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façon d'un ria\ire iiiii \iendrail de jeter !"aiicre.
— Une lellrcde Paris, répliqua le vieillard.
— Le frérol file-l-il préseulemenl ses douze nœuds à riifure?
— Il va mieux, Césaire... merci pour lui... Il va mieux, mais sa longue indisposition nous acoué
gros...
— Pn buble! c'est comme qui dirait des avaries à un bâtiment... faut de la restauration.
— Et puis, il a dû prendre un nouveau professeur...
— Encore?
— Un extraordinaire... un très-fameux, à co qu'il paraît... Irès-innuenl surtout... et qui conséquemmentsc paye très-cher...
— Probable...
— Bref, il lui faut de rargonl... oh!... mais 1;^..
il lui en faut.
— Toujours donc!...
— Ah ! Césaire...
— C'est pas un mi>t de reproche, père... On no peut plus rien me demander ù moi... j'ai fait huniaiiiemeul tout ce que je pouvais... davantage même qin' je nr m'«n srini> cru capable... J ai mis
comme qui dirail au monl-de-piélé mon bateau... ma pauvre chère Frétillante! ... par ainsi...
— T'en repenlirais-lu doue, Césaire? fll gravemenl le bonhomme Campagne, en arrêlanl de nouveau son fils aine qui venait de relanceren avanlune de ses grandes jambes du côté de la mer montante.
— D'abord... non î répondit le triton. C'était pour achever de faire du frérot un grand homme, comme vous assurez qu'il le sera... probable!... ç"a donc été de tout cœur... Miiis voici tantôt si\ mois de la chose, et noire grand homme n'est pas encore signalé en rade, avec les deux mille francs en question quMl devait vous rendre sous six semaines au plus lard, afin que vous me les repassiez de la main à la main, comme disait un ancien matelot, et que je puisse, à mon tour, relever de quarantaine ma pauvre prisonnière de ^Frétillante. Mais tout ça, ça n'est pas encore le plus eonlrislanl de l'histoire.
— Qu'y a-t-il donc, Césaire?
— Il y a que lorsque j'en suis venu aux détails de l'emprunt avec l'homme...
— L'homme!...
— Celui qui prête de l'argent à tout le canton,
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pardine! vous n'en i^'norez pas, puisque c'est vousmême qui m'avez montré le chemin de ses écus. Pauvre pèreî... nrest sentiment que vous le connaissez peut-être encore mieux que moi...
— Iléias! soupira du plus profond de ses douleurs le bonhomme Campagne.
— Pour lors, reprit Césaire en louvoyant tout à l'entour du vieillard d'une hanche houleuse, pour lors il m'avait dit en me donnant l'argent: Je ne prêle jamais aux marins, mon ami, j'achète... la plate sera donc à moi durant une année... provisoirement... A celle échéance', si lu me rembourses avec ponctualité mes deux mille deux cents francs (il ne m'en avait baillé que deux mille tout rond, mais c'était dans nos arrangements, je ne le contrarie point là-dessus), si lu l'acquilles, ta plaie le revient, sinon je la garde au délinilif. — Très-bien, c'est convenu... que je réponds. — Mais voilà que le lendemain malin, au monieni où, comme aujourd'hui, jallais emhiirqner, mon homme accourt sur le sable, m'arrêti' par ma colle, el me dit : Kh bien !... eh bien, Césaire, qu'est-ce que tu vas faire dans mon baleau?... — Votre bateau... soit... au pruNisuire... mais faut bien que je m'en uillc pêcher
r:K znrAVE. ' '
avec pour vo.is rembourser vos éciis! - Mais s, im n,e l'abimes en naviguant, qu'il me dil, mais s, lu „,He perds à la mer... -Dame --Puisque je
risque en perle, tu comprends, faut au moins que je risque en bénéfice... - N'avez-vous pas vos deux cents francs d'intéréis? que je me recrie. Qu est-ce nue vous convoitez donc encore? - 0 mon Dieu . qu'il me riposte d'unairbonasse, pas grand'cliose... va mon ami... Voyons un peu... comment vo..s arrangez-vous d'ordinaire pour le partage de la pèche ' - fne part pour le bateau, que je lui explique, une part pour le patron, une pari pour le matelot, une demi-part pour le mousse. - tu lout trois parts et demie? - Oui. - Soit < qu il a rair de me concéder.. Nous ne changerons rien a ces bons vieux usages. Seulement,comme le bateau est mon gage bien à moi reconnu durant une année durant cette année-là j'auraila part du bateau. (C'était déjà biendur, maisc'étail pasencore fin,, Mei<) - Va pour la part du bateau ! que je m arrache du lin fond des entrailles avec une chienne de grimace - Je prélends aussi à la part du patron, qu'il réitère, car tant que le bateau maiM'ait.endra,
