‹ Une abbaye au XVIIIe siècle: Notre Dame d'Hiverneau (d'après des documentsChapitre 3 sur 11 · Arch, nat» L · texte numérisé non relu

Arch, nat» L

2« Titres de la Jonchère.

3. Une copie se trouve dans les Titres de la Jonchère et une autre aux Afch. nat. (L, 917).

« par quelques prêtres hibernais^ au défaut des chanoines « réguliers qui s'en étaient retirés, ou par un relâchement « volontaire de discipline, ou par le malheur des temps », on concluait qu'on ne pouvait mieux faire que de rappeler les chanoines réguliers de Saint-Augustin « qui y avaient été < établis dès le commencement. . . et qui en sont comme les « enfants légitimes ». ^

L'acle énumérait ensuite les conditions auxquelles Dom Moulin établirait à Hiverneau une communauté composée d'au moins trois chanoines prêtres. Bontemps, au nom de Tabbé, indiquait d'abord quels seraient les bâliments affectés aux religieux, puis réglait la composition de lamense conventuelle à laquelle Fabbé abandonnait quelques terres, environ 260 livres de rentes, certaines redevances en nature et le produit (230 1. environ) do la foire de Moniéty, qui se tenait tous les ans à l'extrémité de la paroisse, sur remplacement de l'ancienne abbaye de ce nom \

L*abbé, toujours représenté par Bontemps qui, je crois bien, fournissait les fonds, s'engageait à donner 2,000 1. pour les réparations. Mais la pauvre abbaye était bien malade et on était obligé de la réduire singulièrement. De la belle église, qui avait 156 pieds de long, on ne devait conserver que le chœur et la vieille tour du clocher, un vrai donjou, où il y avait un puits, un four et des chambres à feu ^. On se proposait de réparer le cloître, mais la sacristie et le beau réfectoire voûté étaient condamnés à la démolition et, pour loger les religieux, on était forcé de prendre une partie des bâliments de la ferme abbatiale.

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Le concordat, nous l'avons dit, avait été signé le 30 août, 1684 ; accepté le 16 octobre par la communauté de Friardel, il

1 • Cette foire devait son origine à un ])élerinage iort suivi qui hvait lieu à Montéty, en septembre, le jour de la nativité de la S«iinte Vierge. Des lettres patentes de Louis XII lui donnèrent une existence régulière en Juillet 1513 [Arch. nat. L, 917). Elle se tieut encore de nos jours, et comme elle a lieu en plein champ, à plusieurs kilomètres de tout village, elle présente une physionomie très originale. D'année en année, d'ailleurs, elle perd de son importance commerciale. Par contre, les forains j pullulent, et aussi l'affreuse engeance des bonneteurs.

2. D'après un fragment de manuscrit intitulé : Histoire de V abbaye r»yak d« N.-D, d'HyvemeauXy par Dom François-Michel Gervais de Conx^ beaux, 1756. On y trouve une description curieuse des anciens bfttiments {Arch. L, 917).

ne fui ratifié que le 25 janvier 1685 par l'abbé, et le 5 octobre suivant par Tarehevêque de Paris ; mais depuis longtemps les religieux avaient pris possession de Tabbaye. Ils s'étaient installés dès le 10 mai 4684 et le procès- verbal de cette installation est le premier acte des registres capitulaires *. Ces registres et quelques autres documents que je citerai plus loin donnent des détails curieux sur les débuts difficiles de la petite communauté.

Jean Moulin, durant les premiers mois, avait dirigé les religieux amenés par lui, mais il ne pouvait abandonner bien longtemps son couvent de Friardel. Dès que la situation fut régularisée, il fit élire un prieur claustral, Jean Bréard de Longuemare. Celui-ci a laissé un journal où il note soigneusement les petits faits de chaque jour*. On se croirait ramené quelques siècles en arrière quand on lit ce simple récit qu'anime un souffle de vraie piété. Le bon prieur^ relate tous les dons, même les plus minimes, des voisins de Tabbaye ; les registres capitulaires en signalent d'autres*. Les pauvres religieux arrivaient dénués de tout et provoquaient la compassion.

M. Gaillard, lieutenant des plaisirs du Roi, qui demeure au Buisson, tout proche, donne une horloge et du bois pour faire des lits ; sa femme un peu d'argent ; sa belle-mère, M'"*» Janot, veuve d'un chirurgien dont Loret vante l'habileté à pratiquer la taille ", fait une petite rente pour l'entretien de la lampe du chœur. M. Bontemps a notre illustre bienfaiteur », dote surtout l'église : calice à ses armes, ornements, etc. La dame de Lésigny, W^^ de Boislève, fille du riche financier qui a bâti rhôtel Carnavalet, M"^' Le Wcart de Périgny, née Talon, dame de Villarceau, M'"® Lefèvre de la Barre, femme du gouverneur du Canada, dont le château est voisin, donnent aussi de petites sommes ou des objets utiles. Tout cela n'arrivait pas à un gros total, mais les religieux avaient bon courage et le 2 mai 4685, sous la direction de Thévenot, architecte du Roi, ils commençaient la restauration de l'église, une demi-démoli-

i . Arch. nal. LL, 1454.

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