‹ Un voyageur des pays d'en haut [microforme]Chapitre 11 sur 19 · PT CS · texte numérisé non relu

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lard, unique emplâtre pour calmer leurs douleurs, leur était immédiatement appliquée.

Le plus sage était de tout endurer sans se plaindre ef de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Le soir, les voyageurs campaient sur la grève, et dormaient comme ils pouvaient, exposés durant la nuit à la pluie, au vent, et aux maringouins; cependant, il fallait se hâter de profiter de la nuit telle qu’elle était, car elle n’était pas longue. La brigade campait très tard et repartait de grand matin. Le guide donnait le signal du réveil dès la pointe du jour; or au mois de juin, sous ces latitudes, l'aurore suit de très près le crépuscule, *

Ce n’était pas par le cri du Zexcdicamus Domino que le guide réveillait ses hommes. Le

signal était celui-ci: Zève, lève, nos gens !

* A Saint-Boniface, le 24 juin, on lit très facilement à neuf heures et demie du soir sans le seconrs d’une lampe « et on peut dire qu’il y a à peine quatre heures de nuit,

Alors les voyageurs se hâtaient de ployer les tentes des bourgeois et des commis, remettaient les canots à l’eau, et après les avoir chargés, reprenaient l’aviron pour ne le déposer qu’à l'heure du déjeuner, ou au premier portage, s’il s’en rencontrait un. Le portage amenait un peu de variété, mais ne donnait pas de repos.

Dans les canots, les chefs avaient continuellement les yeux sur les rameurs, pour les stimuler s'ils les voyaient se relâcher un moment, *

La vitesse de la marche était calculée d'avance, et les campements étaient fixés tout comme les stations sur une ligne de chemin de fer. En partant à telle heure de

tel endroit, on devait arriver à telle autre

* On rapporte une réponse assez goguenarde donnée un jour par un rameur qui ménageait ses forces en plongeant son aviron dans l’eau tout près du canot. “ Paresseux, lui cria le guide, va donc chercher l’eau plus loin.—Pourquoi, répondit le rameur, l'aller chercher loin, tandis que j'en ai si proche ? ”

heure dans un autre, et, à moins d'accidents, on savait au juste le nombre de jours que durerait le voyage de Montréal à la Rivière- Rouge,

Charbonneau racontait encore, dans sa vicillesse, combien il avait trouvé les Journées longues et le métier rude durant les premières semaines, et combien de iois il avait regretté amèrement les joies du foyer, le bon pain de famille et son lit sous le toit

paternel,

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