même, si j'étais méchante, à vous voir m'honorer d'une si longue visile je croirais que vous lui avez, donné rendez-vous ici.
— Hé, Madame! Comment pouvez-vous...
La porle s'ouvre. On la regarde. Un
tourbillon de soie mauve se précipite, des cheveux d'or, deux yeux ingénus, un sourire de gosse ; très Watteau ce jour-là, la jolie Suzanne.
— O Boby ! s'écrie le Watteau, ne me
-.1 ■ Ce n'est pas de ma faute si
grondez pas ! Ça n'est pas de ma faute, si je suis en retard...
Puis le Watteau s'arrête, rougissant, mais l'effet est produit. Madame Nocheinmal sourit jusqu'aux oreilles ; cette peste de madame d'Amourédo (Claire) bouillonne d'allégresse intérieure, Robert fait danser son gant...
Ab un\o disœ omnes! Ce latin signifie que, dans de telles conditions, la liaison n'eut bientôt plus rien de mystérieux pouii Polichinelle.
A l'office, les domestiques de confiance perfectionnait l'éducation de Gretchen :
— Qu'est-ce qu'elle fait, avec ton ami Boby, ta maman ?
— Fait papa cocu.
Je vous ai déjà prié de remarquer que les domestiques de confiance sont plutôt malveillants.
Répélons-le : Suzanne était charmante, et même bien mieux que charmante.
Franlz connaissait les variétés de l'amour expérimenlal beaucoup moins que celles du « point natté », de sorte qu'il avait laissé, à Robert toute une exquise éducation à compléter, que le dévoué coadjuteur avait soignée particulièrement. Ah ! quelle élève appliquée !... (Je vous épargne ici une série de phrases à sous-entendus faciles, trop aisément grivois).
Douces caresses ! Ah !
Mais Suzanne, élégante, souple, câline et douce, gracieuse comme Ganymède, blonde comme rHébé, et sensuelle comme un conte de Mendiés, Suzanne, en dépit de cette précieuse collection d'adjectifs, avait un défaut et un vice.
Concedez-vous à la Sagesse des Nations que l'exaclitude soit la politesse des Rois ? Oui ? Eh bien, alors, si jamais vous voyez Suzanne gravir les degrés du trône de France, dites- vous que jamais, au grand jamais, ne se sera assise sur les lys une souveraine si .monstrueusement impolie.
Ah ! s'il n'y a pas d'heure pour les braves ;
UN VILAIN MONSIEl K '
iu
quelle bravoure chez elle, quelle bravoure. incJoinplable : Les hariiioiiies de (ilaude Achille Debuss}', la fumée des Khédives, les conviclions iK)lili(jues d'un préfet de seconde classe sont roc massif et fer iiieiilamable au prix des rendez-vous fixés fxés) '. par rinconsislanle Suzanne (jui oublie les heures, confond les lieux, s embrouille dans les dates.
Si je vous disais fiuun samedi non. un mardi}, la pelile malheureuse ayant enjoint à son H(»b de l'attendre j»are de Courcelles, à trois heures |)récises, l'infortuné émietta quatre heures, cjualrc mortelles heures d attente, bientôt muée en angoisse, à promener sa fièvre sur le (juai ... Ame, ma jKiuvre âme, ne vois-tu rien venir ? — Je ne vois que les disques qui tournoient et les lanternes des trains qui rou«,^eoient...
D un distributeur automaticpie il extirpa jus(pi à trente-deux bâtons de nougat vis- ([ueux ; il ^issa dans une autre fente, plus grande, vingt huit décimes |)our recevoir un nombre égal de petits pacpiets renfermant de la ix)udrette coagulée, sous le pseudonyme de chocolat ; mais ces orgies ; 4 fr. 10) troublèrent son estomac sans apaiser son énervement. Il recensa, sans une omission, les affiches murales phis nombreuses (pic les grains de sable soumis chatpie saison à l'action des eaux de Contrexéville . et, de la sorte, apprit que le bon chocolat blanchit en vieillissant — donc les dents de l'anlitpie madame .\ . ne sont |M»inl en bon chocolat, comme p ufois <»n l'avanc»*, à !« légère; — il constata que l'on promet aux acheteurs de l'ancien |)arc <le Héarn leau, le gaz cl des ;ubris séculaires à tous les él:iv'es : et Suzanmne venait toujours pas
Knfin, à st-pl heures, panlilanl, sûr du malheur {ïï la voyait, la pauvre mignonne. coupée en deux par luie automobile, trépas prématuré, mais assez chic en somme', il se rua dans une cabine téléphonicpie, rugit des demandes d'ex|>licalion et put ouïr; « Allô ' ,\llô î Pauvre hoby, je suis navrée que vous m'ayez attendue ! C'était l'autre gare de (^urcclles cjuc je voulais dire.
