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Cette révolte fut le signal d’une guerre civile qui ensanglanta la colonie et qui, après des péripéties, se termina par la défaite et par la mort de M. de Thoisy. Poincy resté vainqueur se vengea de ses adversaires. Les Capucins, qui avaient pris parti pour le Bouverneur légitime, turent d’abord jetés en prison, puis exilés,
Ils quittèrent Saint-Christophe, emportant avec eux le Très Saint Sucrement et chantant le psaume Zn eritu Israel de Egypto, et se réfugièrent À la Guadeloupe, 1618. Le P. Raphaël ne les y suivit point ; il préféra passer en Acadie, où il mourut plein de mérites,
Quand les Capncins rentrèrent-ils À Saint-Christophe? Nous Pignorons. Probablement après la mort de Poincy. Ce qui est certain c’est que, en 1702, lors de la conquête, les Jésuites desservaient la Basse-Terre et les chapelles de Cayonne et de la Pointe-Saline, tandis que la Capesterre avec les chapelles de l’anse Louvet et de la Pointe-de-Sable étaient À Ja charge des Capucins.
L'hôpital était placé sous la direction des Frères de la Charité, Tous disparurent en 1702, la liberté de conscience n'étant point pratiquée à cette époque.
La révolte de Poincy consimma la ruine de la Compagnie des Indes qui prit le parti de liquider, 1648, et de vendre ses domuines. Ils furent achetés comme suit, en trois lots :
1" Saint-Christophe, la Tortue, Sainte Croix. Saint-Martin, Saint- Barthélemy, par M. de Poiney, pour le compte des chevaliers de Malte. Prix, 120,00 livres tournois, 24 mai 1651.
2° Guadeloupe et dépendances, par MM. Houel et Boisseret,
83" Martinique, Sainte-Lucie, la Grenade, par du Parquet.
L'Ordre de Malte, voulant reconnaître les services de Poiney, l’éleva au grade de baïlli. En même temps, pour surveiller cet homme dont le passé était inquiétant, elle lui envoya, en qualité de lieutenant avec future succession, un sien parent dont le nom est célèbre iians l’histoire du Canada, le chevalier de Montmaguy, ancien gouverneur de la Nouvelle-France. Mais Montmagny précéda de Poincy dans la tombe. Il fut enterré dans l’église de Basse Terre. Je suis tout heureux de pouvoir renseigner les lecteurs Cauadiens sur la fin du chevalier de Montmagny !
L'administration des nouveaux seigneurs fut prospère mais dura peu. Le gouvernement se ravisa. Une nouvelle Compagnie
1— V. Ferland, Hist, T. 1, p. 363.
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des Indes fut formée qui racheta, en 16614, tous les titres aliénés par la première,
La Compagnie s’empressa de nommer, 1605, pour son lieutenant géuéral en Amérique, le marquis de Tracy. Tracy visita les îles, installa partout des gouverneurs locaux, puis tit voile pour le Canada où il fut reçu comme nn sauveur. On sait comment il réprima les incursions des Ir quois et rétablit les affaires si troublées de la colonie,
Dix aus plus tard, nouveaux changements, La Compagnie, tombée en décontiture, fut supprimée par le Roi qui racheta ses droits, an prix de trois millions cinq cent mille livres tournois, et réunit les colonies an Domaine, 1674. Les Îles comptaient alors quarante-cinq mille habitants.
Cependant une révolution économique était déj} commencée qui devait ruiner Saint-Christophe et changer aux Antilles la face des choses,
Jusqu'ici, on n’y cultivait que le tabac et le coton, Des engagés, transportés d'Europe sur les vaisseaux du Roi ou de la Compagnie, moyennant un contrat de travail forcé de trois ans, recevaient, À l’expiration de leur terme, des terres sur lesquelles ils s’établissaient, Mais le travail des champs est fatal aux Européens, sous les tropiques, et bien peu résistaient À la fatigue.
La question de la main d'œuvre devint donc pour la colonie une affaire de vie ou de mort. Les Caraïbes ne voulurent pas se soumettre à un travail régulier, et disparurent, d’ailleurs, rapidement. Ce fut alors qu’on tourna les yeux vers l'Afrique et que la traite des noirs s’inaugura.