c-e.i moi qui suis Ipaliou du bateau. -Le patron
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du bateau, que je rijrosle en me fachanl celte fois, et pour tout de bon, je vous le jure, le patron du bateau, c'est celui qui le conduit, qui lecoinniande, qui y travaille... — Ta ta ta!...qu'iIinterrompl,je ne l'entends point ainsi : c'est moi qui serai considéré comme le patron dans le partage de la pêche. — Mais alors, puisque je ne serais plus que matelot, il faudra bien que j'aie ma part comme tel, et l'autre aussi, sans compter le mousse. — Allons, allons î... qu'il a Pair d'accepter enfin comme s'il m'accordait quelque chosedebien généreux... je ne veux pas te contraiier là -dessus, mon garçon, lu vois que j'y mets du mien. — .lolimenl... ça serait donc quatre parts et demie dont deux pourvonsqui ne feriez lii-n de rien. — Que t'avoir prêté mes deux cents pisloles. — Tonnerre!... — El comme je ne prétends les perdre en aucune façon, j'exige (jn'un ajoute une demi-part encore, que je toucherai, bien entendu, pour les assurances... — Mais... — Kl pour les réparations... — Ka Frctillanta est loule neuve... — Donc. ciiMi paris. — Doni rlcnx cl deuiie pour Vdtis? - Oui. — Fallait donc me •lin- tout de suile que vous vouliez In moilié de In pêche. . Kh bien !... n«»n.c 'lit mille fois non... \ieil
usurier que wus èlcs... aliez-vous-eu à tous les diables!...
— Césaire! inlt^rrompil enfin le bonhomme Campagne avec un cri de véritable épouvante, comment... tu lui as dit ra... Césaire?
— Dame..., 111 le naïf colosse, non moins effrayé de son audace, dame., père... vous comprenez... la tète n y était plus... Songez donc, ça lui fera plus du triple de son prêt, à ce vieux corsaire-là... El il voudrait encore, par dessus le marché, de !a reconnaissance... car, après ma rebulîade, il renfonça son chapeau sur ses deux oreilles et s'en alla les deux mains dans ses poches, en me disant : Cesl ainsi que lu me récompenses de l'avoir obligé... Bien... bien... à ton aise, mon garçon... La Frétillante ne dén)arrera pas de son ancre de toute Tannée... bien le bonsoir ! — Tant pis, que j'avais répondu dabord; ainsi soit-il ! — El deux jours durant, je tins bon. Mais rester à terre î... mais voir la marée redescendre en laissant ma pauvre Frétillante élernelIemeMl échouée sur le sable, ni plus ni moins qti'un marsouin mort! ah î c'est par trop dur! — Je m'en allai retrouver l'homme vers le soir du troisième jour; nous signâmes un chiffon
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(Jp papier, el dès-quand le flol, je repris la mer eFi pieuranl de joie comme un enfant... Mais, vous le comprenez bien, père... ce qui me touche avant tout, c'est la rançon de la Frétillante. El comme il ne me reste plus pour y arriver qu'un cinquième dans ma pêche, car j'ai grand'peur que noire grand lionime ne soil pas encore en disposition à réchéance, je n'ai pas de temps à perdre. Par ainsi, voici la mer qui nous gagne... au revoir, père... Arrangezvous sans moi pour envoyer à Paris l'argent qu'il y fiiul... M'est sentin)ent que j'ai fait pour Arlliiir tout ce que pouvait faire un bon cœur et qu'on ne pourra jamais me reprocher d'être un mauvais frère... Embarque donc, moussaillon! A demain, père, à demain!
Et Césaire, enlevant des bras de Nicole les mannes el les appelels qu'il renvoya comme un fèUi de paille sur sa large épaule, serra énergitjuemenl la main du bonhomme Campagne, entra dans l'eau salée jusqu'à la ceinture, el s'en alla vers sa plate à grandes enjambées dignes, d'un demi-di<ni marin.
Calb< riiKiiic cl son père restèrent seuls sur le sable, car Nicole Eainberl s'était remis ù distance rcspeclucuse, aussitôt après avoir apporté à Césaire
ce que Cés[iire lui avait demandé par ui> signe.
— Ton frère est bien dur pour son frère!... murmura irislemenl le vieillard en s'appuyanl au bras de la fillette.
