CHAPITRE III
Arrivée à la Rivière-Rouge.— Le lac Winnipeg.— Le fort Douglas.— Un mot sur l'origine des compagnies de traite,
Après une marche de cinquante jours, la brigade arriva au lac Winnipeg, où elle s’arrêta environ une semaine, Il n’y avait pas de fort à cet endroit; c'était seulement un poste où les canots du nord et ceux du lac Supérieur se rencontraient chaque année, De là on expédiait vers les différents postes de l’intérieur les paquets de marchandises ap-
portés de Montréal, et les canots qui retour-
naient au lac Supérieur rapportaient les charges de fourrures que les embarcations d’Athabaska et de l'Ile-à-la-Crosse avaient descendues au lac Winnipeg. C'était aussi de ce poste que les voyagenrs prenaient différentes directions ; mais avant de se séparer, ils prenaient une semaine de repos pour fêter ensemble. La compagnie, en cette circonstance, distribuait une petite ration de rhum et des vivres plus abondants ; on échangeait le blé-d'Inde pour le pémikan, nourriture un peu plus substantielle, mais peu agréable au goût. *
Les novices avaient encore besoin de quelques semaines d'épreuve pour se faire au
nouveau régime. L’unique nourriture dans
* Le pémikan était de la viande de buffalo séchée au soleil, pilée ensuite et mêlée avec de la graisse de bœuf. Ce mélange était enfermé dans des sacs faits de peau de bœuf, bien cousus avec du nerf. Quand cette viande pilée était refroidie et durcie sous cette enveloppe, elle pouvait se conserver plusieurs années. On n’y mettait ni sel ni poivre, en sorte que le goût e:: était assez fade.