À la même époque, la canne À sucre fit son apparition dans les Îles, et son exploitation donna tant de profits qu’elle fit abandonner toutes les autres. La petite culture disparut donc, faute de capitaux pour se transformer ; et de grandes sucreries s’établirent à même les anciens domaines, qui se trouvèrent promptement réunis entre les mains de quelques riches planteurs. Les ‘“* petits blancs,” c’est ainsi qu’on appelait les petits propriétaires, passèrent À Saint-Domingue ou moururent, Le fait est que les milices coloniales qui comptèrent un moment, dans l’île de Saint- Christophe, quatre mille soldats, n’en avaient plus, en 1690, que trois cent cinquante, Le travail noir avait remplacé le travail blanc, pour le plus grand bien économique du pays, sans doute, mais pour la ruine de notre domination.
Aussi, lorsque, en 1702, le général anglais Codrington, À 1 tête de 2500 miliciens, envahit nos frontières, le gouverneu français, comte de Gennes, qui n'avait que quatre cents soldat: fut bien obligé, malgré une brillante défense, de capituler finale ment. L'île était perdue, et le traité d’Utrecht, 1713, si funcst. aux colonies, ne fit que légaliser le fait accompli.
Depuis ce temps l'île de St-Kitts n'a point cessé d’apparteni: à l’Avgleterre,
Partis de Saint-Christophe assez tard dans la soirée du 13 février, nous ons trouvâmes devant Antigua de bonne heure le lendemain r'#1i , Nous mouillâmes À trois milles du bord, et comme l’île ne contient rien d'intéressant, je ne descendis point à terre. J’eus Cependant le plaisir de faire connaissance avec le Père Provincial des R ‘demptoristes qui s’emnbarqua avec nous, en visite pastorale À travers les îles.
Ce bon Père était en travaux d'église. Ses paroissieng portugais, généreux pour une fois, s'étaient mis en tête de renouveler complètement le vieil édifice et d'en faire un temple digne de notre religion. TJ/’histoire de ces Portugais est curieux.
Ils viennent des Açores, groupe d’îlots perdus au milieu de l'Atlantique. Ces îles, malgré leur fertilité et l’industrie de leurs habitants, sont tellement peuplées, 256,000 Âmes, qu’elles ne peuvent plus fournir À leur subsistance.
Dans ces conditions, lémigration * : une nécessité, et ces Pauvres gens se portèrent successivernvut dans les Îles Hawaï, Océan Pacifique, dons les Etats de Massachusetts et de Rhode Island, E.-U., et aux îles Antigua et Saint-Christophe.
Débarqués là dans une condition à peine supérieure À celle des nègres, mais ayant l'avantage d’être acclimatés À la grande chaleur, ils sont parvenus, À force de travail, d'industrie et d’économie, à accaparer le commerce de l’épicerie et des débits de rhurn. Dès lors ils s’enrichirent rapidement, firent l’escompte des billets de commerce, et si bien qu'actuellement ils possèdent presque tout le capital de ces deux Îles, au grand dépit des Anglais.
Inutile d’ajouter que leur économie proverbiale s'étend aux choses de la religion et contraste fort avec la générosité également proverbiale des catholiques américains. La paroisse d’Antigua compte environ trois mille fidèles, sur un total de trentequatre mille habitants.
Non loin de là se trouve Montserrat, petite île que j'ai visitée,
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ilyadixans. Douze mille Âmes, mille catholiques. J’y trouvai alors un prêtre canadien, qui pleura de joie en me voyant et qui se hâta de me présenter À ses uniques paroissiennes de couleur blunche, deux vicilles dames irlanduises. Depuis lors curé et dumes sont décédés.
Puisque j'ai commencé, sans y penser, à faire l'histoire du diocèse de Roseau, autant vaut la compléter de suite. L'île de la Dominique, dont Roseau est le chef-lieu, avait été abandonnée, au dix-septième siècle, en libre jouissance aux Caraïbes ! Les malheureux commirent l’imprudence d'offrir l'hospitalité aux nègres marrons qui s'enfuyaient des îles voisines. Mal leur en prit, car aujourd’hui il ne reste de cette race intéressante que quelques familles fortement métissées. Les Dominicaine, presque tous catholiques, parlent le patois français des uègres créoles et, aussi, un peu d'anglais, L'île est deseervie par les Rédemptoristes ct les Pères de Chavagne. On y compte trente mille habitants dont vingt-huit mille sont catholiques.
Voici, d’ailleurs, le tableau statistique de ce diocèse :