!e de Ceinture . Du reste, ne vous déso- .. . |)as Je ny suis pas allée non plus J'avais tout h fait oublié que c'était \nniv aujourd'hui
Portée à ce degré triomphal. rim>\:icli tude névrose un amant. Hobi'rl Parville se
névrosait avec une rapidité qui eût frappé les moins observateurs, des Micd.ciiis t»ir exemj)le
Outre ce défaut, un vice de Suzanne assassinnit le malheureux.
La très chère n'avait aucune, mais là.
aucune notion de la valeur de l'argent (h 1 or non plus, d'ailleurs;.
Suivez-moi, je vous prie ;
Nous n'êtes pas sans connaître ces livres de comptes, ingénieusement divisés en trois colonnes, qui s intitulent :
Kntretien de Monsieur, Kntretien de Madame.
Entretien des enfants
Négligeons la première rubricpie ; à |j dernièie nous i -iS'/i iv ons (piel- (pies louis de
bo.ilons. ou d i uti ités p i ses au Paradis des Krfanis 1 o ir Git:*l:en .Mais, à la se- (Oiic.'e coonne :
F.ntrrtirn de Maitiiiiif chère jolie
b onc.'e ye i e madame > ! les n eni s dét i s s accumulcjit des menus détails de 1 existence, cpie Ton |KMit évaluer en chiffres con nus
Je rap, e le IHiur mémoire la lo<-alion tie la (.h ambre de malade à 17/ôti'l lin Prince lùtgi'in' et ifr ht Qiirslion dO *'"»'' P^**
riitit ' ci, par miiis. 210) ; la
note sornait de quel(|ues accessoires, tels (pieau chaude ci. p "♦ '
mois 10 . mi |H'tit • en de I apiH'ttt. à noire Sii/rtte, ors vxvi (i par mois, une soix.intaine * .\ «udiiions pas un louts de p
.< nu
l'accorte soubrette et nous voilà à dix-huit louis, mon Dieu, oui ! Ah ! il eût été plus économique de s'aimer chez Robert, ou le oToom Ernest eût confectionné, au moins du thé potable ; et quel admirable lit, spacieux jusqu'au paradoxe ! Et quelle parfaite organisation néomalthusienne ! Mais Suzanne, malgré les avantages énumérés par Boby, n'avait jamais voulu entendre
Robert avait de la suite dans ses amours.
parler de cet entresol pour ce qu'elle « connaissait des gens » dans la maison, — « des Boliviens » ; — pas moyen, absolument pas moyen !
Robert s'était donc résigné à la « chambre de malade >, sise au diable, passage des Thermopyles ; s'y rendre en omnibus, impossible : on eût mis deux jours et deux nuits ; donc, le fiacre s'imposait, 30 sous, plus 0 fr. 50 de pourboire (et encore le cocher ronchonnait), à dix séances par mois, ça fait un louis de sapins... Ce n'est rien, dites-vous ? Pardon. Il y a le retour.
— Or, Suzzie ayant déclaré que les fiacres, « ça sent mauvais » (observation exacte d'ailleurs), Robert, chaque fois, se fait chercher par une voiture du cercle — six francs le voyage — soit soixante balles ; avec le louis de tout à Theure, quatre-vingt francs de frais de transport.
Trois cents soixante francs de report : nous voici à vingt-deux louis, les deux cocottes.
Tout ça, c'est le train-train fixe ; passons à la dépense flottante, « celle qui vous enfonce », eût buriné le père Hugo, choyeur d'antithèses.
Lorsque l'on ne villégiature pas à Montrouge, on tâche tout de même de se rencontrer ; Suzanne réclame l'aide de son chéri pour « aller voir » tel ou tel objet.
— Vous me direz votre avis, Boby.
Frantz ne les accompagne pas (migraine
invétérée).
Suzanne a oublié sa bourse. (xVie) !
Dire qjLi'elle ne peut pas voir de papier à lettres sans l'acheter, cette enfant !
Robert a gardé sur le cœur (c'est une façon de parler) douze boîte de papier «bleu empire», acheté sans les enveloppes. qu'on l'envoya chercher le lendemain, d'ailleurs...
Il a gardé (toujours sur le cœur) bien d'autres babioles de dernière nécessité qu'il paya cher, le pauvre !
Comptons dix louis mensuels de plus.
Vous trouvez que c'est beaucoup?
Mais songez donc que l'on se donne aussi rendez-vous aux «jours» de telles ou telles belles madames (y. plus haut) ; que l'on sort de ces visites ensemble, comme par hasard, et que Suzette « meurt de faim » à cette heure-là. Alors, on court chez Colombin, chipoter deux muffins autour d'une tasse de thé. Le thé est bon chez Colombin, mais on ne le donne pas... Allons, j'ai dit dix louis, j'y perds.
Donc, nos vingt-deux louis de tout à l'heure sont à présent trente-deux. Et ce n'est pas tout !
Robert avait delà suite dans ses amours Annette adorait le théâtre, Suzanne l'adorait encore bien davantage. Et Frantz, lui, ne pouvait pas le supporter :
— Oh ! dear Boby, j'ai si tant fort la migraine ce soir. Je préférerais plus mieux que vous iriez avec Suzie sans moi.