Ibid. L
3. Dom Bréard, par son origine, était au-dessus du niveau commun des moines ; il apparlenail à une famille noble de l'élection de Carentan.
'4 é On trouye aussi des indications dans un document intitulé : Registre dei messes de fondation {Arch, nat, LL, 1455).
5* Muze historique, 21 octobre 1656.
lion, comme on Ta vu. Ils y travaillèrent beaucoup de leurs mains, nous dit le prieur Bréard.
Le logement de la communauté avait été, semble- t-il, assez promptement mis en état, car, dès 1685, les religieux commencèrent à prendre des pensionnaires, ce qui ne contribua pas peu à augmenter leurs maigres revenus.
Aussi purent-ils bientôt songer à acheter quelques biens. Modestement d'abord, en 1695, ils acquièrent pour 1,000 1. une maison et un peu de terre à Montéty *. Quatre ans après, c'est une acquisition plus importante, la ferme de la Bourbouderie, comprenant 225 arpents, qui leur coûte 15,000 L *. Comme Montéty, la Bourbonderie faisait partie du domaine féodal de T abbaye ; aussi, ce qui paraît bizarre, les religieux, qui avaient acheté ces biens pour la mense conventuelle, étaient-ils obligés de payer le cens annuel à leur abbé '• En 1698, ils avaient pris à bail perpétuel d'Armand de Béthune, duc de Gharost. cent quarante arpents de prés, bois et broussailles, appelés la Folie ou les landes de Montéty, attenant aux terres de l'abbaye et relevant de la baronnie de la Queueen-Brie*. C'était, on le voit, un assez beau domaine que les chanoines exploitèrent eux-mêmes, du moins dans Torigine, et qui, mis plus tard en location, leur rapporta jusqu'à 5,500 1,
L'abbaye prospérait donc et les registres capitulaires montrent que les religieux se recrutèrent de bonne heure parmi les profès qui prononçaient leurs vœux au couvent. De 1685 à 1183, on compte 40 de ces profès"* dont beaucoup accomplirent à Hiverneau toute leur carrière monacale. Ils appartenaient généralement à des familles d'artisans ou de
1 . Arch, nat. S, 3210. L'acquisition fut faite par le prieur Dom Marin Le Gaîgneur, dit Bourgogne, qui avait remplacé, en 1685, Jean Bottet, successeur de Dom Bréard.
2. Ibid. L'acte est du 16 février 1699. Il est passé par Dom René Chantepie, prieur.
3. Lors de l'achat, il était dû 20 années de cens qui furent laissées à la charge des religieux. Ils durent, eu outre^ acquitter les droits de lods et ventes qui, fixés à 3,000 1., furent convertis en une rente de 150 l. dont la remise fut faite par l'abbé en 1701, ce qui n'empêcha pas son successeur de réclamer, en 1718, les arrérages échus depuis 17 ans.