— Oh! non..., se récria tendrement celle-ci. non, père... ra ne serait point justice de dire cela. Ce bon Césaire est comme moi, dont vous avez pris la dot... à ce que vous m'avez dit... pour Arthur... et vous avez bien fait, père !... Mais nous n'avons ni l'un ni l'autre rien à lui donner... alors surtout qu'il s'agit d'un billet de mille francs !
— C'est vrai tout de Uiême ce que lu dis là... mes pauvres enfants!... c'est bien vrai!
Jamais peut-être la folle prédilection du bonhomme Campagne pour son fils Arthur, jamais son injuste et naïf aveuglement à l'endroit de Calherinette et de Césaire, n'en étaient arrivés à cet amer et machinal aveu.
Aussitôt après, cependant, il retomba dans son silence, dans sa rêverie, ne songeant plus uniquement déjà qu'à son fils Arthur.
Également silencieuse et triste, Calherinet e marchait toujours aux côtés de son père en lui donnant le bras.
22 l'.^ ZOCAVE.
Convaincu que j'on conlinuail à s'occuper d'affaires de famille, Nicole Lambert les suivait à une dislance plus que jamais respectueuse et s'amusait à des ricochets.
— Père î dit tout à coup la jeune fille, du ton de quelqu'un qui va hasarder une proposition.
— Quoi donc, fillette? fit le vieillard.
— Si vous vous adressiez à cet homme qui a prêté déjà... pour Arthur... à Césaire?
— Cet homme !...
Et le vieillard avait frissonne soudain.
— Dame!... reprit Calherinelle, je ne connais rien aux affaires d'argent, moi, mais puisqu'on emprunte bien sur un biJeau, il me semble qu'on doit pouvoir eniprunter itou sur quelque ferme.
— La ferme î...
El le vieillard parut ressentir inléiieurement une secrète et poignante douleur.
— Je vous ai fait de la peine... père... pard)»n !
— Non, Hllclte... non! Bien au contraire... Ion idée est bonne... C'est le seul moyen, le seul ! D'ailleurs, je devais aller chez cet homnie aujourd'hui... pourautrc chose... pour moi-même... el
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je n'osais point... Maisc'esl pour mon fils Arlliur... Allons... il le faut... allons J
El se séparant de sa fille après lui avoir enjoint à plusieurs reprises de ne pas le suivre, il s'enfonça dans les terres à pas précipités.
Callierinelle le regarda s'éloigner, immobile et pensive encore au bord de la mer qui commençait à mouiller ses sabots, mais déjà se disant avec une certaine joie : J'ai tout de même eu là une fameuse idée... Arlliur aura ses cent pistoles... el le père sera conlenl !
Quelques minutes plus lard, ce fui une allégresse d'une autre nature, une complète allégresse.
Nicole, qui marchait toujours, rejoignit tout naturellement Calljeriiielle.
Comme un couple de mouettes enfin réunies, les deux amoureux s'envolèrenl à grand bruit de sabots vers l'un des nids les plus verdoyants du bord de la dune, el là, blottis l'un et l'autre et se tenant seulement avec une chaste innocence par leurs deux petits doigts enchaînés, ils restèrent deux grandes heures à regarder la mer, sans se rien dire,
.Mais comme ils étaient heureux!
Hélas! il n'en était pas ain^i du bonhomme
2i liN ZOIAVE.
Campagne, tournanl el retournaiil depuis une heure déjà tout autour d'une immense ferme normande, sous la haute porte rougeâtre de laquelle il n'osait pas encore, il ne voulait pas encore, et devait cependant entrer.
C'est qu'au delà de celle porte béante el de celle vaste cour assombrie par l'épais feuillage des pommiers, c'est que dans celle fatale maison à peine entrevue du dehors... c'est qu'il y avait l'usure!
L'usure... si funeste déjà dans les villes... dans les campagnes cent fois plus funeste encore!
Un arlisle de nos jours, philosophe et poêle en même temps qu'artiste, Ramberl, dans une composition qui rappelle à la fois Holbein el Albert Durer, vient de nous allégoriser ainsi celle impérissable lèpre.
Dans une horrible demeure, sordide, solitaire el muette, où l'air péiièlre à peine, jamais le soleil... (on dirait l'aiilre du crime, si ce n'élait celui de Tusure), une gigantesque toile d'araignée est rigoureusement tendue.
Dans l'un des coins de cet épouvantable réseati à prendre des hommes, l'exû-rable iiiseete-ligre est là, gigantesque con)me sa loile, la lèie à propor-